Le printemps, préfiguration du monde à venir

Une fois par an seulement, mais au moins une fois, le monde que nous voyons déploie ses puissances cachées et, d’une certaine manière, se manifeste. Ce que nous voyons n’est que l’enveloppe extérieure d’un royaume éternel, et c’est sur ce royaume que nous fixons les yeux de notre foi.

C’est alors qu’apparaissent les feuilles et les fleurs sur les arbres fruitiers, que les fleurs s’épanouissent, que l’herbe et le blé commencent à pousser. Il y a soudain un afflux et une éclosion manifestes de cette vie cachée que Dieu a enfouie dans le monde matériel. Eh bien ! Vous avez là comme une préfiguration de ce qui se passera quand Dieu l’ordonnera. Cette terre, qui à présent fait éclore feuilles et fleurs, trouvera un jour son plein épanouissement en un monde nouveau de lumière et de gloire, où nous verrons habiter les saints et les anges.

Qui - à moins de se fonder sur son expérience des printemps passés - pourrait imaginer, deux ou trois mois auparavant, qu’il est possible que l’aspect de la nature, qui semble alors sans vie, devienne si splendide et si varié ? Comme il paraît impossible, avant que cela ne se produise, que les branches sèches et dénudées se couvrent soudain d’éclat et de fraîcheur ! Pourtant, au moment prescrit par Dieu, les feuilles poussent sur les branches. Le printemps peul tarder, mais il viendra toujours.

Ainsi en est-il de l’éternel Printemps que tous les chrétiens attendent. Il viendra, même s’il tarde ; oui, même s’il tarde, attendons-le, car il viendra sûrement, sans faillir. C’est pourquoi nous disons, jour après jour : « Que ton Règne vienne », ce qui signifie : « Ô Seigneur, manifeste-toi, toi qui sièges au-dessus des chérubins, montre-toi, réveille ta vaillance et viens nous sauver. » La terre que nous voyons ne nous satisfait pas. Nous savons qu’elle recèle beaucoup plus que ce que nous voyons : un monde de saints et d’anges, un monde glorieux, le palais de Dieu, la montagne du Seigneur des armées, la Jérusalem céleste, le trône de Dieu et du Christ - toutes ces merveilles éternelles, très précieuses et mystérieuses, sont cachées dans ce que nous voyons.

Saint John Henry Newman (1801-1891)
Sermon sur le monde invisible
Extrait des Trésors spirituels des chrétiens d’Orient
et d’Occident de Martin de La Roncière
Avril 2020

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