La théologie comme épreuve de concours

Depuis l’an 2000, une centaine d’étudiants en classes préparatoires choisissent, chaque année, de passer un concours… de théologie. L’idée, venue de deux prêtres parisiens, a pour objectif d’intégrer la recherche de Dieu dans le processus de formation intellectuelle des classes préparatoires.

Annonce des lauréats de 2018 avec Mgr Jérôme Beau, à l'époque évêque auxiliaire de Paris. À gauche, le P. Jacques de Longeaux, alors président de la Faculté Notre-Dame.
Annonce des lauréats de 2018 avec Mgr Jérôme Beau, à l’époque évêque auxiliaire de Paris. À gauche, le P. Jacques de Longeaux, alors président de la Faculté Notre-Dame.
© D.R.

CGT. Pour Concours général de théologie. Le P. Guillaume Seguin l’avoue sans fard. Le sigle de ce qu’il a créé avec l’un de ses confrères, le P. Guillaume de Menthière, l’a beaucoup amusé. « À l’époque, quand on le tapait dans un moteur de recherche internet, on tombait sur le site du concours, et non sur celui du syndicat », sourit-il. « À l’époque », c’était dans les années 2000. Le P. Seguin et le P. de Menthière sont alors tous deux vicaires de St-Étienne-du-Mont (5e) et aumôniers d’établissements hébergeant des classes préparatoires. « Le diocèse nous a demandé de développer une pastorale pour les prépas, raconte le prêtre aujourd’hui chargé de mission pour le monde de la santé. Un peu à l’image de ce qui se faisait à St-Germain-des- Prés (6e) pour les étudiants. » Les deux prêtres pensent rapidement à l’idée d’un concours, « mot et forme indispensables pour accrocher les prépas » ; « général », pour lui donner du poids et un caractère officiel, et de théologie pour « montrer que la théologie fait partie du travail de l’intelligence ». « Nous voulions inciter ceux qui se préparent à de grandes études, à honorer, aussi, la question de Dieu par leur intelligence », explique-t-il. Recherche souvent mise de côté en classes préparatoires alors que les jeunes femmes et jeunes hommes qu’elles forment sont destinés à « devenir les intellectuels, les penseurs de demain », souligne Guy Frachon, l’un des organisateurs actuels du concours. Reprenant les propos du P. Henri de Lubac dans son ouvrage Paradoxes (éd. du Cerf), il remarque qu’il est « primordial de leur proposer des voies pour approfondir et développer leur foi ». L’initiative plaît. Elle permet aux aumôneries de ces établissements d’avoir de la matière à étudier. Et aux étudiants d’aborder leur foi de façon rationnelle. Montfort de Lassus Saint-Geniès en témoigne. En 2000, alors qu’il suit une hypokhâgne au lycée Molière (16e), il se lance dans la préparation de ce concours, poussé par l’envie « d’allier la foi et la raison ». « C’était l’occasion de travailler ma foi et de la nourrir à travers la théologie, explique-t-il. Pour l’étudiant chrétien que j’étais, c’était très stimulant. » À tel point que Montfort de Lassus remporte le premier CGT. L’influence de ce concours dans son parcours professionnel et spirituel – il a été ordonné prêtre pour la communauté Saint-Martin en 2011 – n’est pas immédiate, mais Don Montfort ne la sous- estime pas. Ce concours lui a permis de vivre son premier pèlerinage en Terre sainte (son prix pour avoir emporté le concours). « J’ai fêté mes 21 ans au Mont Thabor, confie-t-il. C’est très marquant. » Marquant aussi le sujet de son oral Qui célèbre ? et la façon de le préparer. « Travailler sa foi, l’ordonner de manière rationnelle pour pouvoir l’exprimer publiquement m’a permis de comprendre que la théologie nourrit l’intelligence », relit-il. Aujourd’hui, Don Montfort est aumônier principal du lycée de l’abbaye de Pontlevoy (Loir-et-Cher). Difficile de savoir si, comme lui, d’autres lauréats ou candidats se sont engagés dans les ordres. En tout cas, le CGT continue d’avoir ses adeptes. Aujourd’hui hébergé et organisé par la Faculté Notre-Dame du Collège des Bernardins, il continue d’attirer une centaine de candidats de la France entière, chaque année. Depuis deux ans, à Paris, un cycle de préparation de cinq conférences leur est proposé. Le sujet cette année : L’Église et le monde. Ils plancheront dessus, pendant plusieurs heures, le samedi 30 janvier [1], à Paris et en régions.

Isabelle Demangeat @LaZaab

[1L’oral se tiendra le samedi 20 mars. Plus d’informations : le-cgt.org

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