Martha Kayser : « Avec Philippe, j’ai vécu des moments de Ciel sur la Terre »

L’histoire d’amour de Martha et Philippe Kayser est à la fois extraordinaire et d’une simplicité déconcertante. Martha témoigne de la puissance de l’amour et de la joie présente en toute vie malgré le handicap puis le décès brutal de son mari en 2010.

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Martha Kayser
© D.R.

De grands yeux d’un gris bleuté, une légère pointe d’accent irlandais et surtout un rire lumineux qui s’envole vers le ciel comme pour alléger les souvenirs douloureux. Martha Kayser est l’un des grands témoins de la Veillée pour la vie qui aura lieu à Notre-Dame de Paris le 16 mai prochain. Si la vie ne l’a pas épargnée, cette mère de cinq enfants, grand-mère depuis peu, en est une fervente avocate. C’est son époux Philippe, handicapé moteur, décédé brutalement le 2 juin 2010, à la veille de leur vingt-et-unième anniversaire de mariage, qui lui a permis d’expérimenter intensément la valeur inestimable de toute vie humaine.

« J’ai vécu avec Philippe quelque chose qui me dépasse et je peux le dire, au risque de surprendre : oui, j’ai vécu des moments de Ciel sur la Terre », avoue-t-elle, s’excusant presque. Rien ne prédestinait pourtant cette jeune Irlandaise à rencontrer puis épouser Philippe. Ce qui marque Martha lors de leur première rencontre, ce sont « son regard, sa joie et son humour ». Face aux personnes handicapées, « notre sensibilité peut être heurtée car elles nous renvoient une vision déformée de nous-même. Avant de rencontrer Philippe, reconnaît-elle, je n’avais jamais eu de contact direct avec des personnes handicapées, j’avais même peur de les côtoyer. » Petit à petit, Martha se lie pourtant d’amitié avec ce jeune homme qu’elle trouve « beau et élégant » malgré ses difficultés d’élocution et son fauteuil roulant : « J’ai surtout découvert la richesse de sa vie spirituelle et sa manière d’accepter son handicap. Sa foi m’interpellait. »

Après plusieurs semaines de combat intérieur , Martha se rend à l’évidence : elle est tombée amoureuse de ce jeune homme et veut « passer le reste de sa vie en sa présence ». Et c’est le plus vulnérable aux yeux des hommes qui devient pendant vingt-et-un ans le pilier d’une famille nombreuse et joyeuse. Quand Martha demande à son mari, perclus de douleurs insupportables : « On va où comme ça ? », la réponse fuse : « On va vers le Ciel ! La victoire est acquise : quoi qu’il arrive, le Christ est déjà passé avant nous, nous n’avons plus rien à craindre. »

Pour Martha, Philippe est le parfait exemple de « l’­œuvre de Dieu dans une vie ». « Il vivait “en collocation” avec le Seigneur et c’est ce qui a marqué sa vie et celle des autres. » L’Irlandaise insiste : « C’est pour cela qu’il est si important de laisser une chance à chaque vie… Ce n’est pas tous les jours facile, mais il faut accueillir toute vie car on ne peut pas savoir comment Dieu va y œuvrer. » Riche de cette expérience, Martha témoignera à Notre-Dame, ce 16 mai, de la richesse de la vie pleinement accueillie et pleinement vécue : « Il faut croire en la vie, avec ses moments heureux et malheureux. Malgré les épreuves, et le désespoir qui m’a habitée un temps après le décès de Philippe, j’y crois profondément. »

Mathilde Rambaud

10e Veillée pour la vie, à Notre-Dame de Paris, le 16 mai à 19h30, sur le thème : La bioéthique au service de la vie.

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