« Nous devons réclamer la paix »

Paris Notre-Dame – Pourquoi la communauté de Sant’Egidio s’est-elle réunie dans la cathédrale N.-D. de Paris, dimanche 1er janvier, dans l’après-midi ?

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Christophe Hartmann, membre de la communauté de Sant’Egidio à Paris, et organisateur de l’événement pour la paix du 1er janvier.
© D. R.

Christophe Hartmann – Dans le monde entier, et à Paris pour la quatorzième fois, la communauté a organisé un événement dans le cadre de la Journée mondiale pour la paix, voulue par Paul VI en pleine guerre du Vietnam, en 1968. De son côté, le professeur Andrea Riccardi, qui a fondé la communauté de Sant’Egidio en Italie, également en 1968, dit souvent que la guerre est mère de toutes les pauvretés. Aussi, dans son action quotidienne, la communauté œuvre-t-elle pour instituer la paix. Nous agissons aussi bien auprès des sans domicile fixe ou des sidéens en Afrique, que contre les conflits dans le monde, comme au Mozambique. Nous sommes également engagés sur le chemin du dialogue interreligieux initié par Jean- Paul II à Assise. Les événements pour la paix que la communauté organise sont en cohérence avec toutes ses actions, car elle se veut artisan de paix.

P. N.-D. – D’où vient cette sensibilité de votre communauté à cette question de la paix ?

C. H. – Vous pouvez fournir beaucoup de médicaments et de nourriture à un pays, si la guerre persiste, vous ne faites que poser un pansement. Pour nous, il n’y a pas de limite à notre action et s’il le faut, nous n’hésitons pas à nous adresser à un ministre, à un homme d’État. Nous cherchons à mettre les belligérants autour d’une table pour qu’ils transforment leurs affrontements en discussion. Nous avons conscience de faire partie d’une Église universelle, sans frontières.

P. N.-D. – Comment s’est déroulée la quatorzième édition de l’événement pour la paix à Paris ?

C. H. – Pour des raisons de sécurité, nous avons choisi d’organiser, non une marche comme souvent, mais un événement dans N.-D. de Paris. Un réfugié a témoigné et l’appel d’Andrea Riccardi pour Alep a été lu dans la cathédrale. Comme tous les ans, nous avons terminé par l’appel de la paix reprenant des passages du message du Saint-Père, et nous avons proposé aux gens d’y adhérer en la signant. Chaque année, nous sommes entre cent et cent cinquante personnes. C’est assez peu. La plupart des chrétiens ne savent pas que le 1er janvier est une journée pour la paix. C’est le plus souvent une journée de repos et de rassemblement familial dans cette période de fêtes et les Européens ne se sentent pas tellement concernés par cette question. Le grand apport de l’Union européenne est sans doute la paix, qui nous apparaît comme une situation normale. Mais il faut rester conscient que la paix en Europe est récente et fragile et que, par solidarité, nous devons la réclamer pour tous les pays touchés par les violences. • Propos recueillis par Pauline Quillon

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