Vos rendez vous oecuméniques

Expositions ET Conférences

"Maudits livres luthériens" : aux origines de la Réforme en France
du 14 novembre 2018 au 15 février 2019
Entrée libre du lundi au vendredi, de 10h à 18h
Bibliothèque Mazarine, 23 quai de Conti, Paris 6ème

À l’automne 1518, un an après la publication de ses 95 thèses, la pensée de Luther pénètre pour la première fois en France, sous la forme d’un recueil de textes publié à Bâle. Les œuvres du réformateur commencent ainsi par être importées dans le royaume ; elles circulent et y sont lues ; elles seront bientôt réimprimées et traduites, mais aussi contestées, condamnées et parfois détruites.

Elles rencontrent en France les aspirations d’une société traversée d’inquiétudes depuis la fin du Moyen Âge, gagnée par de nouvelles sensibilités religieuses, tentée par la contestation des autorités, et séduite par de nouveaux modes de lecture et d’enseignement. Entre 1518 et la fin du règne de François Ier, s’ouvre une période intense d’explorations et de questionnements. Certains événements contribuent à médiatiser la figure de Luther et à crisper les positions : sa condamnation par la Sorbonne et le Parlement de Paris (1521), l’affaire des placards (1534), l’apparition de Calvin, la création de l’Index des livres interdits (1544). Les dissensions se font fractures, et les voies moyennes, tentées par un Lefèvre d’Etaples ou une Marguerite de Navarre, deviennent impossibles à tenir. Le mot « luthérien » se charge négativement, et son imprécision autorise tous les amalgames.

Un demi-siècle après l’invention de l’imprimerie, avant que la Renaissance ne laisse place aux Guerres de Religion, le livre est à la fois l’acteur principal et un témoin privilégié de ces bouleversements. Imprimeurs et libraires perçoivent le formidable potentiel éditorial de la polémique luthérienne, et oscillent entre raison commerciale, prudence, et engagement personnel. Pour endiguer la diffusion des textes désormais hérétiques, on invente des dispositifs de contrôle de plus en plus redoutables à défaut d’être efficaces, et les livres devenus maudits mènent à l’exil ou au bûcher leurs auteurs, imprimeurs et lecteurs.
Exposition organisée par la Bibliothèque Mazarine en partenariat avec la Société d’Histoire du Protestantisme français.

Et aussi Quai Conti, à l’Institut de France
Un moment protestant de l’Institut. Le concours de l’an X sur la réformation de Luther jusqu’au 8 mars 2019
Visite libre et gratuite du lundi au vendredi 12h - 18h

Le 5 avril 1802, trois jours avant la signature du Concordat, la Classe des sciences morales et politiques de l’Institut met au concours la question : « Quelle a été l’influence de la Réformation de Luther sur la situation politique des différents états de l’Europe et le progrès des Lumières ? ». Le choix de ce sujet est une contestation de la politique religieuse du Premier consul. Un seul des sept manuscrits proposés au jury fait l’éloge du catholicisme. La réorganisation de l’Institut en janvier 1803 supprime la Classe des sciences morales, dernier refuge des idéologues, et c’est la nouvelle Classe d’histoire et de littérature ancienne qui remet le prix à Charles Villers, un ancien émigré installé à Göttingen. Prenant le contrepied du Génie du Christianisme, le livre de Villers, qui proclame la supériorité des nations protestantes, connait un grand succès en Allemagne et en Angleterre et provoque un vif débat en France, rapidement étouffé par la censure impériale. La controverse théologico-politique, initiée par le concours de l’an X se poursuivra pendant tout le XIXème siècle et au-delà. On en trouve l’écho chez Edgar Quinet, chez Max Weber et chez Alain Peyrefitte.

Cette exposition présente des manuscrits, des imprimés, des objets provenant de la Bibliothèque de l’Institut de France, des Archives de l’Institut de France et de la Bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme français.

Une série de conférences organisées par la Bibliothèque de l’Institut de France et par la Société de l’histoire du protestantisme français accompagne l’exposition.
-  Jeudi 7 février 2019 de 18 à19 h. : Brigitte KRULIC, professeure à l’université de Paris Nanterre.
Luther « le Chérusque », héros fondateur de l’imaginaire national germanique.
La traduction en allemand de la Bible, commencée par Luther à la Wartburg, constitue l’acte inaugural de l’émergence d’un imaginaire « national » germanique. Cet épisode fondateur s’inscrit dans un mouvement amorcé plusieurs décennies plus tôt, avec la redécouverte des manuscrits de Tacite, prélude à la cristallisation du mythe d’Arminius : le Chérusque vainqueur des légions de Varus est érigé en héros fondateur du peuple (Volk). C’est à Luther que l’on attribue communément la germanisation d’Arminius en Hermann (« l’homme de l’armée »). Le guerrier des forêts germaniques sert efficacement la formidable dramaturgie de la Réforme, par effets de miroir et surimpression d’images. Luther en a donné lui-même une célèbre illustration dans ses Propos de table : « Ita nunc Luther Cheruskus, eyn Hartzlander, Romam devastat ». Ainsi s’esquisse, dans cette entité mal définie qu’est le Saint-Empire, une continuité qui fonctionne comme principe d’intelligibilité : à la Rome des Césars succède la Rome des papes, à la Germanie antique le Saint-Empire, dans une vision qui oppose la liberté germanique à la volonté hégémonique de l’« étranger », incarné par les peuples latins ou néo-latins, le clergé corrompu à un peuple fidèle à ses vertus ancestrales. Valorisation de la langue vernaculaire, exaltation de la liberté du chrétien, détachée de toute visée politique et sociale, la Réforme modèle en profondeur l’éveil d’un imaginaire national défini en-dehors de la référence étatique. Elle pose les fondements de la conception ethnoculturelle de la nation, élaborée par les Lumières allemandes en réaction contre l’universalisme « importé », conception qui s’articule autour des notions de Kultur, d’« intériorité » et de « caractère national » incarné dans la langue maternelle. Les guerres napoléoniennes réactivent le schéma identitaire tracé à l’époque de la Réforme, dont on retrouve l’influence dans les interprétations culturalistes de la « voie particulière » (Sonderweg), au lendemain de la « catastrophe allemande » du XXe siècle.

