« Que de nouvelles paroisses s’engagent dans Hiver solidaire »

Paris Notre-Dame – Il y a huit ans, le diocèse lançait l’opération Hiver solidaire. Désormais, les paroisses accueillent durant les mois d’hiver près de 150 personnes sans domicile fixe. Est-ce suffisant ?

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Pascal Blavot, diacre et responsable d’Hiver solidaire pour le Vicariat à la solidarité du diocèse de Paris.
© Pauline Quillon

Pascal Blavot – Aujourd’hui, 24 paroisses sont engagées dans l’opération Hiver solidaire, sur 106 paroisses parisiennes. Ces dernières années, ce chiffre n’évolue plus. Si toutes les paroisses ne sont pas forcément appelées à cet accueil des sans domicile fixe, il serait bon que de nouvelles paroisses s’y engagent. Les obstacles sont importants : la peur de ne pas avoir de locaux, de bénévoles, de ne pas savoir faire, d’être dépassé. Et pourtant, ces craintes sont souvent infondées. À la vérité, aucune paroisse accueillant Hiver solidaire n’a de locaux disponibles. Ils sont tous occupés. Les paroisses sont invitées à se demander comment elles peuvent donner non pas leur superflu, mais aussi leur nécessaire, et à réfléchir à la façon de répondre à cet appel que lancent ces personnes toujours plus nombreuses à vivre dans nos rues.

P. N.-D. – Les prêtres sont déjà suffisamment occupés !

P. B. – Bien sûr ! Aussi, ce projet doit-il être pris en main par un groupe de paroissiens sensibilisés pour réfléchir à des solutions pratiques et les présenter à leur curé. Le recrutement de bénévoles n’a jamais été une difficulté, même pour les paroisses comprenant peu de paroissiens engagés. L’expérience montre que l’opération mobilise bien au-delà de ce cercle : par bouche à oreille, des pratiquants non engagés, voire des personnes éloignées de la pratique, viennent rejoindre les équipes. Là où l’opération a eu des difficultés, elle reposait sur une petite équipe de spécialistes. Ce doit être un projet paroissial ! En retour, Hiver solidaire dynamise la paroisse de façon incroyable. Les bénévoles se rencontrent, se découvrent et créent d’autres opérations missionnaires et pastorales.

P. N.-D. – Pourquoi ne pas concentrer les personnes accueillies dans les mêmes paroisses ?

P. B. – Il est préférable que les groupes restent modestes (5 personnes en moyenne) pour que l’accueil reste familial et que des liens amicaux puissent se tisser entre bénévoles et accueillis. Or, trois mois, de décembre à février, c’est court pour se connaître !

P. N.-D. – Quels objectifs Hiver solidaire se propose-t-il ?

P. B. – Ces personnes n’ont pas seulement besoin d’une mise à l’abri durant les mois d’hiver. Nous sommes là pour entrer en relation avec elles, leur témoigner l’amour de Dieu pour elles, leur dire que toute vie a du prix et que même à la rue, elles conservent toute leur dignité. Le plus important est qu’elles retrouvent, à leurs propres yeux, une dignité qu’elles croient parfois avoir perdue. Qu’elles retrouvent confiance en elles afin de reprendre leur chemin, à leur rythme, vers une sortie de rue. Hiver solidaire est particulièrement attentif à assurer une continuité d’hébergement après les mois d’hiver. Elle bénéficie de deux travailleurs sociaux payés par l’État. En 2016, 70 personnes avaient un toit à la sortie, contre seulement 53 l’année dernière. • Propos recueillis par Pauline Quillon

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