Quand l’art, l’histoire et la théologie dialoguent

À partir du 25 novembre, le Collège des Bernardins propose un nouveau parcours en six rendez-vous. "Une œuvre, des questions" fait dialoguer trois disciplines entre elles, la théologie, l’art et l’histoire, autour de la thématique du corps, en partant d’un chef-d’œuvre de la peinture. Les explications de Mélina de Courcy, historienne de l’art et professeur au Collège des Bernardins.

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Mélina de Courcy, professeur d’histoire de l’art au Collège des Bernardins.
© Priscilia de Selve

Paris Notre-Dame – Pour ce nouveau rendez-vous, pourquoi avoir souhaité faire dialoguer une historienne, un théologien et une historienne de l’art autour d’une œuvre ?

Mélina de Courcy – L’objectif du Collège des Bernardins a toujours été la transversalité des disciplines, en croisant les regards et les compétences afin de s’enrichir les uns des autres. Pour chacun des six rendez-vous, nous serons donc trois intervenants, une historienne et théologienne, Christine Pellistrandi, un théologien, le P. David Sendrez et moi-même pour un dialogue entre l’art, la théologie et l’histoire, afin de répondre aux questions que pose une œuvre. Comment, à travers l’art et l’histoire, pouvons-nous éclairer cette question du corps, qui est le thème de cette première année ? Un thème qui touche à l’actualité même de nos vies.

P. N.-D. – Pourquoi le choix de ce thème justement : Le corps, vu et révélé ?

M. C. – Nous voulions aborder le thème du corps différemment et, à travers cela, révéler le sens profond de notre humanité. L’homme n’est pas issu d’une étincelle de matière, et voué à disparaître. Il est issu d’un projet d’amour et il continue d’exister, même après sa disparition. Le corps est au centre de la foi chrétienne, car Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu. L’idée est d’éclairer l’humanité par cette présence divine incarnée. Cela concerne tout le monde. L’écologie intégrale est au cœur de la réflexion du Collège des Bernardins. Nous avons souhaité mettre l’homme au sommet de cette écologie voulue par Dieu.

P. N.-D. – En quoi l’art permet-il, par cet éclairage théologique et historique, de mieux comprendre l’homme comme œuvre divine ?

M. C. – D’abord parce que les artistes se sont intéressés à cette question du divin, en particulier dans la peinture. L’artiste rend visible ce qui est invisible. Prenons l’exemple des visages du Christ dans la peinture de Rembrandt. Dans la chambre de Rembrandt, après sa mort, on a retrouvé sept panneaux de petits formats identiques, représentant des têtes de Christ. En travaillant ainsi, l’artiste a cherché à rendre l’aspect physique de cet homme, Jésus, qui est Dieu. À travers ces études, Rembrandt traduit l’humilité profonde du Christ, et dans le même temps cette présence de la gloire, très surprenante. Quand on regarde ces tableaux, on sait très bien de qui il s’agit. Comment a-t-il rendu cela ? Grâce à la perception du Christ, Dieu incarné. Rembrandt vivait alors une période douloureuse de sa vie. On sait que ces tableaux religieux n’étaient pas des commandes. Ces études, il les fait pour lui. Rembrandt cherche alors la présence de Dieu dans sa vie. Cette présence qui ne le juge pas. Celle qui le sauve. C’est tout le talent de l’artiste de savoir traduire cela. C’est ce que nous essaierons de faire durant ce parcours.

Propos recueillis par Priscilia de Selve@Sarran39

Une œuvre, des questions
Six séances sont programmées dans l’année :
Les lundi 25 novembre, 2 décembre, 20 janvier 2020, 24 février, 16 mars et 23 mars. De 12h45 à 13h45 dans le petit auditorium du Collège des Bernardins.
Tarifs : 6 € – 3 € tarif réduit.
Plus d’informations :
collegedesbernardins.fr/formation/une-oeuvre-des-questions

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