La veillée : une tradition forte dans les communautés africaines

Si la pratique de la veillée funéraire est de plus en plus rare dans la société urbaine occidentale, elle reste très présente dans les communautés africaines. Rite social et religieux précédant les obsèques, elle est l’occasion d’un réel accompagnement du défunt et de sa famille.

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Photo Claire Avalle

Quand la sœur de mon mari est décédée, au début du mois, nous avons organisé une veillée, raconte Pauline, paroissienne d’origine ivoirienne de St-Bernard de la Chapelle (18e). Nous avons tout de suite contacté nos proches et nos connaissances et tout préparé pour bien les accueillir chez nous. Ils sont ainsi venus, juste un moment ou plus longtemps, pour nous apporter du réconfort ou simplement se joindre à nos prières. » La veillée funéraire, qui consiste à rendre hommage à un défunt le temps d’une soirée avant ses obsèques, était autrefois un rite courant en Europe. Souvent tombé en désuétude, surtout dans les milieux urbains, il reste très répandu dans les communautés africaines. Temps de soutien et de communion, il repose sur un réel esprit de solidarité entre familles. « Dans ces situations difficiles, précise Pauline, nous sommes souvent éloignés d’une partie de nos proches, qui sont en Afrique, et la veillée nous aide à ne pas nous sentir abandonnés. C’est aussi l’occasion, pour ceux qui le souhaitent, de donner un peu d’argent pour contribuer à l’organisation des funérailles ou à l’achat d’un billet d’avion vers le pays d’origine. »

Dire adieu

Présence ou non du corps, place laissée aux chants et aux danses ou encore vêtements à porter pour la circonstance, le déroulement de la veillée n’est pas le même selon les traditions de l’ethnie familiale ou les souhaits particuliers des proches du défunt. Ainsi la cérémonie peut être plus ou moins complexe, plus ou moins ritualisée et ne pas se limiter forcément à une seule soirée. « De manière générale, l’aspect religieux de communion dans la prière rejoint une dimension sociale très forte de rassemblement dans la difficulté, souligne le P. Yvon Crusson, aumônier de la communauté chrétienne des Africains, située rue de Romainville (19e). La veillée est aussi une manière de raviver le lien avec les ancêtres : il s’agit de prier pour ceux qui nous ont précédés comme eux peuvent le faire pour nous. » « C’est un moment où on se rend compte de l’importance de la prière, explique Allan, 22 ans, originaire du Cameroun. On demande notamment dans nos intentions au Seigneur qu’Il accueille le défunt dans Son Royaume et qu’Il prenne soin de sa famille. » Au-delà des spécificités qu’elle revêt dans les cultures africaines, cette tradition a, partout où elle existe dans le monde, un même rôle : aider ceux qui sont touchés par la mort d’un proche à prendre le temps de dire adieu, renforcer les liens familiaux et célébrer une espérance. • Pierre-Louis Lensel

Quelques chiffres

Un sondage « OpinionWay » commandé par le Service catholique des funérailles en 2009 donne des indications intéressantes quant au rapport des Français avec le parcours funéraire. Il révèle ainsi que 69% d’entre eux estiment que les rites mortuaires (prières à la levée de corps, rassemblement à l’église, au cimetière ou au crématorium) sont nécessaires. Un chiffre qui atteint 94% chez les catholiques pratiquants. Par ailleurs, d’après cette étude, 52% des Français ont déjà pensé à la manière dont ils souhaiteraient que leurs obsèques se déroulent. 52% d’entre eux également déclarent souhaiter une célébration religieuse (un taux qui atteint plus des deux tiers des sondés se déclarant catholiques non pratiquants).

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