« Que tous soient un »

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The Most Reverend Justin Welby, archevêque de Cantorbéry, entouré de son épouse et du cardinal André Vingt-Trois. À sa gauche, Mgr Philippe Bordeyne, recteur de l’Institut catholique de Paris.
© F. Albert 2016

P. N.-D. – Votre Grâce, vous venez de recevoir les insignes de docteur honoris causa, décernés par l’Institut catholique de Paris. Que vous inspire cette récompense ?

The Most Reverend Justin Welby – D’abord, c’est une grande surprise. Je ne m’y attendais pas ! Mais cela me touche beaucoup, car nous avons habité en France plusieurs années, et que j’y ai beaucoup appris de l’enseignement social catholique, enseignement qui a été très important dans ma formation spirituelle de pasteur. Je ne considère pas ce doctorat comme quelque chose qui indiquerait combien je suis brillant, mais bien comme le signe d’une fraternité œcuménique.

P. N.-D. – Le 6 octobre dernier, vous rencontriez le pape François à Rome, 50 ans après la rencontre historique entre le bienheureux Paul VI et le Primat anglican Michael Ramsey. À l’issue de cette rencontre, 19 binômes formés chacun d’un évêque catholique et d’un évêque anglican ont été symboliquement envoyés en mission. Dans quel but ?

T. M. R. J. W. – Pour refléter la réalité de notre unité dans le Christ. Ces évêques vont travailler ensemble. Ils ont séjourné à Cantorbéry avant de se rendre à Rome en pèlerinage. À Rome, nous les avons chargés d’une mission d’apostolat et d’évangélisation. Ils sont le signe visible que nous, chrétiens, sommes détenteurs d’un message essentiel en ce monde, pour ce monde. Et quand nous le faisons ensemble, quand nous portons ensemble ce message, l’Esprit Saint nous bénit d’une façon très différente.

P. N.-D. – Afficher ainsi ce visage d’œcuménisme est important ?

T. M. R. J. W. – C’est essentiel ! Parce que c’est ce que nous demande le Christ. Relisez le verset 21 du chapitre 17 de l’évangile de Jean. « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » Jésus a demandé à ses disciples qu’ils soient un, dans un but précis, pour que le monde sache que le Christ procède du Père. Le monde ne peut pas savoir que le Fils vient du Père si l’Église ne montre pas elle-même ce visage d’unité et d’amour. Ce signe d’unité est important pour le monde, pour témoigner que des possibilités de réconciliation existent, même après cinq cents ans de séparation. • Propos recueillis par Priscilia de Selve

L’Église anglicane en chiffres

L’archevêque de Cantorbéry est le primat de l’Église d’Angleterre, et le chef spirituel de la communauté anglicane, qui compte quelque 85 millions de fidèles répartis dans 164 pays. L’archevêque de Cantorbéry est nommé par le Premier ministre agissant au nom du souverain britannique, gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre depuis Henri VIII et son acte de suprématie (1534).

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