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Les saints patrons des JMJ : saint Juan Diego

Les saints patrons des JMJ : saint Juan Diego

Il était un doux messager de Marie et montrait un amour profond pour le service de la Mère de Dieu. Il a appris à rester docile aux commandements qu’elle lui donnait, et courait promptement porter le message de Marie à son évêque sans aucun délai. La Vierge Marie elle-même a plaidé pour que tous puissent croire son message. Par le modèle de Juan Diego nous pouvons apprendre à rester docile à la volonté de Dieu et à accomplir cette volonté sans délai pour que sa grâce puisse nous combler.

VIE

Selon la tradition, il est né en 1474 dans l’État de Mexico, à Cuautitlán, une ville aztèque à 20 km au nord de Tenochtitlan (aujourd’hui Mexico). Le nom donné à sa naissance - Cuauhtlatohuac - signifie « aigle parlant », en langue nahuatl.
Il est connu pour être le “petit indien” à qui est apparu cinq fois la Vierge Marie (du 9 au 12 décembre 1531) sur le Mont du Tepeyac. Pauvre, honnête, laborieux, aimable et très religieux, il se convertit au christianisme et est baptisé avec son épouse en 1525 par les missionnaires franciscains. Dès lors, il ne manque jamais à la catéchèse ou « doctrine », ou à la messe dominicale. Après les apparitions il vit dans une maisonnette près de la Basilique, nouvellement construite, de Notre Dame de Guadalupe. Il meurt en 1547, est béatifié en 1990 et canonisé en 2002 par le Pape Jean Paul II.
Le « Nican Mopohua » (« Ici, il est raconté » dans la langue Náhualtl) est le récit contemporain de Juan Diego lui-même dans lequel les apparitions sont racontées, mais c’est surtout le témoignage de l’évangélisation d’une culture où l’aide de Dieu et de la Vierge Marie est évidente. Son déroulement est bien connu, et il rapporte :
- La première apparition de la Vierge Marie, qui s’identifie elle-même comme telle, et parle avec tendresse à Juan Diego avant de le charger de demander á l’évêque du Mexique de construire un temple au pied de la colline du Tepeyac.
- L’entrevue avec l’évêque Fray Juan de Zumárraga, qui le fait attendre longtemps avant de le recevoir et refuse de le croire.
- La seconde apparition, dans laquelle il demande naïvement à la Vierge Marie d’envoyer un autre messager plus important, pour voir si l’évêque y croit. Elle insiste pour qu’il retourne de nouveau pour le voir : cette fois, il semble le croire, mais il lui demande une preuve.
- Surgit la grave maladie de son oncle Bernardino, et Juan Diego court pour trouver un médecin et un prêtre pour l’assister. Encore une fois la Vierge apparaît et lui ordonne de collecter et de porter des fleurs à l’évêque dans sa « tilma » (manteau).
- Ainsi fait Juan Diego, malgré les difficultés qui lui ont été posées pour obtenir une nouvelle entrevue, et quand il ouvre sa tilma pour présenter les fleurs, l’image connue aujourd’hui comme Notre Dame de Guadalupe apparaît dans les fleurs. Ému, l’évêque tombe à genoux et promet de construire le temple demandé dans le message reçu.
- Toute la ville vénère l’image. Juan Diego rencontre de nouveau la Vierge Marie, et son oncle malade guérit.

