Portrait de l’Évêque Helga Haugland Byfuglien - apôtre diaconal et femme, principal évêque du Norvège

Helga Haugland Byfuglien, née le 22 juin 1950 à Bergen, est le premier évêque de Norvège. Le 25 mars 2011, elle a été nommée, en tant que premier évêque, au nouveau poste de Preses (présidente) de la Conférence épiscopale.
L’Église de Norvège compte un peu plus de 3,7 millions de membres, ce qui représente 71,5% de la population. C’est l’Église la plus importante de Norvège, comptant 11 diocèses, 12 évêques (six femmes et six hommes) et quelques 1200 paroisses.

Cette année, cela fait cinq cents ans que la Réforme a eu lieu. Toute cette année a été marquée par des commémorations. De nombreux évènements ont eu lieu dans le monde. La Réforme se poursuit dans les Églises. Constamment, des discussions ont lieu sur ce que doit être une Église aujourd’hui et sur la manière de toucher les gens au moyen de l’Évangile. Nouvelles du COE a rencontré cette année l’évêque Helga Haugland Byfuglien, l’une des femmes éminentes les plus expérimentées parmi les évêques luthériens dans le monde.

L’évêque Byfuglien est le premier évêque de Norvège ; dans d’autres pays, cette position s’intitule « archevêque ». Elle a été évêque pendant 12 ans et évêque présidente (Preses) et principale pendant six ans. Nous nous sommes retrouvées à Oslo, la veille de la remise du prix Nobel de la paix à l’ICAN (Campagne internationale pour l’abolition de l’arme nucléaire) pour son travail visant à éradiquer les armes nucléaires. L’ICAN, qui est un mouvement de base pour la paix, reçoit le prix de la paix cette année pour son travail. La ville regorge de passionnés de la paix, de militants pacifistes et d’activistes de tous âges en provenance du monde entier. L’évêque Byfuglien présidera un service religieux pour la paix à 17 h dans l’église Sainte Trinité à Oslo. Le secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, le pasteur Olav Fykse Tveit, est invité à prêcher sur le thème « Établir la paix est une œuvre sainte ». Nous marchons ensemble de la salle paroissiale à l’église de la Trinité, discourant avec enthousiasme du rôle de l’Église de Norvège dans le pays et de l’indépendance de l’Église et de l’État depuis le 1er janvier 2017. Helga dit combien il importe que l’Église soit pertinente aujourd’hui et que les signes des temps soient interprétés avec une profondeur spirituelle. Nous arpentons les rues d’Oslo, rencontrant énormément de monde. Les gens sourient en reconnaissant l’évêque, vêtue d’une chemise épiscopale et d’un châle violet, d’un manteau d’hiver et de bottes hautes. Elle leur sourit et échange quelques mots avec certains. C’est comme traverser le village avec le prêtre de la paroisse.

Une mère source d’inspiration
Les débuts d’Helga dans la vie ne furent pas faciles. Elle perdit son père, qui était prêtre, à seulement deux ans. Sa mère, Olaug, a élevé seule six enfants, dont des jumeaux nés après le décès de son époux. Elle a emménagé dans un appartement avec les enfants, s’est occupée d’eux et a créé un foyer sûr. En même temps, elle suivit une formation pour enseigner et reçut son diplôme. Elle était également impliquée dans le conseil d’Église et prenait d’importantes responsabilités dans la paroisse. Sa mère devint un grand modèle pour l’évêque Helga, qui est la quatrième de la famille.

Elle a rencontré l’association chrétienne pour jeunes femmes et l’association chrétienne pour jeunes hommes (KFUK-KFUM) en Norvège durant son enfance. Ce fut une porte d’entrée à l’Église qui donnait aux jeunes des tâches qui avaient du sens.

« J’ai hérité de l’amour de ma mère et de sa capacité à apporter la sécurité. Elle nous encourageait à chercher ce qui nous convenait. »

L’évêque Byfuglien commença ses études à Bergen et les poursuivit à la faculté de théologie à Oslo. Avec le temps, l’appel à devenir pasteure grandit en elle. Elle fut ordonnée à Nidaros par l’évêque d’alors, dans une chapelle temporaire dans un ancien abri anti bombes. Elle travailla ensuite comme pasteure dans une banlieue de Trondheim, se consacrant aux jeunes et aux foyers avec enfants. L’évêque avait entre-temps fondé sa famille et, avec trois enfants en bas âge, elle n’avait pas beaucoup de temps pour autre chose pendant quelques années. Quand les enfants eurent un peu grandi, elle suivit une formation de conseillère familiale et tint une colonne sur les relations dans le magazine Vårt land (Notre Pays) pendant 11 ans. Les relations, les jeunes et le conseil pastoral sont des sujets permanents dans la vie de l’évêque.

« Il est important de remarquer les jeunes et de leur donner l’espace et la liberté de participer aux échanges et de prendre des responsabilités ». Être conseillère et chroniqueuse eut son importance. Helga explique : « Le conseil pastoral dans les médias exige des aptitudes particulières, vous ne voyez pas la personne mais la lisez et vous devez oser apporter un soutien, des conseils et une sécurité ».
L’évêque Byfuglien dit de son temps en paroisse qu’il est « essentiel d’être proche de la paroisse, de vivre ensemble et de partager la vie de prière et les activités. »
« Mes antécédents familiaux m’ont façonnée. Je m’appelle Helga et je suis assez concrète. Je suis une personne ordinaire et je me contente d’être moi-même. Je reconnais la valeur des choses simples, je ne suis pas une femme pompeuse ».
Son humilité est manifeste durant toute notre conversation. L’évêque Byfuglien garde sa personnalité de pasteure simple et très chaleureuse, malgré ses hautes fonctions à la tête de l’Église de Norvège. Elle a gardé un esprit très pratique et des manières simples.

