Les membres du synode grec-melkite reçus par le Pape François

Le Pape François a reçu les membres du synode grec-melkite au Vatican, le lundi 12 février. Saluant le Patriarche Joseph Absi, le Saint-Père a adressé ses prières à la « Syrie bien-aimée » et à tout le « Proche-Orient », où l’Église grecque-melkite est profondément enracinée, et où elle assure un « précieux service pour le bien du peuple de Dieu ». Il est revenu sur les conditions difficiles dans lesquelles les membres de cette Église accomplissaient leur mission, et vivaient leur foi. Et, Qui sont les melkites ?

Le Pape François a reçu les membres du synode grec-melkite au Vatican, le lundi 12 février. Saluant le Patriarche Joseph Absi, le Saint-Père a adressé ses prières à la « Syrie bien-aimée » et à tout le « Proche-Orient », où l’Église grecque-melkite est profondément enracinée, et où elle assure un « précieux service pour le bien du peuple de Dieu ». Il est revenu sur les conditions difficiles dans lesquelles les membres de cette Église accomplissaient leur mission, et vivaient leur foi.
Xavier Sartre – Cité du Vatican

Les évêques et les prêtres grecs-melkites ont une mission essentielle rappelle François : encourager les fidèles à demeurer sur leur terre, principalement la Syrie, « frappée ces dernières années par des souffrances indicibles ». Ils sont ainsi appelés à « manifester devant le peuple de Dieu qui souffre, communion, unité, proximité, solidarité, transparence et témoignage ». Le Pape entend les aider grâce, notamment, à la journée de prière et de jeûne du 23 février 2018, dédiée à la paix.
Lors de cette rencontre, qui intervient après l’assemblée synodale de cette Église d’Orient, tenue au Liban, début février, le Pape a souligné que les pasteurs avaient une tâche toute particulière : celle de réanimer le cœur des fidèles, demeurant à leurs côtés, les consolant, allant à leur rencontre et répondant à leurs besoins.
« Nous avons tant besoin de pasteurs qui embrassent la vie avec l’ampleur du cœur de Dieu, sans s’abandonner aux satisfactions terrestres, sans se contenter de maintenir ce qui existe déjà, mais en visant toujours plus haut », a expliqué François. Les pasteurs doivent ainsi être « libres de la tentation de se maintenir en “ basse altitude ”, libérés des mesures étroites d’une vie tiède et routinière », « pauvres, détachés de l’argent et du luxe, au milieu d’un peuple qui souffre, annonciateurs cohérents de l’espérance pascale, en chemin permanent avec les frères et les sœurs ».
Vatican news

Qui sont les melkites ?

Unie à Rome depuis le XVIIIe siècle, cette Église de rite byzantin rassemble entre 1,3 et 2 millions de fidèles dans le monde, principalement originaires de Syrie ou encore de Terre Sainte.
Église melkite est née en 1724 d’une division de l’Église grecque d’Antioche : une partie de ces chrétiens, catholicisés par les missionnaires jésuites ou encore franciscains alors présents en Orient, ont choisi d’entrer en communion avec le Saint-Siège. Ainsi est née l’Église grecque-catholique (melkite), directement liée à Rome. Comme les autres Églises catholiques orientales, elle est aussi dite « uniate ».
Les grecs-catholiques se sont aussitôt choisi un patriarche arabe, alors que le siège d’Antioche était jusque-là réservé à un patriarche et à des évêques grecs. Une double lignée de patriarches s’est donc instaurée : l’une orthodoxe, l’autre catholique. En 1729, Rome a reconnu Cyrille VI Tanas comme patriarche de l’Église grecque melkite catholique. Mais ce n’est qu’au XIXe siècle que l’Empire ottoman a pleinement reconnu cette Église.

Fidèles à Chalcédoine
Le nom de melkite est toutefois apparu bien avant l’époque moderne. Issu du syriaque « malka » (roi, empereur), il désignait les chrétiens des patriarcats de Jérusalem, d’Alexandrie et d’Antioche ayant accepté le concile de Chalcédoine (451) et ayant ainsi été fidèles à l’empereur de Constantinople. Ces chrétiens considèrent que le Christ est à la fois homme et Dieu, à l’inverse des monophysites qui affirment que le Christ n’a qu’une nature, divine.

« Aujourd’hui, seulement quatre Églises sont monophysites », souligne le Père Rafic Greiche, porte-parole de la conférence des évêques d’Égypte. « Les coptes-orthodoxes, les syriens orthodoxes, les arméniens orthodoxes et les Éthiopiens. Toutes les autres Églises sont en fait melkites ! Mais les grecs-catholiques sont les seuls à avoir repris le nom pour leur Église. »

Du Moyen-Orient à la diaspora
Les fidèles de l’Église melkite sont entre 1,3 et 2 millions dans le monde (et donc bien moins nombreux que les 14 millions de grecs-orthodoxes). Environ la moitié de ces melkites vivent au Moyen-Orient, principalement en Syrie, au Liban et en Terre sainte.

Quant à la diaspora, elle se trouve en Amérique du Nord (États-Unis et Canada), en Amérique latine (Brésil, Vénézuela, Argentine) ou encore en Australie. « Les melkites de la diaspora sont originaires du Proche-Orient, mais de plus en plus sont nés dans ces pays d’émigration », précise le Père Greiche. « L’évêque américain Mgr Nicholas Samra, par exemple, est né dans le New Jersey. Il y a aussi des melkites canadiens, par exemple, qui ne connaissent plus l’Orient depuis 70 ans. »
L’Église grecque-catholique doit son dynamisme démographique au fait qu’elle n’est pas une Église nationale, contrairement par exemple aux coptes en Égypte ou aux maronites au Liban. Universelle, cette Église fait intervenir plusieurs langues dans sa liturgie, de rite byzantin : l’arabe et le grec, ainsi que le français ou encore l’anglais selon les pays.

Un seul patriarche, à Damas
Il n’existe qu’un patriarche melkite catholique, qui porte le titre de « patriarche d’Antioche, d’Alexandrie, de Jérusalem et de tout l’Orient ». Il a la juridiction d’évêque ordinaire des trois diocèses de Damas, de Jérusalem et d’Alexandrie, où il est représenté par un vicaire patriarcal.
Parmi les plus illustres prédécesseurs du patriarche Mgr Joseph Absi, se trouve Maximos IV, dont on dit qu’il fut l’un des Pères du concile Vatican II. Il avait une haute conception de son Église melkite, qu’il voyait comme un pont entre Rome et le monde orthodoxe.
Mélinée Le Priol , le 22/06/2017 à 17h21- Journal La Croix

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