La Résurrection, improbable ?

C’est le thème de la deuxième conférence de Carême donnée le dimanche 17 mars à 16h30 en la cathédrale Notre-Dame. Pour introduire son propos, le P. Guillaume de Menthière, théologien et curé de N.-D. de l’Assomption de Passy (16e), s’appuie sur l’épisode des pèlerins d’Emmaüs. Nous avons demandé à une future baptisée parisienne de 30 ans, Ève, de réagir à cette thématique.

JPEG - 379 ko
Maurice Denis, Saintes femmes au tombeau (Matinée de Pâques), 1894, Saint-Germain-en-Laye, musée départemental Maurice Denis.
© D. R.

Paris Notre-Dame – L’intuition d’une vie après la mort est une expérience séculaire qui a traversé de nombreuses civilisations. Aviez-vous aussi cette intuition avant de faire votre chemin de foi ?

Ève – Enfant déjà, je pensais qu’il y avait une vie après la mort. J’avais alors une vision très classique de l’enfer et du paradis qui me poussait à bien me comporter. On est très sensible, enfant, à cela, en tout cas, moi je l’étais. Je pensais alors, comme beaucoup, qu’un jour tout se paie et que nos actes dans ce monde auront des conséquences dans l’autre. Quand on meurt, ce n’est plus la justice des hommes qui s’applique mais celle de Dieu. On retrouve dans la Bible cette notion de rétribution : nous serons jugés sur nos actes. Et depuis ma conversion, cette conviction demeure. C’est sur notre capacité à aimer et à vivre les uns avec les autres que nous serons jugés. Oui, je crois qu’il y a une vie après la mort, que la mort n’est pas une fin. Cette conviction partagée explique le culte des morts, perpétué depuis la nuit des temps. Si les hommes ne croyaient pas à la vie après la mort, tous les morts finiraient dans un fossé ! Il n’existerait aucun de ces rituels qu’on retrouve dans de nombreuses civilisations, comme les pièces de monnaie posées sur les yeux, etc. Beaucoup d’hommes ont cette conviction intime que l’âme peut survivre au corps et qu’il existe une forme de vie après la mort.

P. N.-D. – On sent les pèlerins d’Emmaüs désemparés après la mort de Jésus. Ils ne reconnaissent pas Jésus ressuscité, ne comprennent pas que ce qu’annonçaient les Écritures est en train de s’accomplir. Comprenez-vous leur aveuglement ?

È. – Bien sûr qu’on peut le comprendre, d’autant que Jésus ne ressemblait pas à celui qu’il était avant. À la mort de Jésus et malgré ses paroles annonçant qu’il ressusciterait le troisième jour, ils ont dû se poser la question : nous sommes-nous trompés ? Avons-nous été crédules ? Aujourd’hui encore, quand on parle de résurrection des corps, c’est un peu difficile à comprendre. Les disciples l’ont vu faire des miracles, mais après la mort de Jésus, ils doutent. Et c’est humain de douter. Dieu nous laisse le choix de croire ou pas. C’est pour cela que l’eucharistie est essentielle. Ce sacrement que nous vivons durant la messe nous nourrit et nous permet de reconnaître la présence de Jésus dans nos vies, à l’image des pèlerins d’Emmaüs qui ont reconnu Jésus lors de la fraction du pain. La Résurrection n’est pas une notion évidente à comprendre, il s’agit d’un travail de foi.

P. N.-D. – Que représente pour vous la résurrection du Christ ?

È. – La capacité à pardonner envers et contre tout. Quand j’ai débuté mon catéchuménat, ce qui m’a le plus étonnée c’est que Jésus a été dénoncé par un des siens. Il savait qu’il y avait un traître parmi ses disciples. Mais cela devait arriver, c’était écrit et finalement il a été crucifié. Et il a pardonné. Pour moi, c’est à cet aspect du pardon divin que renvoie la Résurrection. Le Christ a vaincu la mort et a pardonné nos fautes. En faisant cela, il nous montre le chemin à suivre. Il nous faut aussi savoir pardonner et accepter toutes ces petites morts à nous-même que sont les blessures d’orgueil, par exemple. Savoir les surmonter, passer outre et pardonner. Comme une petite résurrection avant celle de la fin des temps.

Propos recueillis par Priscilia de Selve

Retrouvez les informations sur les Conférences de Carême.

Articles

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse