Le catéchuménat, une démarche qui interpelle

L’entrée en catéchuménat laisse rarement indifférent l’entourage de ceux qui s’y engagent. Mais, dans cette démarche par définition très personnelle, les questionnements des proches peuvent aussi être un réel enrichissement et une source de réflexion.

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© Pierre-Louis Lensel

« Cela amuse mon fils de 8 ans, lui-même baptisé, que je suive l’enseignement du catéchuménat. Il a l’impression que je retourne à l’école ! » A tout juste 40 ans, Frank, marié et père de deux jeunes enfants, se prépare au baptême à Ste-Marguerite (11e) – Une démarche que ses proches voient globalement d’un bon œil, et sur laquelle il n’hésite pas à s’ouvrir. « En tant que catéchumènes, je crois que nous avons souvent tendance à beaucoup parler de notre foi et à vouloir réagir lorsqu’on est interpellé de façon positive ou critique sur le sujet », explique-t-il, avant d’ajouter : « Être en chemin vers le baptême, c’est aussi se trouver dans la position d’être chrétiens vis-à-vis des autres. » Élevé dans une famille qu’il qualifie de « plutôt anticléricale », Christophe, 48 ans, prépare pour sa part le baptême à St-Pierre de Montrouge (14e). L’annonce de sa rencontre avec le Christ, il y a quelques années, a été reçue avec étonnement voire incompréhension par une partie de ses proches. « Mes parents respectent mon choix mais restent très surpris par cette démarche, explique- t-il. Cela suscite parfois quelques débats entre nous, sur la foi ou sur l’Église. Quant à mes trois enfants, tous majeurs, ils sont un peu étonnés, n’ayant pas eu d’éducation chrétienne, de me voir aujourd’hui porter une croix autour du cou et aller à l’église. » Et Christophe de poursuivre : « Cela a un côté amusant, étant leur père, d’être amené à justifier mon choix devant eux. »

Porter son choix

Cependant, loin de le décourager, les questionnements que sa démarche inspire trouvent leur place dans sa réflexion et sa préparation au baptême : « C’est important, car mon engagement n’est pas uniquement centré sur moi, souligne-t-il. C’est une démarche d’amour, un amour tourné vers mes proches. Je ne cherche pas à les convaincre, je suis juste un témoin de ce que je vis ». Ainsi, Christophe a notamment tenu à évoquer sa conversion avec sa grand-mère, alors âgée de 92 ans et aujourd’hui décédée. « J’avais besoin, même si nous n’étions pas forcément d’accord sur le sujet, de lui manifester mon choix et qu’elle soit fière de moi. Lui en parler signifiait être reconnu et aimé tel que je suis. Cela a été une étape marquante sur mon chemin. » • Pierre-Louis Lensel

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