Maidday

Thu Van Tran

Face à l’église Saint-Séverin, la Galerie Saint-Séverin présente « Maidday », une exposition de Thu Van Tran.

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Infos
6 juillet au 30 septembre

Sur une proposition d’Alicia Knock, l’œuvre conçue spécialement pour la Galerie est présentée du 6 juillet au 30 septembre 2018. Une exposition visible jour et nuit, 4 rue des Prêtres-Saint-Séverin, Paris 5e. M° Cluny-la-Sorbonne, Saint-Michel.

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- Vernissage jeudi 5 juillet 2018 de 19h à 21h
Visuel : vue d’atelier avec rebut de cristal, caoutchouc, bois d’hévéa 2018. Photo Thu Van Tran

Direction : Olivier de Bodman - Programmation : Alicia Knock - Coordination  : Martine Sautory / Nathalie du Moulin de Labarthète
- Contact.

Maidday

Le point de vue de la commissaire

« Il eût suffi d’yeux plus ardents pour y voir » , (Philippe Jaccottet, A la lumière d’hiver)

« L’idée du rejet, de l’équilibre et du dévoilement est au cœur de l’exposition, qui a pour titre Maidday, nom du rassemblement silencieux d’une communauté de femmes à Hong Kong. Il prend la forme d’un photogramme qui semble abstrait mais dont l’origine est chargée. J’ai insolé des cartons provenant de ce sitting féminin silencieux. Ces femmes, domestiques, sont traditionnellement cachées de la vue à Hong Kong car elles ne correspondent pas à l’idéal que la ville souhaite véhiculer. Alors tous les dimanches elles se montrent à nous. C’est un sitting devenu un rendez-vous... une vitrine pour elles. » Thu Van Tran

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Maidday, photogramme, 2018 © Thu Van Tran

L’image indirecte, agie par le soleil, de ces femmes indésirables dans l’espace public est présentée face à nous, faisant de la vitrine une tribune politique dans l’espace public, mais aussi un appel à la délivrance comme l’indique phonétiquement le titre. Comme souvent dans le travail de Thu Van Tran, l’image est une empreinte qui vient transfigurer un contenu politique en un geste de cristallisation et d’écriture, objet intermédiaire de méditation, de délectation et d’engagement. Le photogramme, photographie absente chérie des surréalistes et ramenée à ses origines, est détournée au service d’une imagerie sociale elle-même affranchie de l’esthétique documentaire ou humaniste. De cette collision surgit la force paradoxale de l’image : ni fantôme, ni corps, mais trace au-delà, à la manière du Voile de Véronique. Etrangement, c’est une lumière bleue d’hiver qui semble s’allumer dans l’été : son éclat profond offert au dévoilement, mais aussi laissé à l’état d’opacité poétique.


Thu Van Tran

Née en 1979 à Ho Chi Minh Ville (VN), Thu Van Tran vit aujourd’hui à Paris (FR). Son travail a récemment été présenté à la dernière Biennale de Venise (IT), au Moderna Museet (SWD) ou encore au MAMAC (FR).
Elle est représentée par Meessen De Clercq (Bruxelles, BE), et prépare pour 2019 sa première exposition personnelle à la galerie Rüdiger Schöttle (Munich, DE).
Se basant sur une diversité de techniques et de matériaux, de l’écriture à la sculpture en passant par le film, Thu Van Tran se nourrit de sa propre expérience d’outsider – femme vietnamienne vivant en France – pour explorer avec incarnation, imaginaire et force plastique la question du déplacement tant physique que culturel ; notamment au travers de l’histoire coloniale, du déterminisme primitif ou social, de la survivance des langues. Sujets pertinents tant ils font écho au climat d’incertitude et d’exil de notre présent.
Son travail prend la forme de compositions sémantiques ou sculpturales qui s’inscrivent aussi bien dans les champs discursifs que contemplatifs.

- Le commentaire de Voir & Dire...

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