La famille ? « Une Bonne nouvelle »

Président de la fédération des Associations familiales catholiques de Paris, Philippe de Noüel décrypte leur action et les aspirations des familles pour 2018.

Paris Notre-Dame – L’année démarre fort avec la tenue des États généraux de la bioéthique, le 18 janvier. Dans cette perspective, quelles sont vos « résolutions » de début d’année ?

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Philippe de Noüel, président de la fédération des Associations familiales catholiques de Paris.
© D. R.

Philippe de Noüel – Nous nous sommes fixé de rencontrer tous les élus de nos circonscriptions, toutes couleurs politiques confondues, pour mettre en place un dialogue pérenne avec eux. Nous souhaitons leur présenter notre travail quotidien d’entraide entre toutes les familles qui le souhaitent, sur les questions d’éducation, de vie de famille, de politique fiscale, mais aussi de promotion de la vie. Notamment sur les questions d’euthanasie et d’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à des fins non thérapeutiques. Face aux débats bioéthiques qui s’annoncent, n’oublions pas que la fédération des 24 Associations familiales catholiques (AFC) de Paris est avant tout un organe de service aux 2500 familles adhérentes. Nous agissons à la lumière de l’enseignement social et familial de l’Église, avec qui la confédération nationale des AFC a signé un protocole en 1992, renouvelé plusieurs fois depuis. Notre objectif premier est d’annoncer autour de nous la Bonne nouvelle qu’est la famille.

P. N.-D. – Justement, comment définir la famille au XXIe siècle, qui présente des réalités sociales et humaines diverses et complexes ?

P. N. – La famille – « l’union de l’homme et de la femme dans l’ouverture à la vie », comme la décrit le pape François – reste, malgré tout, la cellule de base de notre société. C’est le lieu par excellence où l’être humain peut s’épanouir en plénitude, être le mieux aimé et reconnu dans sa dignité. C’est en même temps la structure la plus complexe de la société, faite de relations loin d’être linéaires, où éclatent parfois des blessures et des ruptures. Vivant de toutes ces réalités, le mouvement des AFC cherche à témoigner du fait que les familles, malgré toutes les difficultés qu’elles peuvent traverser, sont des lieux d’espérance pour l’Homme. De ce fait, nous souhaitons, par exemple, attirer l’attention sur les dérives possibles qui peuvent mettre à mal cette espérance. L’élargissement de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, prochainement débattu, pose ainsi la question cruciale de la filiation. Nous ne remettons pas en cause le désir d’enfant, qui est parfaitement légitime. Mais nous alertons sur la tentation de développer un droit à l’enfant qui chosifierait ce dernier et pourrait provoquer, à terme, de réels troubles de l’identité liés à l’incompréhension, chez ces futurs enfants, de leur filiation. Ces problématiques figurent d’ailleurs sur l’Avis rendu en juin 2017 par le Comité consultatif national d’éthique, sur les demandes sociétales de recours à l’assistance médicale à la procréation.

P. N.-D. – Au-delà des questions bioéthiques, quels sont les besoins exprimés par les familles à Paris ?

P. N. – L’articulation entre le travail et la vie de famille est une vraie préoccupation pour celles qui nous sollicitent, ainsi que la fiscalité familiale. Il y a aussi un phénomène nouveau : les familles expriment beaucoup plus largement, depuis quelques années, leur besoin de spiritualité et de (re)trouver le sens de leur vie et de leur vocation de foyers chrétiens. Comme si les parents éprouvaient davantage le besoin d’établir leurs repères, dans une société complexe.

Propos recueillis par Laurence Faure

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