« Les pauvres, le trésor de l’Église »

Il y a deux ans, l’association Aux Captifs, la libération [1] lançait une première « tournée rue », sur la paroisse de St-Jacques du Haut-Pas (5e). L’association, qui vient en aide aux gens de la rue, a créé ainsi plusieurs antennes à Paris. Qu’est-ce qui pousse un curé et un bénévole à se lancer dans l’aventure ? Réponse, avec le P. François Delpit, curé, et Jean-Paul le Divenah, à l’origine du projet.

Paris Notre-Dame : Pourquoi avoir créé un « groupe Captifs » sur votre paroisse ?

Jean-Paul le Divenah – J’ai été séduit par le principe des « tournées- rue » que l’association a présenté lors d’une réunion d’information, en 2013. Cette manière d’aller vers les personnes de la rue les « mains nues », pour tisser des relations gratuites, durables et de confiance, m’a touché. En tant que membre du conseil paroissial, j’ai tout de suite eu l’idée de proposer ce projet.

P. François Delpit – Aujourd’hui à Paris, on ne meurt plus de faim ni de froid. Ce que ces personnes attendent surtout, c’est une écoute, une chaleur humaine. Pour une paroisse, il est essentiel de vivre cette gratuité dans la rencontre. Jean-Paul n’a pas eu à me convaincre !

P. N.-D. – En quoi l’appui des Captifs est-il précieux ?

J-P. D. – Dès le début, ils nous ont aidés à passer à l’action. Ils m’ont formé sur le tas en m’entraînant dans leurs maraudes. Puis ils ont fait des tournées de repérage pour organiser les circuits dans notre quartier. Et après deux séances de formation, avec quelques bénévoles de 16 à 77 ans (nous avons un partenariat avec le lycée Lavoisier), on s’est lancé en décembre 2014.

P. F. D. – C’est une force de pouvoir bénéficier de l’expérience d’une association qui a trente ans de pratique. Toutefois c’est important que ce soit les paroissiens qui se prennent en charge et s’organisent pour vivre la charité du Christ très concrètement dans leur quartier. Je tiens à cette dynamique ecclésiale et paroissiale.

P. N.-D. – Une douzaine de bénévoles sur plus de 500 pratiquants du dimanche suffit-il à créer une dynamique ?

J-P. D. – Ça paraît peu ! Mais je crois que cette action portée par certains rejaillit sur tous les paroissiens. La joie du don est contagieuse.

P. F. D. – Et il n’y a pas que les douze bénévoles des tournées-rue, mais aussi ceux qui, chaque lundi, organisent un petit-déjeuner et, deux fois par an, des « prières-rue » (un déjeuner précédé d’une prière). Sans compter les volontaires du service d’entraide et ceux de la « fringuerie » (récolte et tri de vêtements). Chacun participe à sa manière, mais tous font l’expérience que les pauvres sont le trésor de l’Église.

P. N.-D. – Comptez-vous développer votre action ?

J-P. D. – On veut la prolonger en organisant des permanences d’accueil. Les personnes démunies pourront, par exemple, partager un café avec les bénévoles. Et si une demande est formulée – santé, hébergement, etc. – un travailleur social des Captifs sera là pour y répondre.

P. F. D. – Dans un premier temps, les paroissiens sont allés à la rencontre des gens de la rue. Maintenant, on veut proposer aux gens de la rue de rencontrer les paroissiens « chez eux ». Mais toujours dans une optique de gratuité car tout cœur en a soif. • Alexia Vidot

[1L’association Aux Captifs, la libération est soutenue par la Fondation Notre-Dame.

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