- Jeudi 21 février 2019 de 18 à 19 h : Willem FRIJHOFF, professeur émérite à l’université de Rotterdam.
« Entre l’Édit de Nantes et sa Révocation : la communauté des négociants néerlandais à Rouen face aux divisions religieuses ».

Rouen, seconde ville de France au 17e siècle, caractérisée par un catholicisme militant, hébergeait aussi une communauté considérable de réformés, qui devaient pratiquer leur culte hors la ville, dans le temple de Quevilly. L’historiographie s’est surtout intéressée aux intellectuels parmi eux, mettant l’accent sur leur orthodoxie, mais la communauté réformée englobait aussi de nombreux négociants néerlandais, parmi lesquels des remontrants qui après le Synode de Dordrecht y avaient cherché refuge, voire avec des catholiques. En somme, un paysage religieux pluriconfessionnel complexe et nuancé, aux changements confessionnels bien visibles, mais où la communauté d’origine et la branche du négoce prime bien souvent le choix religieux, y compris parmi les catholiques.

AGENDA

La Maison d’unité
• Communauté de jeunes : un projet œcuménique pour les 18 – 35 ans.
Vivre une année en colocation chrétienne avec d’autres jeunes en poursuivant ses études ou sa vie professionnelle et s’engager à participer à un enseignement et à un temps de prière tous les mardis de 18 h à 22 h. Les candidatures sont ouvertes toute l’année pour une nouvelle promotion.
Contact par mail : lamaisondunite@gmail.com
• Prière du mardi 20h30 – 21h30
Prière hebdomadaire, sauf vacances scolaires, ouverte à tous, animée par un groupe œcuménique ou un groupe membre d’une des Eglises chrétiennes, à la Chapelle Sainte Clotilde, 101 rue de Reuilly, Paris 12ème Métro Montgallet / Daumesnil / RER A Nation / Bus n°46.
Contact : 06 79 85 93 75, le mardi après-midi : 01 43 46 65 60.
• Site internet : https://lamaisondunite.wixsite.com/paris

- 5 février à 20h 30  : Prière avec l’Institut biblique de Nogent sur Seine

- 12 février à 20h 30  : Prière conduite par le groupe œcuménique d’Istina

- 19 février à 20h 30 : Prière conduite par le groupe des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens.

En mars :
- 12 mars à 20 h 30 : Prière conduite par un petit groupe ignacien.
- 19 mars à 20 h 30 : Prière conduite par Madame Elaine Labourel, chanoine de l’Eglise anglicane, membre du groupe international de dialogue réformé-anglican (IRAD)
-  26 mars à 20 h 30 : Prière avec le groupe oecuménique Sève qui vient de fêter ses 80 ans.

Groupe oecuménique du 14ème
Rencontres du 1er trimestre 2019
- Mardi 12 février à 20h  : Partage biblique : livre de Baruch
au centre paroissial de St Pierre de Montrouge, 9 passage Rimbaut Paris 14ème.

- Vendredi 1er mars Journée Mondiale de Prière 2019 à 16h, célébration préparée par des femmes de Slovénie sur le thème : "Venez tout est prêt" à l’Eglise Evangélique Allemande, 25 rue Blanche Paris 9è. Métro Blanche.

- Mardi 19 mars à 20h30 au centre paroissial de St Pierre 9 passage Rimbaut Paris 14è, conférence de Mme Anne-Laure Danet, pasteure responsable au service des relations avec les Églises chrétiennes de la FPF sur le thème : "Le forum chrétien mondial"

Certificat Découverte et rencontres d’Églises chrétiennes (ISEO)
Entrez dans la richesse des traditions chrétiennes. Découvrez les lieux et les personnes.
Objectifs : • Vivre la joie de l’œcuménisme • Rencontrer des chrétiens engagés de diverses Églises • Approfondir ses connaissances des différentes traditions chrétiennes.

Six samedis de 10 h à 16 h :
- 9 février, 23 mars, 1er juin 2019
de 10h à 12h : à l’Institut Catholique de Paris
de 14h à 16h : visites d’églises chrétiennes

Ce parcours est accessible à tout public, sans prérequis.
Programme et informations : Institut Supérieur d’Études Œcuméniques, 21 rue d’Assas, Paris 6ème , Bâtiment Branly, 2e étage 01 44 39 52 56

Le colloque de l’ISEO 2019

L’ISEO est l’Institut Supérieur d’Études Œcuméniques du Theologicum (regroupant la Faculté de Théologie et de Sciences Religieuses, l’Institut Protestant de Théologie et l’Institut de Théologie orthodoxe Saint-Serge) propose un colloque,
- 3 jours de réflexion autour de la doctrine de la Justification, un thème essentiel de la théologie du 12 au 14 mars sur le thème « les Eglises en Chantier. Justice et justification au cœur de nos pratiques ».
Sur inscription.
Institut Catholique de Paris, 21 rue d’Assas, Paris 6ème
Tél : 33 (0) 1 44 39 52 00
www.icp.fr

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