Le pape François et l’Église de Russie

Le pape François et l’Église de Russie : le 30 mai dernier, le pape François a voulu rappeler que l’Église du patriarcat de Moscou était la seule légitime en Russie et qu’il ne convenait pas de s’immiscer dans ses affaires ni de semer la division.


Le 30 mai dernier devant une délégation du patriarcat de Moscou le pape François a voulu rappeler que l’Église du patriarcat de Moscou était la seule légitime en Russie et qu’il ne convenait pas de s’immiscer dans ses affaires ni de semer la division. Il n’est pas facile de comprendre de quoi on parle, s’agit-il de dénoncer des groupes catholiques « prosélytes » comme sait les dénoncer le patriarcat lui-même ? Nous ne sommes il vrai plus au temps où Pie XI dépêchait secrètement en Russie un jésuite français Mgr d’Herbigny (1880-1957) chargé de constituer une petite Église russe byzantine rattachée à Rome entre les années vingt. Que cette époque soit depuis longtemps révolue le pape le rappelle par l’affirmation que l’uniatisme n’est plus une méthode pour faire l’unité. Le pape François ne fait que rappeler la doctrine de l’Assemblée de Balamand de 1993 du dialogue catholique orthodoxe sur la manière de rechercher l’union entre les Églises catholiques et orthodoxes. Cela dit, le pape appelle au respect des Églises orientales unies à Rome. Ces Églises unies ont une légitimité historique et ont connu les persécutions comme leurs sœurs orthodoxes, la plus importante est l’Église gréco-catholique d’Ukraine qui n’est pas ménagée par Moscou. Le patriarcat de Moscou étend ses affaires intérieures à l’Église à l’Ukraine via l’Église autonome ukrainienne qui dépend de lui, et qui lutte farouchement pour que les deux autres juridictions orthodoxes ukrainiennes ne reçoivent aucune reconnaissance des autres Églises orthodoxes. L’Église orthodoxe de Moldavie est en concurrence avec une Église moldave soutenue par l’Église orthodoxe de Roumanie et les Églises orthodoxes d’Estonie sont un sujet de tension avec le patriarcat de Constantinople. La géopolitique n’est jamais loin des questions ecclésiales et le pape François a justement pointé à Genève lors de sa visite au COE que la recherche pour l’unité des chrétiens pouvait souffrir des « stratégies » qui polluaient la recherche d’une amitié désintéressée entre Églises.

Le pape François déclare soutenir l’unité de l’Église orthodoxe russe

Le Vatican soutient résolument l’unité de l’Église orthodoxe russe, a déclaré le pape François le mercredi 30 mai lors d’une rencontre avec une délégation du patriarcat de Moscou conduite par le métropolite Hilarion de Volokolamsk. « En votre présence, et tout particulièrement devant vous, mon cher frère, je voudrais souligner une fois de plus que l’Église catholique n’utilisera jamais une approche provoquant des divisions. Nous ne permettrons jamais que cela se produise. Je ne le désire pas. Il n’y a qu’un seul patriarcat en Russie, le vôtre. Et nous n’en aurons pas d’autre », a déclaré le pape jeudi, selon le Département des relations extérieures de l’Église (DREE) du patriarcat de Moscou.

Le pape a également déclaré qu’il considère l’uniatisme comme une voie non acceptable pour parvenir à l’unité de l’Église dans le cadre des relations entre chrétiens orthodoxes et catholiques et est convaincu que le dialogue fraternel est le seul chemin possible pour parvenir à une plus grande unité, a déclaré le patriarcat.
« L’Église catholique, les Églises catholiques ne devraient pas s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Église orthodoxe russe, pas même pour des raisons politiques. Telle est ma position et celle du Saint-Siège aujourd’hui. Ceux qui agissent différemment n’obéissent pas au Saint-Siège », a déclaré le pape.
By Yannick Provost 31 mai 2018
Source Orthodoxie – juillet 2018

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