Notre enjeu : améliorer la cohésion sociale

Paris Notre-Dame – Vous venez de prendre la présidence des Semaines sociales. Pourquoi avoir accepté cette mission ?

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Dominique Quinio, présidente des Semaines sociales de France.
© D. R.

Dominique Quinio – Les Semaines sociales, c’est une longue histoire de chrétiens laïcs engagés qui veulent dialoguer avec la société pour faire résonner l’enseignement social de l’Église, inspiré de l’Évangile. Cet engagement m’a semblé en continuité avec le travail de journaliste que j’exerçais dans le quotidien La Croix : scruter les signes des temps, les malheurs et les espérances de nos contemporains, comprendre, expliquer, mettre en lumière. J’ai le sentiment que les Semaines sociales sont plus que jamais nécessaires. Leur mission évolue avec le contexte social, sociétal et politique de la France d’aujourd’hui, avec ses inquiétudes, ses divisions, ses crispations. Les religions sont à la fois montrées du doigt et utiles pour établir des relations sereines entre les citoyens.

P. N.-D. – Quelle inflexion voulez-vous donner aux Semaines sociales ?

D. Q. – Je m’inscris dans la continuité de mes prédécesseurs. Je souhaite porter sur le monde un regard d’espérance, mais non pas naïf, qui ne craint pas de regarder la réalité et croit que les hommes sont capables de trouver des solutions. Laudato si’, du pape François, ce n’est pas de l’eau de rose. C’est exigeant, ça bouscule. Notre travail, c’est de mettre en lumière ces personnes qui travaillent à arranger le monde et à le construire au lieu de déplorer ce qui ne va pas. Cette attitude, dans une période où la France est hantée par le déclin, tentée de se renfermer sur elle-même, et frileuse dans la rencontre des autres, n’est pas très tendance.

P. N.-D. – Sur quoi portera la session annuelle, qui aura lieu à Paris les 19 et 20 novembre ?

D. Q. – Elle s’intitule « Ensemble, l’éducation ». Elle veut éviter d’en rester à la question scolaire qui mobilise beaucoup de spécialistes. L’éducation, c’est toute la vie. Plutôt que d’être dans un discours de méfiance, plutôt que d’accuser les professeurs ou les parents, nous souhaitons proposer à tous les acteurs de s’allier. C’est un enjeu majeur dans un monde tenté par l’exclusion réciproque : nous avons besoin de retrouver des lieux où des alliances se créent afin d’améliorer la cohésion sociale. Nous avons fait appel à de nombreux intervenants qui placent ce sujet au coeur de leurs préoccupations : le think tank Vers le haut, ATD Quart Monde, les Apprentis d’Auteuil, l’Enseignement catholique, les associations familiales. Nous avons, en plus, demandé à qui le souhaitait de livrer, sur une plateforme interactive, des propositions afin de mieux réussir le pacte éducatif dans notre pays. Nous soumettrons ensuite les propositions phare aux responsables politiques, afin de les porter au-delà de la session.

P. N.-D. – Comment comptez-vous élargir votre audience dans la société ?

D. Q. – Nous voudrions faire redécouvrir aux jeunes générations l’enseignement social chrétien, qui concerne toute la vie en société. Pour toucher au-delà des participants à la session, nous offrons la possibilité d’écouter les interventions en podcast (ssf-fr.org, ndlr), et pour favoriser la présence des jeunes actifs, nous proposons, cette année, un programme spécial famille. Ce qui m’importe, c’est que le trésor de la doctrine sociale de l’Église soit mieux connu, mieux partagé, car avec l’Écriture et la liturgie, ce corpus nous permet de grandir en tant que chrétiens dans la vie de tous les jours. • Propos recueillis par Pauline Quillon

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