Pastorale des ados : la parole aux jeunes

Le 12 février dernier, les responsables pastoraux « adolescence » du 13e arrondissement ont convié une vingtaine de jeunes à leur réunion annuelle. L’objectif : écouter leurs parcours et leurs attentes vis-à-vis de l’Église pour repenser, avec eux, la pastorale auprès des collégiens et lycéens.

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Antoine s’exprime. À sa gauche, Laurence Gourdon.
© Isabelle Demangeat

Ils fréquentent le collège ou le lycée, sont catholiques pratiquants, athées, agnostiques ou d’autres confessions religieuses. Certains se sont déplacés à l’heure du déjeuner. D’autres se sont filmés, dans leur chambre, grâce à leur mobile. Mais tous ont joué le jeu, et à fond, ce mardi 12 février, en témoignant de leur attachement à Dieu, à la foi, et leurs attentes vis-à-vis de l’Église et de l’aumônerie, lors de la réunion annuelle du secteur du 13e arrondissement de leurs responsables pastoraux.

Au cours de ces réunions, trimestrielles ou annuelles c’est selon, les participants – chefs d’établissement, responsables d’aumônerie, aumôniers, vicaire général du secteur, déléguée du vicariat Enfance adolescence… – dressent un bilan de l’année écoulée et esquissent un thème, sorte de canevas de travail pour l’année à venir. « Il y a eu l’affectivité, la mission au sein des établissements scolaires, explique Laurence Gourdon, chef d’établissement du lycée Le Rebours et responsable du secteur du 13e arrondissement. Mais cette année, pour réfléchir au thème de l’an prochain, nous avons décidé de donner la parole aux jeunes. » « Il est très intéressant d’entendre leur point de vue et ce qu’ils attendent de nous, remarque Patricia Collet, de l’aumônerie 13e Ouest. Et important que nous puissions les écouter pour pouvoir leur répondre. »

Pierre se montre à l’écran, casquette sur la tête et s’avance vers la caméra, comme pour mieux appuyer son propos. Se basculant légèrement sur sa chaise, il revient sur l’importance du rôle de la musique dans l’évangélisation, de groupes chrétiens comme Glorious et émet l’idée de créer « des blogs où chacun pourrait parler de sa foi ». Remarquant qu’il est souvent compliqué pour les jeunes d’annoncer le Christ, Samson va jusqu’à conseiller à l’Église « d’investir davantage les réseaux sociaux ». Autour de la table, Océane, coupe afro très soignée, confie en toute simplicité « ne pas être chrétienne mais être intéressée par toutes les religions ». Et remercie l’aumônerie de son établisse¬ment de lui avoir permis d’accompagner une personne porteuse d’un handicap lors d’un week-end à Notre-Dame de l’Ouÿe (maison d’accueil du diocèse de Paris située dans le département de l’Essonne). « J’ai adoré, confie-t-elle. C’est la première fois de ma vie que j’ai été aussi impliquée dans une action. Première fois que j’ai pu voir la foi que certaines personnes pouvaient avoir. » Antoine insiste sur la nécessité, pour l’Église, de rester ouverte à l’altérité « en acceptant les particularités de chacun ».

« Nous avons senti qu’il y avait un vrai désir, chez ces jeunes, de se regrouper, d’être ensemble, relit, à l’issue de la rencontre, Laurence Gourdon. Un besoin d’une Église ouverte aussi, à l’écoute des réalités actuelles, des sensibilités. » Ces désirs, ces besoins ont été écoutés, enregistrés, notés. Ils constituent aujourd’hui « le matériau de réflexion pour l’année à venir », comme le présente Laurence Gourdon. Si elle n’explique pas directement cette initiative comme étant inspirée par le synode des jeunes, difficile pour autant de ne pas faire le lien. « Excusez-nous si, souvent, nous ne vous avons pas écoutés ; si, au lieu de vous ouvrir notre cœur, nous vous avons rempli les oreilles, reconnaissait, le 28 octobre dernier, le pape François lors de la messe de conclusion du synode. Comme Église de Jésus, nous désirons nous mettre à votre écoute avec amour. »

Isabelle Demangeat

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