passant, penses-tu passer par ce passage

Estefanía Peñafiel Loaiza

Face à l’église Saint-Séverin, la Galerie Saint-Séverin présente pour la Nuit Blanche 2019 « passant, penses-tu passer par ce passage », une exposition d’Estefanía Peñafiel Loaiza.

Infos
1er octobre au 1er décembre

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La Galerie Saint-Séverin présente « passant, penses-tu passer par ce passage », une exposition d’Estefanía Peñafiel Loaiza. Alicia Knock, commissaire.

Exposition visible jour et nuit du 1er octobre au 1er décembre 2019
4 rue des Prêtres-Saint-Séverin, Paris 5e. M° Cluny-la-Sorbonne, Saint-Michel.

- Vernissage mardi 1er octobre 2019 de 18h30 à 21h

Direction : François Drouin - Programmation : Alicia Knock - Coordination : Martine Sautory / Nathalie du Moulin de Labarthète
- Contact.

passant, penses-tu passer par ce passage

Le point de vue de la commissaire

Un air d’accueil

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Estefanía Peñafiel Loaiza, un air d’accueil, 2013-2015, photographie couleur

Une image imprimée et collée sur le mur de fond, en recouvrant toute la surface : Estefanía Peñafiel Loaiza poursuit son exploration de l’apparition photographique comme de la construction politique de l’image. Dans le cadre de la Nuit blanche, elle propose pour la Galerie Saint Séverin un approfondissement du regard à travers de nouvelles émanations de sa série ’“un air d’accueil” où elle interroge, à l’aune des regardeurs toujours passants de la vitrine, la présence-absence des individus anonymes, invisibles ou in-regardables dans les sociétés “fluides” d’aujourd’hui.

Chacune des photographies de la série a été prise en laissant l’obturateur de l’appareil ouvert le temps qu’une séquence vidéo défile sur un écran de projection. Ces vidéos, filmées par des caméras de surveillance dissimulées, ont à l’origine pour but d’enregistrer le passage de migrants clandestins à travers des frontières terrestres (entre le Mexique et les États-Unis, entre la Palestine et Israël, entre autres). Alors que l’image vidéo vise à fournir une preuve incriminante, le procédé photographique fait disparaître les corps au profit des présences fantomatiques, en redonnant aux migrants la protection de l’anonymat.

passant, penses-tu passer par ce passage

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Estefanìa Peñafiel Loaiza, passant, penses-tu passer par ce passage, 2019

Des feuilles du marronnier du « cloître », en réalité ancien charnier - cimetière à galeries - de l’église, sont déposées au sol de la vitrine. Dans ce jardin d’en face, les mots d’un poème sont tamponnés sur plusieurs feuilles du grand marronnier avec de l’encre résistante à l’intempérie. Le marronnier est ainsi le « porteur » de ces mots pendant quelques jours, jusqu’à ce que ces feuilles tombent. Les mots seront ensuite transportés et disséminés par le vent.
Le poème a été écrit par un auteur anonyme, à une date inconnue. En fait, il s’agit d’une inscription qui se trouvait près d’une petite porte du charnier qui donnait sur la rue de la Parcheminerie et qui a disparu au début du 19e siècle, lors des travaux réalisés sur les galeries de l’église Saint-Séverin.

Passant, penses-tu passer par ce passage
Où pensant, j’ai passé ?
Si tu n’y penses pas, passant, tu n’es pas sage
Car en n’y pensant pas, tu te verras passé.

(Auteur anonyme, date inconnue – Cité par Emile Wiriot, Paris de la Seine à la Cité Universitaire : le Quartier Saint-Jacques et les quartiers voisins, leurs transformations à travers les siècles, Tolra éd., 1930).

Estefanía Peñafiel Loaiza
est née en 1978 à Quito, Équateur et vit à Paris depuis 2002. Diplômée à l’École National de Beaux Arts de Paris en 2007, elle a participé à des programmes de post-diplôme aux ENSBA de Lyon et de Paris. Elle a également été sélectionnée pour plusieurs résidences artistiques : 3bisf, Résidence Saint-Ange, Centre photographique d’Île-de-France, La Galerie de Noisy-le-Sec, centre d’art The Hangar-Beyrouth, entre autres.
Elle expose régulièrement en France et à l’étranger. Son travail a été présenté dans plusieurs expositions personnelles, parmi lesquelles : détours (la loterie à Babylone) (3bisf, Aix en Provence), de l’incertitude qui vient des rêves (Galerie Alain Gutharc, Paris), errements (Centre d’art image/imatge, Orthez), à rebours (FRAC Franche-Comté, Besançon), casa tomada (Maison Salvan, Labège), fragments liminaires (CPIF, Pontault-Combault), l’espace épisodique (CREDAC, Ivry-sur-Seine), la dix-huitième place (Villa du Parc, Anemasse), en valija (Sala Proceso, Cuenca), la visibilité est un piège (Nuit Blanche, Al-Ma’mal, Jérusalem Est), no vacancy (The Hangar, Beyrouth, 2011), à perte de vue (Centre d’art Bastille, Grenoble). Elle a par ailleurs réalisé plusieurs performances, notamment au Magasin (Grenoble), au BAL (Paris), au Wiels (Bruxelles) et à la Fondation d’entreprise Ricard (Paris). Elle a également réalisé deux projets répondant à des commandes publiques en 2014 et 2016 : récoltes, au collège « Barbara » à Stains dans le cadre d’un 1% artistique, et œuvreuses, réalisé dans la commune de Chalezeule.
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