Quand mon voisin devient quelqu’un

Pour se rendre plus présents auprès des personnes isolées, des paroissiens
de St-François de Sales (17e) et de N.-D. de la Croix (20e) ont créé des réseaux
de proximité au sein de leur quartier. Cette année, deux autres paroisses se lancent : Ste-Clotilde (7e) et St-Philippe du Roule (8e).

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A Paris, plusieurs paroisses ont demandé aux fidèles de « veiller » sur leur immeuble et leur quartier afin de repérer et d’aider les personnes en souffrance et d’annoncer l’Evangile.
© Bénédicte Hériard

« Je n’ai besoin de rien ! » Réponse lapidaire d’une femme en train de divorcer à son voisin du dessus qui s’inquiète de l’entendre pleurer tous les soirs. Et pourtant, quelques jours plus tard, la dame frappe à la porte de l’aimable Parisien : « J’ai un rendez-vous important, pourriez-vous garder mon petit garçon ? » Le voisin en question fait partie du réseau des « veilleurs de proximité » de St- François de Sales (17e).

Aiguiser son regard

Pour entourer les personnes souffrantes ou isolées, les paroisses de Paris encouragent les fidèles à nouer des liens avec leurs voisins. Mais souvent, cette bonne parole ne suffit pas. « Nous sommes comme l’homme riche qui vit en toute honnêteté à côté du pauvre Lazare sans le voir » (Luc 16, 19-31), explique le P. Pascal Gollnisch, curé de St-François de Sales (17e). Pour inciter les fidèles à « aiguiser leur regard », quelques paroisses ont donc constitué des réseaux dont la mission est de veiller sur un immeuble, une rue ou un quartier. Ils portent des noms différents – « veilleurs d’immeuble » ou « veilleurs de proximité » – mais leur mission est la même : être présents auprès des personnes qui souffrent, transmettre les informations paroissiales pour que les demandes d’ordre spirituel ne soient pas laissées sans réponse, travailler ensemble pour une plus grande efficacité.

Maillage paroissial

L’une des paroisses pionnières a été St-François de Sales. Il y a quatre ans, elle a créé un réseau de « veilleurs de proximité » que tout paroissien a été appelé à rejoindre via des tracts et des appels en chaire. Elle a ensuite découpé son territoire en huit zones et nommé un responsable pour chacune. Et pour que les bonnes intentions ne restent pas lettre morte, elle a proposé, tous les deux mois, une « messe de quartier » à l’issue de laquelle les veilleurs font le point sur la vie de tel ou tel secteur. D’autres paroisses ont ensuite suivi, avec chacune leur touche personnelle. En 2007, N.-D. de la Croix a envoyé un courrier à 250 paroissiens pour les inviter à constituer un réseau de « veilleurs d’immeuble ». Une soixantaine d’entre eux se sont portés volontaires pour être des « traits d’union » au sein de leur immeuble et des « relais » entre leur lieu d’habitation et la paroisse. Cela dit, les 1 635 foyers recensés dans le fichier paroissial sont également susceptibles d’être appelés si, par exemple, on ne voit plus une personne à la messe depuis longtemps. « Cela permet de responsabiliser tous les habitants, même ceux que l’on voit peu à l’église », explique le curé, le P. Jean-Marc Pimpaneau. Cette année, ce sont les paroisses Ste- Clotilde(7e)et St-Philippe du Roule (8e) qui se lancent. La première insiste sur l’aspect missionnaire de l’opération, la seconde sur la charité, « dont tout le monde peut faire preuve », indique Michel Jan, diacre à St-Philippe. D’une manière ou d’une autre, elles appellent les veilleurs à manifester l’amour du Christ.

Un joyeux Noël

L’avantage de ces réseaux de proximité est qu’ils ont une efficacité qu’une personne seule ne pourrait avoir. « Dans notre immeuble, une voisine était seule pour Noël. Un veilleur l’a alors mise en relation avec la famille d’un autre paroissien, qui l’a accueillie », témoigne Xavier de Cuverville, de St-François de Sales (17e). Les exemples de solidarité comme celui-ci sont nombreux : visite aux personnes malades, galette des rois… Sur le plan spirituel, les réseaux sont irremplaçables, car ils sont au plus près de la personne. « L’autre jour, on m’a appelée parce qu’un des copropriétaires avait perdu sa mère, raconte ainsi Jacqueline, paroissienne de Ste-Clotilde. Il m’a demandé si j’avais une Bible pour chercher des prières. Je l’ai mis en contact avec un prêtre. » Parfois, les veilleurs peuvent même accompagner des fidèles dans la préparation d’un sacrement. Roselyne, de N.-D. de la Croix, a ainsi aidé sa voisine africaine à préparer le baptême de son fils. Puis, le curé de la paroisse, le P. Pimpaneau, a béni l’appartement de la jeune mère. « Les veilleurs sont des intermédiaires entre la paroisse et les non croyants, qui permettent de toucher l’ensemble d’un quartier », explique le P. Pimpaneau. Fin décembre, N.-D. de la Croix a ainsi mobilisé les siens pour distribuer le numéro de Paris Notre-Dame grand public, consacré à Noël. • Bénédicte Hériard

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