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Orient : « Prier pour la paix n’est pas un doux rêve »

Le jour des Rameaux, le dimanche 25 mars, l’Œuvre d’Orient propose à toutes les paroisses françaises qui le souhaitent de prier pour la paix, simultanément avec les chrétiens d’Orient. Les explications de Mgr Pascal Gollnisch.

Paris Notre-Dame – Cette journée de prière simultanée en France et en Orient aura lieu dimanche 25 mars. Pourquoi ?

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Mgr Pascal Gollnisch est directeur de l’Œuvre d’Orient et vicaire général de l’Ordinariat des catholiques orientaux de France.
© Laurence Faure

Mgr Pascal Gollnisch – La solennité de l’Annonciation, traditionnellement célébrée le 25 mars [1] est, depuis 2010 au Liban, une fête nationale commune pour les chrétiens et les musulmans, entérinée par le Conseil des ministres. Cela signifie une chose : si les religions ont suffisamment d’indépendance par rapport au politique, elles sont forces de paix et non sources de conflits. Là-bas, cette journée est devenue un instrument de paix significatif. Parallèlement, cette année, le 25 mars tombe le dimanche des Rameaux : jour où nous, chrétiens, célébrons Jésus acclamé comme roi, avant qu’il ne vive sa Passion, qui s’est déroulée à Jérusalem, soit en Orient. La fête des Rameaux, comme la Semaine sainte, est ainsi un temps où les chrétiens d’Occident peuvent se rendre particulièrement proches de leurs frères d’Orient.

P. N.-D. – L’avènement de la paix dans ces régions paraît parfois illusoire...

P. G. – La paix est le désir profond de toute population persécutée ou en situation de conflit, de l’Égypte à l’Irak. Ce n’est pas simplement nous, chrétiens d’Occident, qui plaquons un désir de paix car nous souhaitons du bien à toute personne dans la détresse : nous faisons plus que cela. Par notre prière, nous rejoignons très concrètement le désir profond de la population. Prier pour la paix est un acte de foi. Nous avons eu la preuve très concrète, que ce soit en Syrie, en Irak ou ailleurs, que l’exercice de la violence ou celui de la revanche, n’est jamais une solution. Au contraire, parce que nous laissons Dieu agir et guider nos cœurs, nos actions, qu’elles soient sociales, humanitaires ou politiques, iront vers la paix. La problématique est tout à fait concrète. Ce n’est pas un doux rêve.

P. N.-D. – La guerre en Syrie a fait plus 350 000 morts [2] en sept ans. Quels sont vos échos du terrain ?

P. G. – Nous sommes face aux atrocités d’une guerre civile extrêmement violente, dans un camp comme dans l’autre. Aujourd’hui, hors des zones de combat, dans les villes d’Alep, d’Homs ou de Lattaquié, les habitants sont tournés vers la reconstruction, qui est effective. Et les chrétiens s’impliquent. Le premier besoin est de reconstruire les âmes, de leur redonner une espérance : un avenir est possible car Dieu est là. Il y a aussi urgence à soigner les malades, les blessés, les familles endeuillées. Les institutions chrétiennes de santé et d’éducation sont ainsi devenues encore plus essentielles qu’auparavant.

Propos recueillis par Laurence Faure

Participer le 25 mars

Les paroisses pourront :

  • Lire des intentions de prière spécifiques proposées par l’Œuvre d’Orient, en lien avec le patriarche syriaque catholique S.B. Ignace Joseph III Younan et S.B. Louis Raphaël Sako, patriarche des Chaldéens.
  • Proposer à des Orientaux de réciter la prière du Notre Père ou de chanter dans leur langue.
  • Diffuser les vidéos de célébrations des Rameaux en Irak, au Caire (Égypte) et à Alep (Syrie), publiées sur oeuvre-orient.fr. Contact : 01 45 48 54 46.

[1Cette année, la fête de l’Annonciation est reportée au 9 avril.

[2Observatoire syrien des droits de l’homme, mars 2018.

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