Helga Byfuglien a été le chef de l’Église de Norvège durant l’un de ses plus grands changements depuis la Réforme, à savoir, la séparation de l’État. Depuis le 1er janvier 2017, l’Église de Norvège est une communauté religieuse indépendante.

En quoi cela a-t-il changé l’Église ?
Évêque Byfuglien : « C’est le résultat d’un long processus. Les changements ne sont pas particulièrement considérables ou drastiques. Mais nous sommes maintenant indépendants et devons prendre l’entière responsabilité des activités de l’Église. Nous devons continuer à être pertinents dans la vie des gens, prêchant l’Évangile afin qu’ils vivent dans la foi et la confiance dans l’Évangile. Nous avons également la responsabilité particulière de créer les conditions pour que les gens d’autres religions puissent pratiquer leur croyance. Nous devons être une Église moderne. Mener un tel processus de changement requiert courage et patience. Mettre en place une nouvelle structure organisationnelle prend du temps. Et il est essentiel, au cœur de tous ces débats structurels, de demeurer Église ».

Helga regarde l’avenir avec confiance, de même que le rôle de l’Église qui doit être une Église pour chacun, en mettant clairement l’accent sur l’Évangile. « Nous devrions prêcher l’Évangile afin que les gens voient que la foi donne la sécurité et la confiance dans la vie ».

« Le rôle de l’Église est de prêcher la valeur égale de toutes et tous, de créer une voix contre l’injustice, de motiver et de donner l’espoir d’un changement. »
L’évêque Byfuglien a été nommée à de nombreux postes de direction, tels que directrice du KFUK-KFUM (association chrétienne pour jeunes femmes et l’association chrétienne pour jeunes hommes) évêque de Borg et Preses. Depuis sept ans, elle est également vice-présidente de la FLM (Fédération luthérienne mondiale).
« J’ai rarement cherché les postes à responsabilité. Ils sont venus à moi, comme une vocation. Il a été difficile de dire non, il y avait de bonnes raisons d’accepter ces rôles avec beaucoup d’humilité et d’ouverture, et avec une attitude d’écoute ».

Faire partie d’une Église mondiale
« Ma mission à la FLM m’a donné beaucoup de nouvelles perspectives sur la vie de chrétien dans d’autres parties du monde. Ce que nous considérons comme ordinaire ici en Norvège est impossible ailleurs. Je pense à la visite au Pakistan au printemps dernier. Les chrétiens y sont persécutés et n’ont pas la même liberté que nous ici. Il est bénéfique de rencontrer les autres, d’élargir ses perspectives et de voir que ce qui nous paraît évident ne l’est absolument pas pour les autres. Je me sens très humble dans ma responsabilité de l’Église de Norvège ».

L’évêque Byfuglien est d’avis que l’Église de Norvège a beaucoup à donner à ceux qui ont très peu. L’Église de Norvège a la longue tradition d’œuvrer ainsi en étroite collaboration avec diverses ONG. Elle mentionne le KFUK - KFUM norvégien, le KN (Norwegian Church Aid) et les nombreuses organisations missionnaires et diaconales. L’Église contribue également à d’importants travaux diaconaux à l’international via la FLM, le COE et l’Alliance ACT. « La foi chrétienne signifie que nous devons penser à notre prochain, l’aimer et le soutenir de diverses manières. »
Helga estime que le travail diaconal international doit impliquer que des volontaires et des jeunes s’investissent en Norvège et également à l’étranger avec des partenaires. Elle mentionne le prix Nobel de la paix, qui doit être décerné demain à l’ICAN, et déclare que les efforts pour l’édification de la paix et pour le désarmement nucléaire ont fait partie de ses engagements depuis les années 1980. « Il est incroyable qu’en 2017 nous vivions encore sous la menace des armes nucléaires. Nous voulons tous la paix. Nous devons travailler pour faire advenir la paix dans le monde entier. Sans la paix, il n’y a pas de vie ni d’avenir. »

Nous évoquons les troubles dans le monde, au Proche-Orient, en Corée du Nord et aux États-Unis. L’évêque estime que les Églises ont un rôle à jouer à cet égard, par exemple via le Conseil œcuménique des Églises, « donner et montrer de l’espoir, montrer que tout est possible, créer le changement, renforcer la justice et la paix. Cela se trouve dans la puissance de l’Évangile et de la grâce. L’Église doit prêcher et agir pour être crédible lorsqu’elle dit qu’il existe des moyens de parvenir à la paix et à la justice dans le monde. Ici et ailleurs, dans les petites choses et dans les grandes. Ensemble et confiants dans l’aide de Dieu, nous pouvons rendre le monde meilleur pour toutes et tous », conclut l’évêque Byfuglien, souhaitant une sainte saison de Noël à tous les lecteurs.

Helga Haugland Byfuglien, née le 22 juin 1950 à Bergen, est le premier évêque de Norvège. Le 25 mars 2011, elle a été nommée, en tant que premier évêque, au nouveau poste de Preses (présidente) de la Conférence épiscopale.
L’Église de Norvège compte un peu plus de 3,7 millions de membres, ce qui représente 71,5% de la population. C’est l’Église la plus importante de Norvège, comptant 11 diocèses, 12 évêques (six femmes et six hommes) et quelques 1200 paroisses.
Source : COE - 22 décembre 2017
Version française publiée le 22 décembre 2017 par Marianne Ejdersten, directrice de la communication au Conseil œcuménique des Églises.

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