« Puiser dans la foi pour changer son mode de vie »

Depuis 2015, les catholiques du monde entier sont invités à prier, le 1er septembre, pour la protection de la Création. Quels sont le but et les enjeux de cette journée de prière ? Les réponses de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque nommé de Reims (Marne), ancien évêque auxiliaire de Paris.

Paris Notre-Dame – En août 2015, le pape François a instauré une Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création. Pourquoi ?

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Mgr Éric de Moulins-Beaufort, ancien évêque auxiliaire de Paris, vient d’être nommé archevêque de Reims (Marne).
© Marie-Christine Bertin

Mgr Éric de Moulins-Beaufort – Les Orthodoxes avaient, depuis un certain temps, choisi cette date du 1er septembre pour prier pour la Création. Le pape François a décidé de les suivre, en 2015, quelques semaines après la publication de son encyclique Laudato Si’ et à la veille de la Cop21. Cette conférence sur les changements climatiques, à Paris, incarnait une prise de conscience mondiale de l’urgence des décisions à prendre pour transformer nos modes de production et de consommation si nous voulons que la planète continue à faire vivre l’humanité. Dans ce contexte, le pape désirait montrer que la foi chrétienne a les ressources intellectuelles et spirituelles pour concevoir un rapport à la planète différent de celui du machinisme. Il invitait les chrétiens à puiser dans leur foi pour les aider à changer leur mode de vie.

P. N.-D. – La notion d’écologie intégrale se situe au cœur de l’encyclique Laudato Si’. Que signifie-t-elle ?

E. M.-B. – C’est une notion qui apparaît chez Jean-Paul II et qui a été reprise par Benoît XVI, notamment dans son encyclique Caritas in veritate. Elle entend lier le respect de la vie au respect de l’ensemble de l’environnement dans lequel l’homme se trouve. L’originalité et la force du pape François est d’avoir renforcé l’aspect social de cette notion. De rappeler que les ressources de la planète ne doivent plus être accaparées par une partie de la population au détriment d’une autre.

Le pape ne prétend pas pour autant avoir une solution miracle. Il nous dit seulement que cela vaut la peine de chercher, à l’instar de ces innovateurs présentés dans le documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent, Demain. Il ne faut pas rêver : on y parviendra uniquement au prix d’une rupture vis-à-vis d’un certain nombre de nos comportements de consommation. Mais entrer dans une attitude de consommateur plus responsable – savoir d’où vient le produit convoité, par qui il a été fabriqué et comment il est arrivé jusqu’ici – amènerait une reconfiguration du modèle économique. Les entreprises suivent toujours les attentes du consommateur.

P. N.-D. – Dans son encyclique, François précise que « les habitants de cette planète ne sont pas faits pour vivre en étant toujours plus envahis par le ciment, l’asphalte, le verre et les métaux, privés du contact avec la nature ». Paris est une ville très minérale. Comment ses habitants peuvent-ils garder ce contact, essentiel, avec la nature ?

E. M.-B. – En délaissant la voiture, par exemple, pour préférer les transports en commun ou la marche, en cultivant un plan de tomate sur son balcon… C’est simple, mais cela permet de retrouver quelque chose de l’air, de l’eau, de l’observation de la lenteur de la Création.

Notre ville est dotée d’une forte densité humaine qui la rend à la fois fascinante et fatigante. Mais il me semble qu’il y est possible de choisir de moins jeter, moins gaspiller, moins produire de déchets.

Propos recueillis par Isabelle Demangeat

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