« Nous annonçons le Christ, pas une religion »

Le mouvement d’évangélisation Anuncio fêtera ses 10 ans par une journée d’action de grâce, le samedi 14 avril, à la basilique du Sacré-Coeur (18e). L’occasion, pour son fondateur, Raphaël Cornu-Thenard, de nous parler de mission.

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© Charly Marlotte / Anuncio

Paris Notre-Dame – En 2008, vous fondiez le mouvement Anuncio. Sur quelle intuition ? Qu’est-elle devenue dix ans après ?

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Raphaël Cornu-Thenard, architecte, fondateur et président du mouvement Anuncio.
© Agnès de Gélis

Raphaël Cornu-Thenard – Avec quelques amis, en 2008, nous avons répondu à un appel reçu dans la prière, à nous organiser pour aller au-devant des personnes, partout en France, qui ne connaissent pas Dieu, ou s’en sont éloignées. L’intuition étant de n’oublier personne, à l’image d’un « râteau » que nous effectuerions dans un champ de blé – au sens de passer un terrain au peigne fin. Nous avons donc monté un premier camp itinérant, de la Sainte-Baume (Var) jusqu’à Paris, puis répondu à des appels, de la part de communautés catholiques ou de diocèses, à organiser diverses missions. L’idée étant de nous former d’abord, puis de partir en équipes pour évangéliser sur des plages, en ville, au Festival de Cannes…

Au bout de cinq ans, nous avons souhaité entrer plus en profondeur dans cette œuvre d’évangélisation directe. Nous organisons désormais, outre nos missions ponctuelles sur l’année, un seul festival l’été, dans le sud de la France, entourés d’artistes – musiciens et comédiens, entre autres – partant du principe que l’art et la beauté sont un moyen de dialogue avec de nombreux non-croyants. Nous nous sommes fondés plus spécifiquement sur cet axe : la mission comme expérience spirituelle personnelle, nourrie par les sacrements, la louange et l’oraison. Aujourd’hui, nous nous attachons à partager notre expérience avec les communautés, les paroisses, à Paris et ailleurs, en proposant des formations mais aussi en organisant, depuis trois ans, avec d’autres acteurs, le Congrès Mission – qui réunit un millier de chrétiens autour de la nouvelle évangélisation.

P. N.-D. – Que signifie pour vous le mot « mission » en France, dans un contexte laïc marqué ?

R. C.-T. – L’émulation autour du Congrès Mission – 500 personnes en 2015, 4000 attendues en 2018 – est le signe d’un fort réveil missionnaire. Beaucoup de catholiques ont à cœur de rencontrer leurs contemporains et de sortir de leurs églises. Une étude récente [1] sur le rapport des jeunes adultes à la religion a montré qu’un certain nombre d’entre eux se disant « sans religion », entretenaient malgré tout un lien avec Dieu. Notre pays se laïcise et nombre de nos concitoyens ne savent même plus ce qu’est l’Église. Mais leur cœur a toujours une soif fondamentale d’être comblé. Seulement pour eux, bien souvent, le mot « religion » est mortifère. Nous n’annonçons pas d’abord la religion catholique, mais la personne du Christ, Dieu qui se rend proche et accessible. Avec nos propres maladresses et nos complexités, nous témoignons simplement de ce qu’est la vie avec lui. Bien souvent, nous ne savons pas comment nous y prendre : c’est toujours difficile de rejoindre et de comprendre les attentes profondes des personnes. Quelque part, nous sommes des « bras cassés » de l’évangélisation, qui cherchons Dieu tout en allant le partager avec d’autres, sous l’action de l’Esprit Saint.

Propos recueillis par Laurence Faure

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Le 14 avril à la basilique du Sacré-Coeur (18e) aura lieu une journée d’action de grâce et de mission, de 11h à 23h. Messe à 17h30, ouverte à tous.

Contact :
page Facebook Anuncio ou www.anuncio.fr ; 09 54 02 43 29.

[1À retrouver sur icp.fr

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