Quand l’art s’expose dans une salle paroissiale

Ouverte en 2012, la Galerie 47 de N.-D. de l’Arche d’Alliance (15e) présente, à partir du 10 décembre, une nouvelle exposition sur le livre biblique du Cantique des cantiques. L’occasion de revenir sur ce projet paroissial.

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Exposition La Fleur même d’Agatha Ru Seung-hee à la Galerie 47.
© Céline Marcon

Voilà une salle paroissiale pas comme les autres. Appelée « la Galerie 47 », elle est située en face de N.-D. de l’Arche d’Alliance (15e) et est ouverte à tous. On entre dans un local chaleureux avec des tables et des chaises au style bistrot. Au fond, une grande table accueille souvent des activités paroissiales (réunions, séances de catéchisme, etc.). La petite touche qui change tout, c’est la décoration : des tableaux de l’artiste Agatha Ru Seung-hee, engagée dans la paroisse, ornent les murs. Après elle, c’est Sylvie Bethmont-Gallerand, qui prendra le relais avec ses estampes.

Valoriser les talents

La première exposition de la Galerie 47 a ouverte en octobre 2012 sous l’impulsion du curé de l’époque, le P. Pierre Vivarès, et d’une paroissienne, Isabelle Birchler. Le curé actuel, le P. Vincent Guibert, a repris avec enthousiasme le flambeau : « C’est un moyen de montrer que l’Église s’intéresse à l’art, d’encourager les artistes qui mettent du sens dans leur travail et de rejoindre des personnes éloignées de l’Église. » C’est Amélie Cormouls et Diane Maringe, co-responsables de la Galerie 47, qui se chargent de dénicher des perles artistiques. Elles se laissent guider par leurs coups de cœurs pour des œuvres sacrées ou profanes, et réfléchissent aussi à leur impact sur le public. « C’est une occasion de valoriser les talents extraordinaires des habitants du quartier », affirme Diane. Pour Amélie, l’art peut rapprocher de Dieu : « Je vois la main de Dieu lorsque je regarde une belle œuvre. » • Céline Marcon

Entrée libre. 47 rue de la Procession (15e). Tél. : 01 56 56 62 56.

Des estampes sur le Cantique des Cantiques

Une main qui semble ouvrir ou fermer une bouche, ou le dos nu d’une femme à demi-recouvert par un drap. Ce sont quelques-unes des images que le Cantique des cantiques a inspiré à Sylvie Bethmont-Gallerand. À partir de dix phrases extraites de ce livre biblique, cette paroissienne de N.-D. de l’Arche d’Alliance a réalisé vingt estampes sur cuivre qu’elle exposera à la Galerie 47. Ce projet, elle l’a commencé il y a une vingtaine d’années lorsque le P. Joseph Gelineau lui a commandé un décor pour un oratorio qu’il avait composé. En 2016, lorsque la Galerie 47 offre un espace d’exposition à Sylvie, c’est l’occasion pour elle de poursuivre le travail sur un texte qu’elle aime tant : « J’en ai plutôt une lecture mystique. Pour moi, c’est un magnifique dialogue d’amour entre Dieu et son peuple. » Enseignante en iconographie biblique à l’École Cathédrale (5e), elle s’adonne à l’art minutieux de la gravure depuis l’âge de 11 ans. Après avoir été formée par Jacques Houplain et Jean Delpech, elle a fondé son propre atelier à Veneux-les-Sablons (Seine-et-Marne). Ses deux techniques de prédilection ? L’eau-forte – plus on grave en creux à l’acide, plus on obtient des noirs – et la manière noire – plus on repolit le cuivre, plus on obtient des blancs. « La gravure est l’ancêtre de la photographie. Depuis le XVe siècle, on utilise le même genre de presse et d’outils d’orfèvre », explique-t-elle. Elle raconte combien cet art apprend à lâcher prise – pour laisser agir la main de Dieu ? : « Même au bout de cinquante ans, des choses m’échappent. Je ne peux pas tout maîtriser », sourit-elle. • C. M.

Exposition Mon cœur veille, visible du 10 décembre au 20 février, du lundi au vendredi, de 10h à 12h et de 15h à 18h. Conférence sur le Cantique des cantiques, le 31 janvier, à 20h30, à N.-D. de l’Arche d’Alliance, suivie d’une démonstration d’un tirage de gravure.

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