Les sœurs de Bethléem : femmes ermites au cœur de Paris

Elles ont choisi, depuis plus de trente ans, l’isolement et le silence en plein cœur de la capitale. A l’occasion de la Journée mondiale de la prière pour les vocations, Paris Notre-Dame s’est faufilé chez les sœurs de Bethléem, à l’église St-Honoré d’Eylau (16e).

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Photo Ombeline Sapin

On pourrait passer de­vant sans la voir. Sur la place Victor Hugo, l’égli­se St-Honoré d’Eylau (16e) est comme les femmes qu’elle abrite : discrète. Est-ce l’heure des vêpres, des matines ou de la messe qui vient de sonner ? Quel que soit l’office, le scénario est identique.

Vie du monde et vie cachée : le rendez-vous

A pas feutrés, les laïcs du quartier ou d’ailleurs avancent sur les grands tapis orientaux, en direction de l’imposant chandelier à sept branches qui trône devant l’autel. Les moniales du monastère N.-D. de la présence de Dieu sont déjà là, devant, silencieuses. Cachées sous leurs capuchons blancs et entourées d’une clôture formée par leurs chaises aux dossiers surdimensionnés, elles n’échangent pas un mot ni un regard avec les nouveaux venus. Et pourtant, leur accueil est évident. Cela tient-il au mélange étrange des cultures, symbolisé par des icônes, un fort usage de l’encens, ou aux accents des sœurs de onze nationalités différentes ?

« La beauté sauvera le monde »

Venue, comme à son habitude, de Fontenay-sous-Bois pour prier avec les sœurs, Anne-Marie est particulièrement touchée par la beauté des chants a capella : « leur paix et leur harmonie me transportent », confie-t-elle. Confortée dans ses convictions par ce témoignage, la prieure, Sr Priscille, chuchote les mots de l’écrivain russe Dostoïevski : « La beauté sauvera le monde. » « Mais pour la saisir, il faut s’arrêter de courir et réveiller nos sens endormis », ajoute-t-elle avec un sourire mêlé de gravité. S’arrêter : c’est sans doute le parti qu’ont pris les fidèles restés adorer l’après-midi ou encore la jeune femme au teint hâlé qui suit, à l’issue des vêpres, une sœur dans une pièce attenante. Les moniales reçoivent en effet les personnes qui souhaitent se retirer quelques jours pour soulager leur fatigue spirituelle ou physique. Très limitées dans leur capacité d’accueil, elles sont parfois obligées de réorienter les demandes de retraite vers le monastère de Ne­mours (Seine et Marne).

Une solitude en Dieu

Si chère à la famille monastique de Bethléem depuis sa naissance en 1950 – suite la promulgation du dogme de l’Assomption de la Vierge Marie – et à son père spirituel saint Bruno, la solitude reprend pour les moniales en dehors de ces trois offices communautaires. Que ce soit dans leur cellule, leur atelier d’artisanat d’icônes, de médailles, de pain, à la cuisine ou encore à l’hôtellerie, elles vaquent, silencieuses, à leurs occupations. « Tout cela en Dieu, comme Marie », explique en riant la jeune sœur hôtelière. • Ombeline Sapin

OFFICES OUVERTS A TOUS

- Samedi, 17h15 : vêpres.
- Dimanche, 9h30 : Eucharistie (avec les sœurs) ; 11h : messe paroissiale ; 13h30-16h : adoration du Corps et du Sang du Christ ; 16h30 : vêpres.
- Du mardi au vendredi, 8h30 : matines ; 9h30 : Eucharistie ; 12h30-18h30 : adoration ; 18h30 : vêpres.
- Adresse du monastère N.-D. de la Présence de Dieu : 2 rue du Mesnil, Paris (16e).
Contact : 01 45 01 24 48

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