Cardinal André Vingt-Trois : « Le monde a besoin de la miséricorde »

Paris Notre-Dame – 16 avril 2015

P. N.-D. – La bulle d’indiction du jubilé de la Miséricorde a été publiée samedi 11 avril. Que faut-il en retenir ?

Cardinal André Vingt- Trois – La bulle d’indiction est la manière officielle dont le pape annonce le jubilé : l’Année sainte de la Miséricorde. Cette décision correspond à un anniversaire et à une conviction de fond. L’anniversaire est celui des cinquante ans de la clôture du concile Vatican II, dont le pape rappelle combien il a marqué la vie de l’Église et sa mission dans le monde. La conviction, c’est que la miséricorde est la manière dont Dieu se révèle aux hommes auxquels il veut manifester son désir de les sauver. Dans sa bulle, le pape met en relation cette dimension fondamentale de la révélation judéo-chrétienne et le travail accompli par le concile Vatican II. C’est une longue méditation du pape sur la révélation de l’amour et de la tendresse de Dieu. Cette révélation se déchiffre tout au long de l’histoire d’Israël, non seulement à travers les événements relus dans la foi, mais aussi à travers la prédication des prophètes. Elle se dévoile finalement dans la vie de Jésus de Nazareth. Il annonce le Dieu de miséricorde dans sa manière d’agir avec les pauvres, les malades et les pécheurs comme dans son enseignement. Il en donne le signe suprême en faisant l’offrande de sa vie sur la croix.

P. N.-D. – Comme saint Jean-Paul II, François met en avant l’importance de la miséricorde. Pourquoi ?

Card. A. V.-T. – Le pape François est convaincu, comme l’était saint Jean-Paul II, que notre monde a besoin de la miséricorde. Tant d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards sont soumis à la violence et à la misère ! Et même dans nos sociétés développées, tant de personnes sont plongées dans le malheur et le désespoir ! On imagine souvent que les lois civiles suffisent à protéger les malheureux, mais nous constatons surtout qu’elles ont pour effet de développer les capacités d’accusation. Tous se laissent entraîner dans la chasse aux coupables et la vie sociale devient souvent un théâtre de procès. Or, ce dont nous avons besoin, ce n’est pas d’accusation mais de pardon et de miséricorde. C’est la grâce de l’Église et des chrétiens de vivre de cette miséricorde. C’est leur mission d’être témoins et acteurs de cette miséricorde.

P. N.-D. – Comment proposez-vous de vivre ce jubilé à Paris ?

Card. A. V.-T. – Il est encore trop tôt pour développer le programme complet des propositions propres au diocèse de Paris. La bulle d’indiction est un appel à la préparation dans les six mois qui viennent. Dès maintenant, nous sommes invités à centrer notre réflexion et notre prière sur la puissance de Dieu miséricordieux. Je propose trois pistes pour mener cette réflexion : 1. Que chacun s’interroge sur la manière dont il recourt à la miséricorde et au pardon de Dieu, notamment par sa pratique du sacrement de la réconciliation. 2. Que les prêtres réfléchissent ensemble sur leur ministère de confesseur et sur la manière dont le sacrement est proposé dans leur communauté. 3. Que chaque chrétien examine comment il participe à l’expression de la miséricorde dans sa vie, dans sa vie personnelle, comme dans sa vie sociale. Comment sommes-nous de vrais témoins de l’amour de Dieu pour les hommes ? • Propos recueillis par Paris Notre-Dame

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