« Les gens qui nous entourent ont besoin d’espérance »

Paris Notre-Dame – 14 septembre 2017

En cette période de rentrée, Mgr André Vingt-Trois a accordé à Paris Notre-Dame un entretien exceptionnel, dans lequel le cardinal de Paris revient sur sa santé et sur l’année pastorale qui s’ouvre.

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Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris.
© Étienne Castelein

Paris Notre-Dame – Monseigneur, beaucoup de Parisiens se sont inquiétés pour votre santé ces derniers mois. Comment allez-vous ?

Mgr André Vingt-Trois – Après plusieurs mois difficiles d’hospitalisation et de rééducation, ce qui ne va pas sans fatigue, je vais le mieux possible, ce qui m’a permis de reprendre un certain nombre d’activités. J’essaie désormais de récupérer le maximum de force, mais il est vrai qu’une convalescence à 75 ans n’est pas la même qu’à 45. Je dois en tenir compte dans la vie quotidienne. Et comme à 75 ans, les évêques sont invités à présenter leur démission au pape, ce que j’ai fait, je suis maintenant disponible à ce que le pape décidera, je l’espère, dans le courant de l’automne.

P.N.-D. – Le 25 septembre prochain à Notre-Dame de l’Ouÿe, se tiendra la journée du presbytérium. Pourquoi avoir instauré ce grand rassemblement des prêtres parisiens ?

A.V.-T. – Cette journée est l’occasion, pour les prêtres parisiens, de faire connaissance et de rencontrer des prêtres d’autres générations, qui vivent des situations pastorales différentes. Ce temps sera d’abord un temps d’action de grâce, avec le témoignage de trois prêtres de ma génération, qui parleront de la manière dont ils ont vécu leurs cinquante années de ministère, période durant laquelle la vie de l’Église à Paris fut assez mouvementée. J’ai été très marqué, durant mes premières années ici comme vicaire général, par la rencontre de prêtres ordonnés avant la Seconde guerre mondiale. Je me rappelle en particulier d’un prêtre qui avait commencé son ministère dans le quartier de la porte de Clignancourt, à Ste-Hélène (18e). Il m’expliquait qu’à son arrivée, dans la rue de l’église, il n’y avait que deux bâtiments en dur, l’église et le café. Tout le reste n’était qu’un bidonville avec le tout-à-l’égout au milieu de la rue.

P.N.-D. – Vous allez également aborder l’année pastorale qui débute et qui s’inscrit dans le programme triennal Annoncer, partager, transmettre ?

A.V.-T. – Au seuil de cette troisième année, il s’agit là d’une double relance : relire ce qui a été fait dans les années précédentes, évaluer et réajuster si nécessaire. Et approfondir le lien entre les trois thèmes, qui sont intrinsèquement liés, qu’il s’agisse de l’annonce de Jésus Christ, de la transmission aux jeunes générations ou de la mise en œuvre d’une véritable solidarité avec les plus pauvres. C’est sur ces points que je vais les appeler à travailler davantage.

P.N.-D. – En cette rentrée, que souhaitez-vous dire aux catholiques de Paris ?

A.V.-T. – Je veux leur dire de ne pas se laisser prendre au piège du théâtre médiatique, qui ne peut fonctionner qu’en mettant les gens en opposition les uns avec les autres. Si nous voulons aider nos contemporains et nous-mêmes à vivre, il faut être attentif aux éléments de respect mutuel et de cohabitation qui sont absolument nécessaires pour que les difficultés, réelles, que nous vivons, ne deviennent pas insurmontables. Les gens qui nous entourent ont besoin d’espérance, et si la foi au Christ signifie quelque chose pour les chrétiens, c’est précisément cela.

Par Priscilia de Selve

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