Les pères ont marché avec saint Joseph

Le 5e pèlerinage des pères en l’honneur de saint Joseph a eu lieu à Paris, samedi 21 mars 2015. Des milliers d’hommes ont répondu présents.

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Les pèlerins ont gravi silencieusement les marches qui mènent à la basilique.
© Pauline Quillon

Ils envahissent peu à peu, sac au dos et baskets aux pieds, l’église St-Augustin (8e). Ces pères de famille, âgés de 30 à 65 ans, entonnent avec ardeur des chants religieux. Près de l’autel surélevé trône une statue de saint Joseph, patron des familles. « Cette année, 65 chapitres ont marché jusqu’à St-Augustin. L’année dernière, il y en avait 50. Et les chapitres s’étoffent ! », constate, joyeux, Laurent Glaenzer, organisateur de l’événement et paroissien de St-François- Xavier (7e).

Lutter contre le « déclinisme »

Certains prennent des notes, mais tous suivent avec attention l’enseignement du P. Matthieu Rougé, curé de St-Ferdinand des Ternes (17e), qui les invite à lutter contre le « déclinisme » en devenant des hommes « de conviction et de propositions » [1]. Après les applaudissements nourris, les hommes descendent dans la crypte où quelques mères de famille leur servent une soupe chaude. Avec bonhomie, ils comparent leurs parcours respectifs : les uns viennent de la paroisse d’à côté, d’autres de Vanves. « Nous avons fait des stations dans différentes paroisses avant d’arriver ici », raconte l’un. Les plus éloignés ont fait une partie du trajet en train. Dans un joyeux brouhaha, les pères s’installent par chapitre dans l’église basse de St-Augustin. Installés en rond par terre, à côté de l’autel, ou assis sur des bancs, ils sortent du sac des pique-niques qu’ils partagent, et débouchent des bouteilles de vin. Christophe est chef du chapitre Ste-Thérèse de Boulogne depuis le début : « Le pèlerinage est un endroit où on apporte ses fardeaux, un lieu d’échange et de partage », témoigne-t-il.

Des Parisiens à leur fenêtre

Vers 19h30, les pères de famille font bloc derrière la statue de saint Joseph et attendent docilement le signal de départ. Puis, le cortège commence sa montée vers Montmartre. Il est accompagné de « Je vous salue Joseph », de « Nous te saluons, Ô toi Notre-Dame », chantés à tue-tête pendant que les passants éberlués prennent des photos, que les Parisiens se mettent à la fenêtre et que des curieux arrêtent les pèlerins. « C’est une marche militante ? », interroge un jeune homme. « Non, c’est une procession des pères de famille en l’honneur de saint Joseph ! » « Ah ! Bon pèlerinage, alors ! »

Vers 21h, les hommes montent silencieusement les marches du Sacré-Coeur (18e), puis s’avancent les uns après les autres devant le Saint-Sacrement. Alors que la chorale chante avec vigueur, ils s’agenouillent un à un et déposent dans des corbeilles les intentions de prière de leur marche. La basilique est bientôt comble : femmes et enfants sont venus rejoindre les pères de famille pour prier avec eux. Pendant ce temps, des prêtres confessent en continu dans les allées latérales. Enfin, à 22h, Mgr Renauld de Dinechin, évêque auxiliaire de Paris, accompagné d’une vingtaine de prêtres et d’une dizaine de servants de messe, préside la messe. Dans son homélie, il rappelle à une foule silencieuse la beauté de la mission paternelle : « Un bon père sait attendre, pardonner, mais aussi corriger sans humilier, protéger sans se ménager. Au cœur de la paternité, il y a cette capacité à espérer dans l’autre. » • Pauline Quillon

[1Matthieu Rougé, L’Église n’a pas dit son dernier mot, Petit traité d’antidéfaitisme catholique, Éd. Robert Laffont, 2014

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