Louis, 24 ans, ingénieur informaticien, catéchumène à Saint-Ambroise (11e)

« Ma grand-mère : c’est sans doute elle qui, la première, a semé en moi le désir de Dieu. Après elle, beaucoup de personnes m’ont aidé même si elles l’ignorent peut-être. La graine a poussé et pourtant j’ai grandi dans un milieu hostile à l’Eglise. Je ne me souviens pas qu’on parlait de Dieu chez moi, sauf pour critiquer l’Eglise. Ce que je connaissais de la religion se résumait à l’image négative que l’on me transmettait. Je crois que mes parents cherchaient à me protéger de ce qu’ils pensaient être un danger pour moi.

Un jour, j’avais 13 ou 14 ans, ma grand-mère nous a offert à ma sœur et moi un livre d’enfant sur la Bible. Le premier livre que j’ai lu avec plaisir. J’ai beaucoup aimé. Je ne me l’explique toujours pas : je comprenais qu’il ne s’agissait pas d’une histoire à dormir debout. J’avais l’intuition que des gens croyaient en ce récit et y fondaient leur vie. Par peur de la réaction de mes parents, je n’ai pas parlé de ma découverte. Il y avait en moi un désir latent d’aller plus loin, mais mon environnement familial n’était pas porteur. Avec les études, mon entourage changea. A l’ISEP, (Institut Supérieur d’Électronique de Paris), j’ai côtoyé des jeunes élevés dans la foi catholique. Nous en parlions peu, mais je voyais bien qu’ils témoignaient de Dieu par leur vie, leurs engagements, au sein même de l’école, auprès de personnes de la rue, de personnes handicapées. Ils étaient capables de donner de leur temps, de leur vie sans attendre de retour. Ils me semblaient redonner l’amour dont ils se sentaient aimés par leur Dieu. Je me contentais de les regarder, sans aller au fond des choses. Ils étaient joyeux même quand ça n’allait pas. J’admirais leur humilité à reconnaître leurs obscurités, – leurs péchés – ce qui faisait à mes yeux leur faiblesse et leur force. Tout cela venait de leur foi, pensais-je. Ces amis n’ont jamais cherché à me convertir, je n’ai jamais senti de prosélytisme de leur part, même lorsque je suis allé au pèlerinage de Chartres des étudiants, ou à la messe. A chaque fois, je ne pouvais m’empêcher d’émettre des critiques sur les rites auxquels j’assistais.

« Viens à la préparation au baptême. » Ces mots du curé, à St-Ambroise, ne m’ont pas effrayé. Personne ne m’avait forcé à le voir, je me sentais libre. De retour des JMJ de Cologne, où je suis parti avec l’Arche, j’ai pris la décision de suivre le catéchuménat. Première année laborieuse. Les rencontres me donnaient une joie fugace qui ne rejaillissait pas dans ma vie. La notion d’amour de Dieu n’avait pas de résonance en moi. Je me faisais violence pour aller à la messe. De tout, je me faisais une obligation. Le jour où j’ai osé ouvrir mon cœur à mes amis, où la peur d’être jugé m’a quitté, j’ai aussi commencé à m’ouvrir à l’Esprit. Je suis passé de l’obligation à l’adoration. Je ne voulais plus manquer la messe, je commençais à prier, à mettre de l’amour dans toutes les petites actions quotidiennes. Dieu, qui était une idée, est devenu un proche. N’est-ce pas lui qui était là, depuis la lecture de la première Bible à 14 ans ? Je sais que le baptême ne me rendra pas parfait. Pour moi, c’est un départ, un combat qui s’engage, mais un combat gagné d’avance par la Résurrection du Christ. »

Recueilli par C. F.

Article extrait de Paris Notre-Dame du 1er mars 2007

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