Les religions pendant et après l’épreuve

Le 23 juin, l’Institut des Hautes études du monde religieux (IHEMR), en partenariat avec le Collège des Bernardins, organise un débat réunissant les présidents des principaux cultes en France pour une relecture de ce temps d’épreuve lié à l’épidémie de Covid-19. Quelles leçons les religions tirent-elles de cette crise ? Quels regards portent-elles sur l’avenir ? Présentation de cette soirée avec Xavier Guézou, délégué général de l’IHEMR.

Xavier Guézou est délégué général de l'IHEMR
Xavier Guézou est délégué général de l’IHEMR
© D.R.

Paris Notre-Dame – Mgr Éric de Moulins- Beaufort, Mohammed Moussaoui, Haïm Korsia… Les présidents des principaux cultes en France seront présents pour cette soirée qui aura lieu en direct sur les réseaux sociaux du Collège des Bernardins. Pourquoi cette rencontre ?

Xavier Guézou – Chaque année, nous clôturons notre session nationale de formation de l’IHEMR par une rencontre avec les représentants des cultes en France au Collège des Bernardins. Cette année, pour la première fois en 7 ans, tous les présidents seront là. Cette soirée est exceptionnelle à plusieurs titres : à cause de la période particulière que nous venons de traverser. Parce que nous ne pourrons nous réunir dans le grand amphithéâtre et que nous passerons par les réseaux sociaux, avec la possibilité de faire intervenir les internautes. Enfin, parce que, plutôt que d’avoir un état des lieux de leur confession, nous avons demandé à nos invités de parler de l’épreuve que nous venons de traverser, des expériences vécues, bonnes ou moins bonnes, et de ce qu’ils ont envie de dire à leurs contemporains…

P. N.-D. – Ce débat sur le monde « d’après » a déjà été abordé par des intellectuels, des politiques… Qu’est-ce que les religions peuvent en dire de particulier ?

X. G. – Les traditions religieuses ont une grande expérience de la notion d’épreuve et une grande mémoire de temps difficiles vécus, soit personnellement, soit en commun. Ces épreuves font que l’homme, souvent, pense que quelque chose le dépasse. Une forme de transcendance. C’est le cœur même du religieux. Les religions ont cette capacité, ce réflexe même, de relire les grands récits relatant des épreuves, de les mettre en écho avec la vie de chacun, afin que ce présent s’incarne et s’inscrive dans l’histoire. Une histoire qui nous éclaire. C’est ce qui m’intéresse et c’est sans doute pour cela que nos invités ont accepté avec autant d’enthousiasme d’être présents cette année. Ils ont des choses à dire, que nous devons entendre.

P. N.-D. – Les religions ont cette capacité d’interroger le réel, de donner un sens à cette crise ?

X. G. – Elles ont une approche qui, en réalité, est profondément anthropologique, afin d’essayer de comprendre ce qui nous arrive. Et de tirer de tout cela un miel, qui peut nourrir la réflexion pour le bien commun. Se priver de cette approche serait se priver d’une sagesse. Attention, nous ne sommes pas dans le domaine de la foi. Mais qu’est-ce que des personnes qui passent leur vie à méditer des textes et à prier depuis des millénaires, qui sont héritières d’une histoire avec ses grandeurs mais aussi ses erreurs, ont à nous dire de cette épreuve ? Certes, les religions n’ont plus le monopole de l’interprétation symbolique des choses. Mais cela ne veut pas dire qu’elles n’ont plus rien à dire à ce monde.

Propos recueillis par Priscilia de Selve@Sarran39

« En France particulièrement, l’organisation de l’espace public dans un contexte global d’acculturation religieuse et d’émergence de nouvelles pratiques vient régulièrement mettre en tension le politique et le monde de l’entreprise : les décideurs comme les acteurs se retrouvent souvent en position d’inconfort, désarmés face à des problématiques nouvelles dont le traitement nécessite une bonne culture légale, laïque et religieuse. » (extrait du site internet ihemr.org) L’Institut des Hautes Études du Monde Religieux a été fondé en 2013 afin de former les personnes en responsabilité (hauts fonctionnaires, élus locaux, chefs d’entreprises…) sur les religions et la laïcité. Créé à l’initiative de l’État et des représentants des cultes en France, sa gouvernance mixte réunit le bureau central des cultes du ministère de l’Intérieur, l’Observatoire de la laïcité et les représentants des cultes en France (Conférence des évêques de France, Consistoire centrale, Conseil français du culte musulman, Fédération protestante de France…).

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