Voici un résumé de la partie centrale du Nican Mopohua :
« Lorsqu’il arriva au pied de la colline connue sous le nom de Tepeyac, le jour parut et il entendit chanter sur la colline, comme un chant de différents beaux oiseaux.
Occasionnellement la voix des chanteurs s’arrêtait et il semblait que l’écho répondait. Le chant, très doux et délicieux, était plus beau que celui du coyoltotol, du tzintizcan et d’autres beaux oiseaux. Juan Diego s’arrêta pour voir et se dit à lui-même “Par chance, suis-je digne de ce que j’entends ? Peut-être suis-je en train de rêver ? Suis-je réveillé ? Où suis-je ? Peut-être suis-je dans ce paradis terrestre dont nous parlaient nos ancêtres ? Peut-être suis-je maintenant au ciel ?”
Il regardait vers l’est, vers le haut de la colline d’où venait ce précieux chant céleste ; puis, subitement le chant s’arrêta et le silence régna. Il entendit alors une voix venant de la colline qui lui disait : “Juanito, Juan Dieguito” Il s’inclina devant elle et il entendit son souffle, sa parole, douce et courtoise, comme quelqu’un qui vous attire et vous plaît profondément. Elle lui dit : “Juanito, le plus humble de mes fils, où vas-tu ?” Il lui répondit “Madame, ma Reine, ma Fille, je dois atteindre ton Eglise à Mexico, Tlatilolco, afin de poursuivre les choses divines qui nous sont enseignées et données par nos prêtres et nos délégués et Notre Seigneur.”
Elle lui parla alors ainsi : “Sache et comprends bien, le plus humble de mes fils, que je suis la toujours vierge Sainte Marie, Mère du Vrai Dieu pour qui nous existons, du Créateur de toutes choses, Seigneur du ciel et de la terre. J’aimerais qu’une église soit érigée ici, rapidement, afin que je puisse vous montrer et vous donner mon amour, ma compassion, mon aide et ma protection, parce que je suis votre mère miséricordieuse, à vous, à tous les habitants de cette terre et à tous ceux qui m’aiment, m’invoquent et ont confiance en moi. J’écoute leurs lamentations et je remédie leurs misères, leurs détresses et leurs peines.
Afin d’accomplir ce qu’exige ma clémence, va au palais de l’évêque de Mexico et tu lui diras que je manifeste un grand désir qu’ici, sur cette plaine, une église soit construite en mon honneur ; tu lui raconteras dans les moindres détails tout ce que tu as vu et admiré et ce que tu as entendu.
Sois assuré que je te serai extrêmement reconnaissante et que je te récompenserai, parce que je te rendrai heureux et digne de récompense pour les efforts et la fatigue que tu vas endurer pour cette mission. Voilà, tu as entendu mes instructions, mon humble fils, va et fais tous tes efforts.” (...)
Ayant pénétré dans la ville, il se rendit directement et sans délais, au palais épiscopal où venait d’être nommé un nouveau prélat, le Père Juan de Zumárraga, un Religieux Franciscain.
En entrant, il s’inclina et s’agenouillant devant l’évêque il lui transmit le message de la Dame du ciel. Il lui raconta aussi tout ce qu’il avait admiré, vu et entendu.
Après avoir écouté sa narration et son message, l’évêque trouva cela incroyable ; il lui dit alors : ”Tu repartiras, mon fils et je t’écouterai avec calme une autre fois. Je reprendrai tout depuis le début et réfléchirai sur les vœux et les désirs pour lesquels tu es venu.” Il s’en alla et paraissait triste car le message n’avait pas été accompli sous toutes ses formes. Il rentra le même jour. Il revint directement au haut de la colline et rencontra la Dame du ciel qui l’attendait à l’endroit où il l’avait vue la première fois. En la voyant, il se prosterna devant elle et lui dit “Madame, la plus petite de mes filles, mon Enfant, j’ai été là où tu m’as envoyé afin de me conformer à tes instructions. J’ai parfaitement compris de par la façon dont il m’a répondu qu’il pensait que ton désir d’avoir une église qui te soit consacrée est une invention de ma part, et que ce n’est pas ton ordre, aussi je te supplie fortement, Madame, de confier l’accomplissement de ton message à quelqu’un d’important, de connu qui inspire le respect et l’estime, afin qu’on le croie ; parce que je ne suis rien, je suis une petite ficelle, une minuscule échelle, une queue, une feuille et toi, ma petite Vierge, mon Enfant, la plus petite de mes enfants, ma Dame, tu m’as envoyé à une place que je ne fréquente jamais ni ne m’y repose. Je t’en prie, pardonne-moi ce grand désagrément et ne sois pas irritée, Madame.
La Vierge Marie répondit : ”Ecoute, ô le plus petit de mes fils, tu dois comprendre que j’ai de nombreux serviteurs et messagers à qui je peux confier l’accomplissement de mon message et l’exécution de mon désir, mais c’est toi précisément que je sollicite et demande de m’aider afin que par ta médiation mon vœu soit accompli. Je t’implore ardemment, toi le mineur de mes fils, et avec fermeté je t’ordonne d’aller demain voir l’évêque. Tu y vas en mon nom et tu lui fais connaître mon vœu intégral selon lequel je lui demande de commencer la construction d’une église. Et dis-lui aussi que c’est Moi, en personne, la toujours-vierge, Sainte Marie, Mère de Dieu qui t’ai envoyé” Juan Diego répondit : “Madame, mon Enfant, je ne veux pas te faire de la peine. Joyeusement et de plein gré j’obéirai à tes instructions. Sous aucune condition je ne manquerai de le faire ; j’irai accomplir ton désir car non seulement le chemin est pénible mais peut-être que je ne serai pas écouté avec plaisir, ou si on m’écoute on ne me croira peut-être pas. Demain dans l’après-midi, au coucher du soleil, je reviendrai te porter la réponse de ton message au prélat. Je prends maintenant congé de toi, le plus petite de mes enfants, mon Enfant et Madame. Repose-toi entre-temps” Il s’en alla se reposer chez lui.
Le jour suivant, un dimanche, il quitta la maison avant l’aube, et prit le chemin de Tlatilolco, afin d’être instruit des choses divines et d’être présent à l’appel, après quoi il irait voir le prélat. (...)
A peine fut-il arrivé qu’il essaya ardemment de voir l’évêque. Après encore beaucoup de difficultés il parvint à le voir. Il s’agenouilla à ses pieds. Il s’attrista et pleura pendant qu’il exposait les instructions de la Dame du ciel demandant à Dieu de lui accorder qu’on croie à son message et au vœu de l’Immaculée pour qu’un temple soit construit là où Elle le voulait. L’évêque, afin de se rassurer, lui posa beaucoup de questions, lui demandant où il l’avait vue et comment elle était. Il décrivit le tout à la perfection à l’évêque. Malgré les explications précises de son apparence et de tout ce qu’il avait vu et admiré, qui en soi indiquait qu’elle était la toujours-vierge Sainte Mère du Sauveur, Notre Seigneur Jésus-Christ, il ne lui accorda néanmoins aucun crédit lui disant que pour sa requête il lui fallait faire ce qui lui était demandé.

