« Le regard de l’Église intéresse la société »

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P. Matthieu Rougé, directeur du Service pastoral d’études politiques (SPEP) et curé-recteur de Ste-Clotilde (7e).
© Pierre-Louis Lensel

P.N.-D. - Dans le prolongement du texte « Un vote pour quelle société ? », publié par la Conférence des évêques de France le 3 octobre, un livre du cardinal André Vingt-Trois, intitulé Quelle société voulons-nous ? sort le 19 janvier. Quels en sont le contenu et les objectifs ?

P. Matthieu Rougé – Il s’agit d’un recueil des interventions récentes les plus importantes du Cardinal autour de l’éthique et de la vie de la société. Ce florilège est précédé d’une ample introduction qui permet de comprendre ce qui légitime les interventions de l’Église en général, et les siennes en particulier, dans ce domaine. L’ouvrage se conclut par le texte « Un vote pour quelle société ? »

Je pense qu’à travers ce livre, le cardinal Vingt-Trois a voulu mettre en lumière la cohérence et les insistances essentielles de la parole de l’Église aujourd’hui.

P. N.-D. - Vous travaillez beaucoup avec le monde politique. Comment, selon vous, y est perçue cette volonté de l’Église de peser dans les débats ?

P. Matthieu Rougé – Précisons d’abord que cet ouvrage, tout comme le texte « Un vote pour quelle société ? », n’est pas d’abord destiné aux politiques mais aux chrétiens et à tous les citoyens de bonne volonté pour les aider à se positionner et à exercer pleinement leurs responsabilités vis-à-vis de la société.

Cela dit, il me semble que, globalement, les politiques savent bien que s’il y a une séparation entre l’Église et l’État, il n’y en a pas entre l’Église et la société. Elle est tout à fait dans son rôle quand elle participe aux débats, sans prétendre avoir une parole prédominante mais en manifestant qu’elle a, dans le contexte pluraliste qui est le nôtre, une parole pertinente, qui peut contribuer au discernement de chacun. Le sentiment que l’Église parlerait trop tient souvent d’une sorte de mauvaise conscience de catholiques enfermés dans leur tour d’ivoire. La société pluraliste a plutôt l’impression qu’elle n’entend pas assez l’Église, comme l’ont montré certains sondages [1]. Son regard l’intéresse.

P. N.-D. - En écho au livre du Cardinal et en cette année électorale, vous organisez le 31 janvier un colloque, « Le choix de la personne ». Pouvez-vous nous en dire plus sur cet événement ?

P. Matthieu Rougé – Comme son nom l’indique, ce colloque sera centré sur la notion de « personne ». Ainsi, en exergue du tract annonçant ce temps de réflexion,
nous avons placé une formule extraite du texte des évêques : « De sa contemplation du Christ, l’Église tire une vision cohérente de la personne dans toutes ses dimensions. »

Concrètement, ce colloque qui aura lieu à Ste-Clotilde se déroulera en deux temps. En fin d’après-midi, trois conférences seront proposées autour de la notion de personne dans notre époque (Chantal Delsol, Xavier Lacroix, Philippe Vallin). Puis, en soirée, le Cardinal présentera son ouvrage et, en réaction, une table ronde réunira deux politiques de sensibilités différentes, Laurent Wauquiez et Bariza Khiari, et deux membres de la société civile, Michel Rollier et Jean-Guilhem Xerri. On leur demandera comment fonder et déployer une politique qui soit vraiment au service de la personne. • Propos recueillis par Pierre-Louis Lensel

[1Par exemple sondage Ifop/La Croix « l’avenir du christianisme », novembre 2007.

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