Réfugiés-solidarité, l’expérience du quartier de La Chapelle

Dans cette chronique diffusée sur Radio Notre Dame, Brigitte Guéras, responsable de la Solidarité Internationale au Vicariat pour la solidarité du diocèse de Paris, partage son expérience d’accueil de migrants au cours de l’été 2015 dans le quartier de Saint-Bernard de la Chapelle.

Entre le 15 juin et le 30 septembre 2015, suite à l’évacuation du campement de la Chapelle et d’autres sites, une petite équipe résultant du partenariat de la paroisse Saint-Bernard de la Chapelle, du Vicariat pour la Solidarité et du Secours Catholique s’est formée pour accueillir tout l’été des réfugiés demandeurs d’asile.

J’aurais bien aimé qu’ils prennent la parole mais c’est encore difficile pour eux de parler à visage découvert. Je vais donc m’efforcer de les représenter sans trahir ce qu’ils sont et ce que nous avons vécu.

Ce sont de jeunes hommes, Érythréens, Soudanais, Lybiens, chrétiens ou musulmans, mariés ou célibataires, qui ont quitté leur pays depuis plusieurs mois et qui ont pour la plupart transité par le Soudan, la Libye et l’Italie. Ils ont connu l’effroyable traversée de la Méditerranée. Après Lampédusa et Milan, ils sont maintenant à Paris.

Ils ont une bonne connaissance de l’anglais, parfois de l’italien. Ils ont déjà exercé une profession dans le cadre concentrationnaire du régime politique en Érythrée.
Ils n’ont aucun revenu, ils bénéficient seulement d’une chambre à plusieurs et de repas dans un centre d’hébergement de la capitale. Ils sont enregistrés et suivis administrativement. Ils sont entrés dans le processus interminable et incertain de la régularisation.

Ils sont à la fois chaleureux, réservés, secrets et marqués par les épreuves. Nous vivons avec eux des moments lumineux suivis de moments d’abattements. Ils sont désireux d’apprendre, de connaître ce pays où ils veulent demeurer. Ensemble, après ces trois mois nécessaires pour créer la confiance, ils s’ouvrent progressivement au dialogue, lâchent des parcelles de leur vie au contact des mots appris.

Désormais nous sommes dans l’accompagnement d’un long cheminement où la déprime s’installe : l’inaction a du poids… mais ils portent en eux la volonté de réussir leur intégration. Il y a une telle lumière dans leurs yeux quand il parle de l’avenir… Ils commencent à y croire ! Nous sommes là avec eux pour ouvrir une nouvelle séquence plus douce, de leur vie.

Maintenant il faut identifier leurs talents, trouver les personnes susceptibles de les aider à se développer, à les accompagner. L’un aime la sculpture, un autre la peinture, un autre l’informatique ou la cuisine. Autant de réalités de rêves qui peuvent leur permettre de s’exprimer, d’exister, de décompresser. L’art console…

Aujourd’hui, pour quelques-uns, la porte de notre maison s’est ouverte chaque mercredi. Les réfugiés ont besoin de maison de famille, où l’on se ressource, où l’on échange, où l’on découvre le monde qui les entoure dans le calme et la fraternité.
Le rire peut alors revenir… Comme ça fait du bien de rire ensemble…

Pendant 5 semaines nous vous avons donné des informations pratiques sur l’accueil des réfugiés dans le cadre de votre paroisse ou de votre communauté. Vous pouvez contacter la plateforme diocésaine “Réfugiés-solidarité Tous appelés à agir” au 01 84 79 09 09 ou nous envoyer un courriel à l’adresse : refugies.solidarite@diocese-paris.net.

Brigitte Guéras
Responsable de la Solidarité Internationale au Vicariat pour la Solidarité
Diocèse de Paris

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