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« La canonisation existe pour donner envie d’être saint »

Le 11 juillet, le pape François a promulgué un motu proprio ajoutant une nouvelle voie pour les béatifications et les canonisations : l’offrande de la vie. Explications du P. Jean-Marie Dubois, responsable du Promotorat des causes des saints.

Paris Notre-Dame – Pourquoi ce texte, aujourd’hui, en 2017 ?

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Le P. Jean-Marie Dubois est chancelier du diocèse et responsable du Promotorat des causes des saints.
© Isabelle Demangeat

P. Jean-Marie Dubois – La publication de cette lettre apostolique normative intervient après une réflexion menée depuis 2014 par la Congrégation pour la cause des saints, à Rome. Encouragée par le pape, celle-ci désirait pouvoir répondre à ces cas de personnes pouvant être considérées comme bienheureuses ou saintes mais auxquelles les deux modalités actuelles de béatification et canonisation ne s’appliquaient pas : on ne pouvait ni prouver qu’elles avaient exercé des vertus héroïques, ni qu’elles avaient été martyrisées. Par ailleurs, il y avait aussi cette prise de conscience que donner sa vie est une preuve de charité extraordinaire. Ce texte ouvre donc officiellement ici un nouveau chemin de sainteté pour ces chrétiens qui « ont offert volontairement et librement leur vie pour les autres et ont persévéré jusqu’à la mort dans cette intention ». Par exemple, un fidèle qui accepterait d’aller soigner des personnes au cours d’une épidémie très dangereuse ou alors une mère préférant mourir pour sauver la vie de son enfant. Certes, ces situations semblent exceptionnelles. Mais ce sont de beaux parcours qui peuvent être donnés en modèle aux chrétiens d’aujourd’hui.

P. N.-D. – Récemment, un couple, Louis et Zélie Martin, a été canonisé. De plus en plus de laïcs le sont aussi. Ce motu proprio [1] ne s’inscrit-il pas dans une volonté de sortir de l’image inaccessible que la sainteté peut encore avoir pour certains catholiques ?

J.-M. D. – Il y a probablement un désir, aujourd’hui, d’élargir les modèles de vies chrétiennes proposés aux chrétiens. Que cela ne soit pas seulement des papes et des fondateurs ou fondatrices d’ordres religieux. Parce que la canonisation est là, avant tout, pour donner des modèles de vies chrétiennes qui correspondent à une époque donnée. Il y a probablement plus de personnes saintes au ciel que de personnes canonisées sur terre. Mais la canonisation existe pour donner envie d’être saint. Or, aujourd’hui, le modèle le plus facile a suivre n’est pas forcément celui d’un pape ou d’un roi. Celui d’un père de famille, universitaire, comme Frédéric Ozanam, peut l’être davantage.

P. N.-D. – À Paris, des personnalités sont-elles concernées par cette nouvelle voie vers la sainteté ?

J.-M. D. – Je n’en vois pas directement. Mais peut-être cela va-t-il donner des idées à certains ? Il faut rappeler que les causes parisiennes concernent, selon le droit canon, les causes dont les personnes sont mortes à Paris. Actuellement, dans le diocèse, plusieurs dizaines de dossiers sont ouverts. Les dernières causes dont l’enquête diocésaine a été envoyée à Rome, sont celles du P. Henri Caffarel, fondateur des Équipes Notre-Dame, celle de Pierre Goursat, fondateur de la communauté de l’Emmanuel, ou encore celle des martyrs de la Commune et du professeur Jérôme Lejeune, co-auteur de la découverte de la trisomie 21.

Propos recueillis par Isabelle Demangeat

[1Lettre apostolique en forme de motu proprio, Maiorem hac dilectionem, (Il n’est pas de plus grand amour, ndlr), sur l’offrande de la vie.

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