L’exigence du dialogue - décembre 2016

« Dans l’histoire des séparations chrétiennes, il y a toujours des motifs théologiques et beaucoup de facteurs non théologiques. Ces derniers sont d’ordre culturel et politique. Dans le dialogue entre les chrétiens, il faut donc passer du temps à redécouvrir ce qui nous est commun et isoler les différences séparatrices, pour voir comment elles expriment ou non la foi commune que nous confessons tous dans le Credo de Nicée-Constantinople. ..

Le 31 octobre dernier, le pape François et le pasteur Munib Younan, président de la Fédération Mondiale luthérienne, commémoraient les 500 ans de la Réforme de Luther.

Cet événement est en soi remarquable, car il est un signe sur le chemin de l’unité de tous les chrétiens. Cet anniversaire n’est pas célébré dans un esprit de victoire et d’affirmation identitaire contre l’Église catholique, mais comme une invitation à reconsidérer ensemble notre histoire commune. La Réforme ne cesse pas d’être le synonyme de la rupture de la communion entre les chrétiens occidentaux. Cette rupture, à la différence des précédentes entre l’Orient byzantin et l’Occident, se fait sur des motifs touchant à la foi et non plus à la politique.

Pour simplifier, on peut dire qu’au XIème siècle la séparation est d’abord politique et trouve des justifications théologiques (filioque, primauté du pape) tandis qu’au XVIème siècle la séparation se fait sur des points de doctrine (justification du pécheur par la foi seule… ) et se fixe ensuite politiquement : la religion du Prince doit être celle des sujets du pays, selon le traité de Westphalie (1648) qui met fin à la guerre de Trente Ans. Dans l’histoire des séparations chrétiennes, il y a toujours des motifs théologiques et beaucoup de facteurs non théologiques. Ces derniers sont d’ordre culturel et politique.

Dans le dialogue entre les chrétiens, il faut donc passer du temps à redécouvrir ce qui nous est commun et isoler les différences séparatrices, pour voir comment elles expriment ou non la foi commune que nous confessons tous dans le Credo de Nicée-Constantinople. La cause de l’œcuménisme est loin de paraître urgente à de nombreuses Églises et, dans les Églises qui s’y intéressent officiellement, le nombre des fidèles qui soutiennent cette cause est restreint.

Nous sommes tous partisans du dialogue en matière politique, interreligieuse et œcuménique, mais ce dialogue ne peut être utile que si les “ spécialistes ” ne sont pas laissés tout seuls et si l’opinion publique est instruite de façon à aller au-delà des préjugés. Dans le domaine politique, nous renvoyons au texte du Conseil permanent de la CEF intitulé Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique .

Dans le dialogue luthérien-catholique, on trouve un texte intitulé : Du conflit à la communion, et deux textes concernant le programme de la vie spirituelle, mais de la vie spirituelle incarnée.

P. Jérôme Bascoul

Éditorial

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