SPIRITUALITE

Des nouvelles biographiques, et du récit des apparitions, spécialement dans ses dialogues avec la Vierge marie, nous pouvons présenter la spiritualité de Juan Diego avec quatre traits fondamentaux :

RELIGIOSITE

Dès avant son baptême, Juan Diego était un homme profondément religieux, qui se sentait en présence de Dieu et se souciait de lui plaire. Sa conversion au christianisme fut également profonde et sincère, trouvant dans l’Eglise et la catéchèse le Dieu de Jésus-Christ, se consacrant à son service, et prenant soin de sa formation chrétienne et de la pratique des œuvres de miséricorde. La foi, l’église, la prière, la liturgie et sa vie sont inséparables de la vie des premières communautés chrétiennes de Jérusalem et, comme en témoigne la personne de Juan Diego, le sont aussi à l’aube de l’évangélisation du nouveau continent américain.

LA DÉVOTION A LA VIERGE MARIE

La relation entre la Vierge Marie et Juan Diego, reflétée par leur dialogue, est réellement touchante. Il reconnait dans la Vierge Marie une figure maternelle, il sent pour elle une filiale confiance, il la traite avec vénération et tendresse, la reconnaît comme la Mère de Dieu et la Reine, il est disposé à toujours faire ce qu’elle lui demande... La Vierge Marie est pleine d’Amour, regarde avec compassion ses enfants, leur offre secours et salut, elle veut les consoler dans leurs pleurs, leurs souffrances et leurs soucis... Ici est sans doute née la dévotion à la Vierge Marie qui a toujours marqué la piété populaire et la foi de l’Eglise en Amérique Latine.

HUMILITÉ

Juan Diego accepte humblement le mépris et la méfiance avec lesquels il est d’abord reçu dans la maison épiscopale, il ne se considère pas digne d’être choisi comme un messager, « Car en vérité je suis un paysan, je suis un mecapal, je suis un parihuela, je suis la queue, je suis une aile ; j’ai moi-même besoin d’être conduit, d’être pris sur les pentes, n’est pas lieu de mes promenades ou de m’arrêter là où vous m’envoyez, ma Petite Vierge Marie, ma plus petite fille, Dame, Fille... » ; « Je vous en supplie beaucoup, Oh ma Dame, ma Reine, ma petite fille, que l’un de nobles, estimé, qui soit connu, respecté, honoré, vous l’en chargé de conduire, qu’il porte votre aimable sourire, votre aimable parole pour le croire ». Mais le Seigneur exalté et appel aux humbles...

ESPRIT DE SERVICE ET SOLIDARITÉ

Il sert et obéit à Marie, à l’évêque, à ses serviteurs. Il se préoccupe de son oncle malade et l’assiste avec sollicitude, autant matériellement que spirituellement, donnant priorité à ce service humanitaire sans compromis et sans renoncer à la tâche reçue lors des apparitions. Il comprend que l’on ne peut pas séparer l’amour de Dieu et les autres, que les œuvres de miséricorde avec ceux qui souffrent sont primordiales pour le chrétien, et le met en pratique...

MESSAGE AUX JEUNES

Saint Patron des peuples autochtones
Modèle de foi et dévotion à la Vierge Marie
Modèle de service et des œuvres de miséricorde
Modèle d’écoute et de réponse à la voix de Dieu

Voir aussi