Les églises : patrimoine et liturgie

14 et 15 septembre 2013.

Les Journées européennes du Patrimoine sont l’occasion cette année de fêter le centenaire de la loi de 1913 sur les Monuments historiques.
Il est important de rappeler que ces dispositions législatives ont sauvé d’innombrables bâtiments du culte, grands et petits, lieux de notre mémoire religieuse et sociale, locale et nationale.
- Saint-Paul - Saint-Louis 4e. ACF-P©MB



Saint-Pierre-de-Montmartre 18e. ACF-P © MB.


Aujourd’hui, 100 000 édifices religieux – dont une grande partie est protégée – contribuent à dessiner le paysage culturel de la France et forment un patrimoine précieux : même ceux qui n’y entrent jamais sont capables de les reconnaître et d’y être attachés. Reçues de nos ancêtres, les églises inscrivent dans la beauté des lignes et des volumes notre filiation physique et spirituelle, nous permettant ainsi d’aller de l’avant et d’envisager l’avenir avec plus de sérénité et de confiance. Elles ont traversé tant d’épreuves et témoignent pour notre humanité : « On en a vu d’autres ! Gardez courage ! »



Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle 2e. ACF-P©MB


En cette année 2013, nous célébrons aussi le cinquantenaire de la Constitution sur la liturgie, première décision d’un Concile dont le général de Gaulle dira en conseil des ministres qu’il a été l’événement le plus important du XXe siècle. Soigneusement inscrite dans la tradition et dans la fidélité aux intuitions du concile de Trente, la réforme liturgique de Vatican II modernise les anciennes pratiques pour répondre aux aspirations des chrétiens engagés dans le monde de leur temps. C’est ainsi que le peuple a besoin d’entendre dans sa langue les mots de la parole de Dieu et ceux de la prière des hommes, et de voir de ses yeux les actions cultuelles pour participer à la célébration des mystères et s’y associer de tout son cœur.



Notre-Dame-des-Champs 6e. ACF-P©AB.


Le problème s’est souvent posé de l’adaptation des églises anciennes au nouveau dispositif liturgique, avec un ambon et un autel qui structurent l’espace du rassemblement. Les tensions ont été souvent très vives entre les conservateurs des Monuments historiques appuyés sur le dogme du plus ancien état historique connu, et le désir légitime des chrétiens de prier et de célébrer leur Dieu selon les nouvelles dispositions ecclésiales. Quand l’administration s’est convaincue que la réforme liturgique n’était pas un simple caprice qui devait passer avec l’âge, les architectes en chef ont su trouver avec les affectataires des solutions pour honorer les exigences liturgiques de l’Eglise et donner à ces monuments « historiques » d’ouvrir une nouvelle page de leur histoire.



Saint-Roch 1er. ACF-P©MB.


La loi de 1913 a cherché – et remarquablement réussi - à sauver de la destruction ou de la dégradation des témoins insignes de notre histoire, au rang desquels de magnifiques joyaux de l’architecture et de l’art chrétien : « O temps, suspends ton vol ! » Cinquante ans plus tard, en 1963, la liturgie catholique qu’on pensait immuable et figée (« la liturgie de toujours ») a pris le risque de se renouveler pour mieux annoncer l’Evangile aux hommes de son temps.

Ces deux mouvements inverses constituent dans leur tension jamais résolue la dynamique propre à la vie de nos assemblées chrétiennes enracinées dans le passé et tournées vers l’avenir. Nos églises en sont toute frémissantes.

Isabelle Renaud-Chamska

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