Lalibela, nouvelle Jérusalem d’Éthiopie

Pour le visiteur occidental, l’Éthiopie apparaît comme un pays non encore envahi par le tourisme, susceptible de révéler le caractère authentique de coutumes et traditions, qui notamment en matière religieuse remontent à l’origine du christianisme.

Rappelons tout d’abord que l’Éthiopie est un pays à majorité chrétienne, dont témoigne le bon nombre d’églises réparties dans la campagne, avec 43% d’orthodoxes et 19% de protestants ; elle compte en outre 34% de musulmans, avec lesquels la cohabitation ne semble pas poser de problème, et quelques minorités dont des juifs qui n’ont pas émigré en Israël. L’Église dominante est donc bien l’orthodoxie qui doit être comprise comme d’origine orientale préchalcédonienne et non comme relevant de la rupture entre Rome et Constantinople ayant conduit au schisme de 1054. C’est dire que cette Église se considère comme une des plus anciennes avec l’Église arménienne. L’Histoire et la spécificité théologique de l’Église éthiopienne, qu’il n’est pas question de reprendre ici, ont d’ailleurs fait l’objet d’un article récent du Père Jérôme Bascoul publié dans le BOI n° 498 (juillet, août, septembre 2019).

Ce qui frappe le visiteur, chrétien occidental, est la vivacité d’une tradition qui a fait de la rencontre de la Reine de Saba avec le Roi Salomon, laquelle donna naissance à un fils, Ménélik, un événement fondateur de toute l’Histoire chrétienne de l’Éthiopie. C’est ainsi que d’après la tradition éthiopienne, celui-ci ayant rendu visite à son père, quelques années plus tard, en rapporta l’Arche d’Alliance qui est conservée dans l’Église Sainte-Marie de Sion à Axoum. L’imbrication de la tradition vétérotestamentaire avec le Nouveau Testament dans l’Église éthiopienne ne se limite d’ailleurs pas à cet événement, et se retrouve également dans certaines pratiques actuelles, dont notamment le respect de normes alimentaires issues du judaïsme, ou encore le fait de se déchausser avant d’entrer dans l’église à l’identique de l’Islam. Il n’est pas anodin, non plus, que la ville de Lalibela, du nom du saint roi bâtisseur des églises de la cité, devenue un centre spirituel et lieu de pèlerinage important, se soit proclamée la nouvelle Jérusalem d’Éthiopie ; tout concorde d’ailleurs, sur le plan topographique et hydrographique pour assimiler le site de Lalibela au site de Jérusalem.

Lalibela est bien connue pour ses Églises rupestres taillées dans le roc, dont la plus célèbre est Saint-Georges en forme de croix ; l’intérieur des églises décoré de peintures et de motifs sculptés contraste avec l’extérieur demeuré souvent à l’état brut. Il est également remarquable de constater l’existence de cavités dans les parois rocheuses des excavations dans lesquelles sont taillées les édifices : ce sont les cellules d’ermites qui vivaient nombreux autour des églises. Mais le plus impressionnant, peut-être, est de mesurer la ferveur populaire lors des grands rassemblements d’une population vêtue tout de blanc, à l’occasion de fêtes religieuses ou des processions d’accompagnement d’un défunt au cimetière.

Bien entendu, ces quelques commentaires ne reflètent que des impressions, probablement trop superficielles, ressenties par un visiteur étranger de passage dans le pays, sachant que l’ancrage du christianisme en Éthiopie repose sur des racines et des convictions beaucoup plus profondes.
J.L. Cochery

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