Le cardinal Sandri témoigne d’une nouvelle ère dans le dialogue interreligieux en Egypte

Au retour de son déplacement en Égypte, le préfet de la Congrégation pour les Églises orientales parle de l’importance du Document sur la Fraternité humaine signé il y a un mois à Abou Dhabi par le Pape et par le Grand-Imam d’Al-Azhar, des rencontres avec le président al-Sissi et avec le Pape copte Tawadros II, et de l’engagement des chrétiens dans le domaine social.

Au retour de son déplacement en Égypte, le préfet de la Congrégation pour les Églises orientales parle de l’importance du Document sur la Fraternité humaine signé il y a un mois à Abou Dhabi par le Pape et par le Grand-Imam d’Al-Azhar, des rencontres avec le président al-Sissi et avec le Pape copte Tawadros II, et de l’engagement des chrétiens dans le domaine social.
Giada Aquilino – Cité du Vatican

La foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer : le cardinal Leonardo Sandri le rappelle en s’appuyant sur le Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune. Le préfet de la Congrégation pour les Églises orientales s’est rendu dans les éparchies de Haute-Égypte, puis il a participé comme envoyé spécial du Pape aux célébrations pour les 800 ans de la rencontre de saint François d’Assise avec le sultan Al-Kamil. Son voyage était donc à la fois une visite des communautés chrétiennes locales, les coptes représentant environ 10% de la population du pays et les catholiques 0,3%, et en même temps ce voyage avait un fort caractère interreligieux.

Pour le cardinal Sandri, le Document signé à Abou Dhabi par le Pape François et le Grand-Imam d’Al-Azhar est « un point de départ d’une manière nouvelle de concevoir les relations interreligieuses », à transmettre maintenant « aux gens, à tous ceux qui croient dans l’islam, en Égypte ou ailleurs, et aussi aux chrétiens ». « La plupart d’entre nous, qui vivons dans un monde dans lequel on construit tout avec le pouvoir, avec la guerre, avec la violence, avec la haine, et même, dans certains cas, au nom de Dieu, veut un monde nouveau dans lequel on puisse cohabiter et dans lequel les chrétiens ne soient pas persécutés, ne soient pas pris en otages, ne soient pas discriminés, mais soient considérés, tout en étant une minorité, comme des citoyens au même niveau que tous ceux qui habitent dans des pays à majorités musulmane, avec les mêmes devoirs et les mêmes droits. »

L’engagement des Églises dans le domaine social
Le cardinal argentin a rencontré le président Abdel Fattah al-Sissi et lui a remis un message personnel de François. Le chef de l’État a « exprimé toute la sympathie, l’amour, la vénération pour le Pape, en rappelant qu’un temps nouveau est né entre l’Égypte et le Saint-Siège après la visite du Souverain pontife en 2017 ». Le cardinal Sandri souligne qu’en Égypte « les catholiques veulent le bien de la patrie et s’engagent pour le progrès et le bien-être de toutes les personnes, sans distinction » de croyance.

Les chrétiens du pays « sont engagés surtout dans le développement social : ils se consacrent à la santé, à l’éducation, aux écoles, aux personnes dans le besoin. Dans chaque diocèse, il y un centre catéchétique, un centre pour les prêtres, un centre pour les préparations au mariage et à côté il y a toujours un centre pour le développement social », explique-t-il.

Aucune violence ne peut être commise au nom de la religion
Le cardinal Sandri a rencontré le Pape Tawadros II, le Patriarche de l’Église copte-orthodoxe, au monastère de saint Bishoy, situé entre Le Caire et Alexandrie. Il lui a exprimé sa profonde douleur pour toutes les victimes de la violence, en particulier de celle contre les coptes d’Égypte. Il remarque toutefois que les chrétiens peuvent continuer à pratiquer leur religion : « Les gens participent librement au culte, se déplacent, font leurs propres activités. Bien sûr, partout, on voit un grand déploiement de sécurité parce qu’il a encore des éléments qui veulent accomplir des attentats, des personnes qui - c’est absurde ! - au nom de la religion et au nom de Dieu font ces actes de violence ».

« L’Église est contre la violence et la haine, et j’ai exprimé notre proximité au président et à toute la population, et aussi au Pape Tawadros, pour les martyrs, pour toutes ces personnes tuées avec le nom de Jésus sur les lèvres : elles sont pour nous un témoignage qui nous interpelle sur la façon dont nous vivons notre vie de disciple », explique le cardinal Sandri.
Source : Vatican news – mars 2019

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