Pourquoi attendre si Dieu m’appelle ?

P. N. -D. - Le concile Vatican II, dont on fête le cinquantième anniversaire cette année, a remis au goût du jour le diaconat permanent. Qu’est-ce que cela a changé ?

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P. Jean-Christophe Vinot, délégué diocésain au diaconat permanent
D.R.

P. Jean-Christophe Vinot – Dès les origines, dans l’Église, des hommes ont été appelés par Dieu pour être des ministres de la charité. En valorisant les trois degrés du sacerdoce, – le diaconat, le presbytérat et l’épiscopat –, le concile a remis en avant cette vocation diaconale. Récemment, à Paris, nous avons ainsi dépassé le chiffre de cent. Je pense que voir un diacre dans une paroisse peut donner à d’autres hommes l’idée de la vocation diaconale : le nombre appelle le nombre. A l’inverse, tant qu’une paroisse n’a pas de diacre, les paroissiens ne peuvent pas vraiment comprendre ce qu’est le diaconat permanent. Aussi, j’encourage les curés à interpeller des hommes qui aiment l’Église, qui sont bien insérés dans leur paroisse, qui vivent de la charité et qui ont un bon équilibre de vie. Cela afin qu’ils puissent vivre leur appel au diaconat, pas simplement comme un rôle utilitaire, mais en étant des signes du Christ serviteur, d’un Christ débordant de charité, dans leur paroisse, dans leur famille et dans leur environnement professionnel. Souvent, les diacres sont un lien précieux dans le peuple de Dieu entre les laïcs et les prêtres.

P.N.-D. - Vous dites qu’il ne faut pas qu’ils vivent leur appel « simplement comme un rôle utilitaire ». Y a-t-il un risque à cela ?

P. J.-C. V. – Le risque pour les curés est de se dire que, comme il y a moins de prêtres dans le diocèse, donc moins de vicaires dans les paroisses, il faut qu’ils compensent par des diacres. Bien sûr, ces derniers sont un soutien au service de la communauté, d’autant plus qu’ils peuvent célébrer des sacrements tels que les baptêmes et les mariages ou présider les obsèques. Mais l’idée est davantage de se demander à qui, parmi les hommes actifs dans leur paroisse, les curés pourraient faire prendre conscience d’un appel de Dieu à vivre dans le diaconat. Le diacre est d’abord appelé à être, avant d’être appelé à faire. J’ai à l’esprit l’exemple de Pierre Fournier, qui est handicapé. En étant ordonné, plutôt que de faire 36 000 choses, il va signifier pour la communauté de Ste-Colette (19e) la dimension du Christ au service de la charité.

P. N.-D. - Les diacres permanents à Paris sont souvent des hommes d’âge mûr. Encouragez-vous les curés à appeler des hommes plus jeunes ?

P. J.-C. V. – En effet, appeler des plus jeunes donnerait un autre visage à l’Église, avec des diacres toujours plus insérés dans la vie active. La question est : pourquoi attendre que ces hommes aient cinquante ou soixante ans pour qu’ils puissent réaliser cette vocation à laquelle Dieu les appelle ? Comme pour les vocations sacerdotales, il faut permettre à ces hommes de répondre le plus tôt possible à l’appel, afin qu’ils puissent pleinement vivre et déployer leur mission tout au long de leur vie, et agir là où Dieu les attend. • Propos recueillis par Ariane Rollier

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