« L’homme libre est celui qui dit oui »

Le 25 novembre prochain, se tiendra un Rassemblement des couples en responsabilité au sein des Équipes Notre-Dame. Le thème, en lien avec le synode des jeunes qui vient de s’achever, pose la question de l’engagement dans le mariage. À l’écoute des jeunes, à l’écoute de Jésus. Comment répondre à leurs craintes et les aider à discerner ? L’éclairage d’un des intervenants de cette session, le P. François Potez.

Paris Notre-Dame – Que faire pour être à l’écoute des jeunes et de leurs attentes ?

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Le P. François Potez, curé de N.-D. du Travail (14e).
© N.-D. du Travail

P. François Potez – La première écoute est une écoute intérieure, qui suppose que nous ayons la certitude que les jeunes ont quelque chose à nous dire. Que ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on sait tout. J’ai été jeune autrefois, mais les jeunes générations ont quelque chose à éveiller en moi car le monde change et la société évolue. Quand on est en responsabilité, il faut en permanence s’ajuster à la réalité. C’est d’ailleurs un des points de la règle de saint Benoît : que le père abbé écoute les plus jeunes, car ils ont des choses sensées à nous enseigner. C’est le premier point. Le second est que pour les écouter, il faut prendre le temps et lire également ce qui se dit. Cela demande une véritable disposition intérieure et matérielle.

P. N.-D. – Quelles sont les craintes exprimées par les jeunes aujourd’hui face au mariage ? Comment leur en parler ?

F. P. – Je pense qu’une des choses qui a fondamentalement changé dans notre temps, c’est que le « toujours » est complètement sorti de notre champ de vision. Nous vivons dans un monde où l’illusion du temps réel est permanente, ou la notion de durée n’est plus envisagée. Il y a deux générations, toutes les réalités humaines avaient une durée proportionnelle à la vie. On habitait quelque part pour la vie, on avait un métier pour la vie. Or, aujourd’hui, tout change à toute allure, on assiste à un véritable phénomène d’accélération. Et comme dans le même temps, les jeunes générations font l’expérience de sentiments extraordinairement éphémères, le « toujours » dans l’amour paraît complètement illusoire. Le problème, c’est qu’on imagine qu’il faut essayer pour que cela marche, et que si ça marche, on va s’aimer.

En réalité, c’est l’inverse : c’est parce qu’on aura choisi de s’aimer qu’on fera ce qu’il faut pour que cela fonctionne. Je voudrais également souligner le fait que l’indissolubilité du mariage n’est pas une contrainte imposée par l’Église, c’est un don de Dieu dans le sacrement. C’est Dieu lui-même qui s’engage, ce qui doit nous rassurer, car Dieu est plus grand que nos inconstances.

P. N.-D. – Quelles clés donner aux jeunes pour qu’ils s’engagent, dans le mariage comme dans toute vocation ?

F. P. – Une des premières choses que je voudrais que l’on comprenne, est que c’est le oui qui libère. L’homme libre est celui qui dit oui. Qui dit oui au présent. En réalité, c’est le consentement qui libère. La grande crainte de notre époque est de penser que la liberté est perdue par un oui, alors que c’est le contraire. J’aime beaucoup cette expression de saint Paul : « Jésus est l’amen de Dieu. » Amen, veut dire « oui, je m’engage, je veux, je choisis ». Jésus n’est que oui, dit saint Paul. « Il n’est pas oui et non, il n’est que oui » (2 Co 1, 19-20). Je voudrais que l’époux soit l’amen de l’épouse, et l’épouse, l’amen de l’époux. Au fond, l’engagement c’est ça. C’est un oui éclairé par la volonté, par l’intelligence, mais qui est un élan de toute la personne.

Propos recueillis par Priscilia de Selve

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