Les vœux pieux et les défis

C’est d’abord dans nos citées terrestres que nous devons témoigner et être artisans de paix alors même que nous n’échappons pas aux passions et aux préoccupations de nos concitoyens, qui nous font manquer à la piété et à la dignité.
Après avoir présenté le défi d’être chrétien dans la cité, la semaine de prière pour l’unité des chrétiens est un autre défi qui nous est lancé comme chrétiens. Comment faire l’unité et la vérité dans l’Église afin de rendre crédible l’Évangile de Jésus Christ ? Posons la question au regard de trois situations qui regardent trois grandes familles d’Églises.

Dans le langage courant les vœux pieux sont ceux qui restent sans effets, mais dans le langage du nouveau testament la vertu de piété (d’eusebia) marque le respect et la déférence qui devraient fonder nos rapports ecclésiaux et sociaux. C’est ce dont nous avons besoin et je reprends le vœu que formule saint Paul : « J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité. Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur » (1Timothée 2, 1-3). C’est d’abord dans nos citées terrestres que nous devons témoigner et être artisans de paix alors même que nous n’échappons pas aux passions et aux préoccupations de nos concitoyens, qui nous font manquer à la piété et à la dignité.

Après avoir présenté le défi d’être chrétien dans la cité, la semaine de prière pour l’unité des chrétiens est un autre défi qui nous est lancé comme chrétiens. Comment faire l’unité et la vérité dans l’Église afin de rendre crédible l’Évangile de Jésus Christ ? Posons la question au regard de trois situations qui regardent trois grandes familles d’Églises. Premièrement, la prochaine publication par le patriarcat de Constantinople du décret (tomos) donnant son autocéphalie (indépendance d’une Église locale par rapport à une Église mère) à l’Église orthodoxe d’Ukraine, qui va lancer une fratricide compétition entre les quatorze Églises sœurs orthodoxes pour reconnaitre ou non la nouvelle Église, et se positionner pour ou contre Moscou ou Constantinople.

Ensuite aujourd’hui une partie du protestantisme évangélique n’échappe pas aux États-Unis ou au Brésil à la tentation d’influencer le pouvoir politique et de se transformer en soutien partisan, réjouissant une partie de la société civile et renforçant la défiance de l’autre.

Enfin dans l’Église catholique la mise sous le feu de l’actualité par la révélation des scandales d’abus sexuels, qui ont comme cause le dévoiement de l’autorité par certains clercs, ruine la confiance des fidèles et décrédibilise toute parole de l’Église sur la sexualité. Le Seigneur nous avertit : « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’il soit englouti en pleine mer » (Matthieu 16, 8) ; c’est le chef de l’Église qui nous rappelle à notre vocation et à notre responsabilité. « Ecclesia semper reformanda » cette locution signifie que l’Église a toujours à se réformer, elle exprime l’impératif de conversion personnelle, préalable aux éventuelles réformes plus institutionnelles, dont ont été capables certains de ses fils comme saint François, saint Bernard, sainte Thérèse, Luther, saint Pie V ou Calvin.
P. Jérôme BASCOUL

Éditorial

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse