Les réformés de Suisse formeront désormais une seule Église nationale

Réunis en assemblée extraordinaire, les délégués de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (des Églises cantonales) ont ratifié leur nouvelle constitution. La faîtière deviendra l’Église évangélique réformée de Suisse à partir du 1er janvier 2020. L’Église méthodiste, pour sa part, hésite, car « nous ne pensons pas pouvoir nous identifier, à l’avenir, au nom complet, car nous sommes évangéliques, mais pas réformés ».

Les réformés de Suisse formeront désormais une seule Église nationale
Réunis en assemblée extraordinaire, les délégués de la Fédération des Églises protestantes de Suisse ont ratifié leur nouvelle constitution. La faîtière deviendra une Église nationale à partir du 1er janvier 2020. Par Laurence Villoz

« C’est un aboutissement historique extrêmement réjouissant », s’enthousiasme Esther Gaillard, vice-présidente du Conseil de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), mardi 18 décembre, à Berne. À 62 voix contre une et une abstention, les délégués de la FEPS ont adopté, en troisième lecture, leur nouvelle constitution, après des années de discussion. Elle entrera en vigueur dès le 1er janvier 2020 et la faîtière prendra le nom d’Église évangélique réformée de Suisse (EERS). Une modification porteuse de nombreux changements.

Alors que les Églises cantonales sont rassemblées actuellement en fédération, dans la nouvelle constitution elles formeront une Église. Ce changement de structure vise à créer une identité conjointe aux niveaux paroissial ou régional, cantonal et national. De plus, la direction deviendra tripartite répartie entre le synode (actuelle assemblée des délégués), le Conseil et le président. Actuellement, le président n’était qu’à la tête de l’exécutif. « Pour les protestants en Suisse, cela signifie qu’on appartient à la même Église. Bien au-delà de la paroisse, on forme une grande communauté. Et vis-à-vis de l’extérieur, cela nous offre une voix d’importance nationale », explique Gottfried Locher, président de la FEPS.

« Ce n’est pas seulement un changement d’étiquette, ce qui est vraiment important concerne le fonctionnement du synode », explique Pierre de Salis, futur président de l’assemblée de délégués dès 2019. « Les Églises membres auront plus de poids. Nous souhaitons que le synode débatte plus largement de questions théologiques, sociétales, œcuméniques et communicationnelles », précise Gottfried Locher. Cet aboutissement ne s’est pas déroulé sans embûche. La pasteure Claudia Haslebacher, qui a présidé l’assemblée des délégués ces deux dernières années et arrive au terme de son mandat, a comparé le chemin menant à l’adoption de la nouvelle constitution à une course de montagne. « Le parcours que nous avons effectué, avec ses difficultés et ses intenses débats, nous a permis d’arriver à ce vote très net aujourd’hui », ajoute Gottfried Locher.

Les méthodistes indécis
Si le vote n’a suscité aucun débat ce jour-là, le délégué Markus Hafner de l’Église méthodiste a tenu à faire part de ses réticences quant au nouveau nom de l’actuelle faîtière, un sujet qui avait largement fait débat ces précédentes années. « Nous soutenons l’adoption et nous nous réjouissons du caractère ecclésial voulu. C’est une nouvelle étape dans la communion d’Églises. Toutefois, nous ne pensons pas pouvoir nous identifier, à l’avenir, au nom complet, car nous sommes évangéliques, mais pas réformés ». Durant l’année 2019, les Églises membres de la FEPS devront ratifier cette constitution au sein de leur propre synode.

Après l’adoption de la constitution, la journée s’est poursuivie dans la fête avec un culte à l’église française de Berne, puis un repas, entrecoupé de discours et d’interludes musicaux, au restaurant Zum Äusseren Stand, en plein centre de la capitale.

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