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Laudato si’, être lucide sur notre manière de penser (4/4)

Après l’émerveillement, la conviction que nous pouvons changer quelque chose, et la disposition à être responsable, être lucide sur notre manière de penser c’est la quatrième attitude proposée par le pape François dans son encyclique et relevée par Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris, lors d’une conférence donnée le 1er septembre, journée de prière pour la création.

Quatrième attitude à laquelle le pape nous invite, être lucides sur le conditionnement de nos manières de penser. Cela me paraît être une thématique très forte du pape François. Il me semble qu’il a essayé de préciser un discours qu’il tient depuis le début de son pontificat et certainement depuis longtemps dans sa réflexion privée. Je vous lis une phrase § 108 : « Aujourd’hui le paradigme technocratique est devenu tellement dominant qu’il est très difficile de faire abstraction de ses ressources, et il est encore plus difficile de les utiliser sans être dominé par leur logique. ». Le pape François est un jésuite, donc il est un peu intellectuel quoi qu’il en ait, et il aime beaucoup le mot paradigme. « Paradigme » veut dire : « modèle de pensée ». Nous avons un modèle de pensée, tous, qui est façonné par une vision technocratique. Que nous le voulions ou non, nous sommes tous plus ou moins façonnés par cette manière-là de penser, de regarder l’univers qui nous entoure, notre relation avec les autres hommes, avec les êtres vivants et avec le cosmos. Le Pape le reconnaît : ce paradigme technocratique offre beaucoup de ressources. Grâce à lui, à cette manière de penser, nous avons en Occident, à partir de la fin du XIXe siècle, créé un fonctionnement économique et social qui fait que nos pays ne connaissent plus de famine. Jusqu’à la Révolution française et même un peu après, même un pays comme la France a connu des famines ou des disettes. Ce qui est devenu le paradigme technico-financier a permis d’introduire de la rationalité dans l’agriculture grâce à quoi nos pays ne connaissent plus la famine et la disette. Et c’est un grand bienfait. Nous pouvons affirmer qu’à partir des ressources que nous procure la technique, appliquée à l’agriculture, à l’élevage, à l’industrie, on peut faire vivre des milliards d’êtres humains. Le pape n’a pas qu’une vision négative de ce paradigme. Il sait bien qu’il offre d’immenses ressources et qu’il procure aux peuples riches, favorisés, une situation extrêmement enviable. Jamais les hommes n’ont vécu une situation aussi aisée que nous, Occidentaux du XXIe siècle. (…) Et nous avons du mal à imaginer de renoncer à cela.

Le pape souligne que tous, même ceux qui parmi nous sont les plus militants de l’écologie, nous sommes tous marqués par ce paradigme. Le problème est qu’il est tellement puissant, il est tellement efficace, que nous n’arrivons plus à penser en dehors de lui. Nous n’arrivons plus à imaginer de vivre en dehors des ressources, des biens qu’il nous propose. Or il y a d’autres manières de vivre qui sont meilleures pour une raison très simple : elles sont partageables.

Aujourd’hui, certains doutent du réchauffement climatique, certains plus encore doutent qu’il soit dû à l’action de l’homme. Soit. En revanche, il est certain que notre mode de vie à nous occidentaux, n’est pas extensible à la totalité de l’humanité. Cette seule raison est suffisante, devrait être suffisante, pour que nous acceptions d’essayer de réfléchir autrement à nous-mêmes, à notre relation aux autres, à la manière dont nous construisons notre confort. Ce sont des représentations : nous nous représentons notre confort comme nous nous le représentons, mais on pourrait tout à fait essayer de développer une autre idée, une autre compréhension de ce confort qui soit plus humaine parce qu’elle serait davantage partageable, parce qu’il serait possible à beaucoup plus, voire à tous, d’y avoir part.

Cette lucidité sur le conditionnement de notre manière de penser, le pape insiste sur le fait que, nous chrétiens, nous sommes très armés pour l’acquérir. Notre foi nous amène à vivre selon une certaine sobriété. On ne peut pas à la fois croire en la vie éternelle et se griser de consommation perpétuelle. Nous le savons bien. (…) Nous chrétiens, nous avons un certain nombre de ressources spirituelles pour être un peu lucides et essayer de trouver notre jouissance dans d’autres relations.

Le pape écrit par exemple § 222 : « C’est un retour à la simplicité qui nous permet de nous arrêter pour apprécier ce qui est petit, pour remercier des possibilités que la vie offre, sans nous attacher à ce que nous avons ni nous attrister de ce que nous ne possédons pas. ». Plus loin § 223 : « Ceux qui jouissent plus et vivent mieux chaque moment, sont ceux qui cessent de picorer ici et là en cherchant toujours ce qu’ils n’ont pas, et qui font l’expérience de ce qu’est valoriser chaque personne et chaque chose, en apprenant à entrer en contact et en sachant jouir des choses les plus simples. ».

Pour aller plus loin
- Lire l’intégralité de la conférence de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris.
- Lire l’encyclique Laudato si’ du pape François sur le site du Vatican.
- Découvrir le dossier “Paris Climat 2015 : le Diocèse de Paris se mobilise”.

Retrouver les 4 attitudes à laquelle le pape François invite par son encyclique sur le carnet “Vivre l’encyclique Laudato si’”

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Ce livret ludique a pour but d’aider chacun individuellement, en famille ou en groupe et en paroisse, à réfléchir sur ce qu’il peut changer ou améliorer dans sa manière d’agir, de consommer, de regarder, pour être un meilleur intendant des dons de Dieu.

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