Le christianisme, « religion la plus persécutée au monde »

Paris Notre-Dame, l’hebdo du diocèse de Paris, revient sur le rapport de l’Aide à l’Église en détresse (AED) publié pour la première fois en France sur la situation des chrétiens dans le monde. Fruit de deux ans de collecte de témoignages dans 150 pays, ce rapport fait le constat que le christianisme est aujourd’hui la religion la plus persécutée au monde. Les explications de Benoît de Blanpré, nouveau directeur de l’AED en France.

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Benoît de Blanpré est le nouveau directeur de l’AED en France.
© D.R.

Paris Notre-Dame – En préface de votre rapport [1], l’archevêque de Karachi (Pakistan), Mgr Joseph Coutts, déclare : « C’est un fait bien établi que la religion la plus persécutée au monde est aujourd’hui le christianisme. » Comment expliquer que les chrétiens soient la cible d’autant d’attaques ?

Benoît de Blanpré – Ma conviction est que les chrétiens dérangent ceux qui ne veulent pas la paix, ceux qui ne veulent pas l’unité et l’éducation pour le plus grand nombre. Dans leur pays, les chrétiens sont attentifs à ceux qui les entourent, quelle que soit leur religion : quand une religieuse ouvre une école, elle accueille tout le monde sans distinction. Paix, unité, éducation, voilà ce qu’apportent les chrétiens. Et cela dérange les régimes autoritaires.

P. N.-D. – Quelles sont les zones où les chrétiens sont le plus persécutés ?

B. B. – Au Moyen-Orient, historiquement, à cause de la guerre. Même si depuis 2017 la situation s’améliore sur le terrain, en Irak et en Syrie notamment, elle reste difficile, et les chrétiens hésitent à revenir. En Irak, il y avait plus d’ 1,5 million de chrétiens sur place avant 2003, contre moins de 150 000 aujourd’hui. En Syrie, en 2017, ils étaient moins de 500 000, trois fois plus avant la guerre. En Afrique également. Au cours des deux dernières années, la violence islamiste s’est déplacée, notamment dans le nord du continent. Dans de nombreux pays comme le Nigéria ou le Burkina Faso, la violence antichrétienne est très forte. Mais là où la situation est la plus inquiétante, c’est en Asie du Sud-Est : en Birmanie ou au Vietnam par exemple, l’Église est surveillée par le régime. Les chrétiens y vivent difficilement leur foi. Ces attaques sont le fait des extrémistes musulmans, des mouvements nationalistes agressifs ou des régimes autoritaires. Et parfois ces trois mouvements se conjuguent, comme au Sri Lanka ou aux Philippines.

Propos recueillis par Priscilia de Selve@Sarran39

Deux exemples parmi d’autres…

  • MADAGASCAR. « Dans cet état majoritairement chrétien, les évêques locaux nous alertent depuis plusieurs années sur la volonté des islamistes radicaux d’ “islamiser” certaines régions du pays en faisant venir par charter, chaque semaine, des dizaines de musulmans de Turquie, avec l’idée d’exploiter les terres sur place. Selon l’archevêque de Toamasina, près de 2 600 projets de construction de mosquées sont en cours. »
  • ÉRYTHRÉE. « On compte près de 46 % de chrétiens en Érythrée. En juin dernier, en quelques semaines, l’État a fermé les derniers hôpitaux et institutions catholiques de santé. Les vingt et un hôpitaux concernés prenaient en charge au moins 170 000 personnes. Les religieux sur place nous avaient déjà alertés par le passé sur des manifestations d’hostilité de ce type de la part de l’État érythréen, mais jamais de façon aussi violente. »
    Amélie de La Hougue, responsable du service information de l’AED.

[1Le rapport complet de l’AED est à retrouver sur le site aed-france.org.

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