Pèlerinage à Milan et à Rome pour la double canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II

« Nous sommes dans l’espérance »

Événement historique dans la vie de l’Église : dimanche 27 avril 2014, deux papes ont été canonisés par le Saint-Père François, à Rome, devant des centaines de milliers de pèlerins venus de tous les horizons.

Parmi eux, quelques 400 parisiens emmenés par le P. Alexis Leproux et le P. Benoît de Sinety. Qu’ils soient d’EVEN ou des aumôneries d’Assas ou de la Sorbonne, tous ont conscience de vivre un pèlerinage exceptionnel. Étudiants ou jeunes professionnels, célibataires ou jeunes couples, vieux habitués ou néophytes baptisés dans la nuit de Pâques : tous se côtoient, s’écoutent, s’interrogent dans des petites équipes d’une dizaine de jeunes.

La première étape est à Milan, sur les pas de Saint Ambroise et de Saint Augustin. Après une longue nuit dans les cars, le corps grince un peu, mais la découverte de son équipe, de ces lieux saints et les enseignements ne laissent pas le temps d’y penser. « La liberté et la sensibilité s’atrophient dans le confort et nous empêchent d’aller plus loin. » commence le P. Leproux avant de raconter la conversion de Saint Augustin, « un chercheur inlassable de la Vérité ».

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Les vêpres, un diner et une petite fête à Milan achèvent cette première journée de pèlerinage. Nicolas, étudiant en architecture confie : « Le premier temps d’équipe sur le dénouement du cœur était très riche : ça y est, on est tous dans l’ambiance. »
Les 400 jeunes reprennent les cars pour se réveiller aux portes de Rome : c’est le lancement du pèlerinage des sept églises à Saint-Paul Hors-des-murs, devant les portraits de tous les successeurs de Pierre depuis 2000 ans. « C’était très fort : on n’est pas rentrés dans Rome directement, comme des touristes. Non, on y est rentrés en équipe, à pied, en priant. » commente France. Un pas pour demander pardon, un autre pour rendre grâce, et toutes les équipes se retrouvent avec leurs aumôniers à l’intérieur de Rome, avant d’être envoyés vers l’église de Saint Ignace pour y célébrer la messe présidée par le cardinal André Vingt-Trois. Les corps sont fatigués mais les esprits heureux : « C’était une ambiance vraiment particulière, raconte Marthe, une pèlerine qui prépare le Capes. Je ne suis pas une grande sportive, mon sac était lourd, et la marche m’a poussée à aller au-delà, même en faisant de toute petite chose. On en ressort vivifiée. »

Les pèlerins ont ensuite pu profiter d’une soirée pour découvrir Rome, retrouver les autres français, ou simplement veiller et prier. Gabriel, étudiant à l’école polytechnique, confie : « Un des sommets du pélé que j’ai en tête, c’est l’adoration samedi soir à Saint-Louis-des-Français. J’ai senti qu’on était vraiment appelé à l’adoration à vie, mais pas forcément immobile devant le Saint-Sacrement : dans la vie, dans le monde, dans la contemplation des gens. » Paradoxalement, plus l’excitation grimpait, plus le recueillement montait lui aussi. Et après une courte nuit de sommeil, le rendez-vous est fixé par équipe sur la Piazza Farnese, en face du Palais Farnèse, lieu de rendez-vous de tous les Français.

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« On était serré comme des sardines, tassés sur nos sacs, avec quelques heures devant nous. Et qu’est-ce qu’on a fait ? On a dit les Laudes et on a fait notre troisième temps d’équipe ! Comme ça, au milieu de la foule ! » Ce moment exceptionnel de recueillement se transforme alors en scène de liesse lorsque le Pape émérite Benoît XVI apparaît sur les écrans. « Benedetto ! Benedetto ! » scandent les jeunes, retrouvant un parfum de JMJ. Et puis le Pape François arrive et les applaudissements explosent au moment des retrouvailles entre ces deux papes.
A 10h, la messe commence et une nouvelle fois, l’excitation et la liesse laissent place au recueillement et à la prière. Les acclamations reprennent toutefois lorsque le Pape annonce : « Après avoir longuement réfléchi, invoqué plusieurs fois l’aide de Dieu et écouté l’avis de beaucoup de nos frères dans l’épiscopat, nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II, et nous les inscrivons dans le catalogue des saints. » Ces applaudissements sont l’expression d’une joie intérieure profonde et véritable : « Tout ce chemin culminait dimanche à cette célébration, reprend Nicolas. On était derrière un écran, très serrés, et très joyeux, mais tout le monde était recueilli en fait. »

Si la messe était le point culminant du pèlerinage, le retour de Rome en constitue une part importante pour redescendre. 22 heures de car, ça soude. La fatigue se lit sur les visages, mais les yeux ne mentent pas : ils brillent d’une profonde lumière. Gabriel se confie à nouveau : Entre deux embouteillages, l’enseignement du P. Leproux l’a profondément retourné, lui qui se pose beaucoup de questions sur sa vie et sur le monde. « Je sais que je vais retomber dans le même monde qu’avant, mais intérieurement transformé, c’est clair ! »

Nicolas, le lundi matin : « Je suis dans l’espérance. Il y a eu une évolution tout au long du pèlerinage, avec les temps d’équipe et ce thème de la sainteté, le fait d’aller à la canonisation, de comprendre qu’on y était, nous aussi, tous appelés. Tout ça pousse vers l’avant, remplit d’espérance et nous sort de nous-même ! »

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