Retraite des diacres permanents et de leurs épouses en 2016

Du 4 au 8 mai 2016. Tous les deux ans, les diacres parisiens et leurs épouses se réunissent pour une retraite au foyer de charité de Poissy.

La grâce d’une retraite

Mais que s’est-il donc passé dans les églises de Paris en ce long week-end de l’Ascension ? Le Christ Ressuscité a rejoint la maison de son Père, enlevé dans la nuée il est désormais assis à sa droite. OK, nous l’affirmons chaque dimanche dans le credo, le symbole des apôtres et nous le croyons.

Non, en cette Ascension 2016 les diacres et même leurs épouses ont disparu du décor habituel et certains se demandent bien où ont-ils pu passer ! Ah ! ils ont pris du repos à la campagne au soleil avec leurs enfants et petits-enfants... S.O.S. Enlèvement... Que nenni, ils ne sont pas non plus montés au ciel dans la gloire du Père mais...peut-être s’en sont ils un peu rapprochés.

C’était le temps de la retraite bisannuelle proposée par le service du diaconat permanent du diocèse de Paris à tous les diacres et à leurs épouses qui se déroulait dans le cadre accueillant du Foyer de Charité de la Part-Dieu... (à Lyon !)... non à Poissy. Oasis de verdure bercée par le gazouillis des oiseaux, havre de paix et de sérénité gorgé de soleil sous le souffle bienfaisant d’une brise légère tout cela à l’orée de la ville croulant sous le vacarme et le tohu-bohu de la vie trépidante. Ceux qui, mercredi soir se sont englués dans les bouchons ont tout de suite pu apprécier la différence et, c’est vrai, nous n ’étions plus dans le même monde.

Nous étions près de 110 diacres avec leurs épouses à être venus poser nos fardeaux non pour se reposer mais pour réfléchir, se ressourcer, recharger les batteries, faire le point, se désencombrer ou s’instruire... Bref, chacun est venu de son plein gré et aura au moins trouvé dans la chaleur ambiante des rencontres les liens resserrés d’une fraternité qui n’ont rien de commun avec des liens de servitude.

Le père Jean Christophe Vinot et son conseil avaient choisi de faire confiance pour illuminer nos quatre jours de réflexion à Jean-Guilhem Xerri qui n’est ni prêtre ni diacre, encore moins évêque ou théologien. Ce Languedocien de 48 ans (au fait, avez-vous trouvé son inamovible béret que je n’ai pas vu !), psychanalyste et biologiste médical de profession est un spécialiste de l’exclusion, ancien président de “Aux captifs la libération” qui, en fréquentant ceux de la rue veut faire connaître à tous nos contemporains la révélation chrétienne, la fraternité qu’elle inspire. À quoi sert un chrétien ? titre de son livre aux éditions du Cerf [1] en 2014 : à mettre de l’humanisme au service de la vie par une proclamation appuyée et renouvelée de l ’événement inouï que fut ou qu’est la Résurrection.

Le diacre en vivant un temps de retraite approprié va redécouvrir la fécondité du silence qui lui fera reprendre des forces en vivant un temps fraternel qui le conduira à réaffirmer son oui. Ce temps de rencontre va l’amener à faire un pas de plus pour venir au Christ et demeurer davantage en lui comme témoin privilégié de sa Résurrection, le vivant pour l’annoncer. Avec cette brèche ouverte au-delà de la mort, rien n’est plus comme avant et il est urgent d’être au service de la vie, agir pour elle et la proclamer.

Les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelle font de nous des sauveteurs ambassadeurs du Salut que Dieu donne à l’homme qui est intégral, radical et définitif.
Le geste du diaconat à savoir le lavement des pieds n’est pas seulement une belle histoire mais un geste à réinventer et à réactualiser à chaque fois comme le fit Jésus en bousculant toutes nos règles humaines. Ce geste de service devenu rite de la liturgie doit être accompli dans la plus totale humilité car dans l’Église, nul n’est ordonné pour rendre service afin de compenser telle ou telle carence de sa vie personnelle mais bien pour être serviteur et venir au Christ qui est le premier des serviteurs. « Je suis au milieu de vous celui qui sert » (Luc 22,27).

La Miséricorde est le cœur de Dieu ouvert à la misère de l’homme et pour s’engager dans cette voie, il nous faut devenir disciples missionnaires en franchissant trois étapes : être pardonné, se convertir et servir. La puissance d’Amour que Dieu met à notre disposition doit alimenter, nourrir, irriguer, habiter ces lieux d’expérience privilégiés du Salut que sont nos petites œuvres humanitaires et humanistes qui doivent nous conduire sur la voie de la conversion en réveillant notre conscience endormie. Rester éveillé en tout temps, être attentif et à l’écoute des intelligences, des désirs et des émotions, à l’écoute de l’âme fera de nos œuvres plus spécifiquement diaconales que l’annonce de la Parole enseignera les ignorants, que notre service de la liturgie sera prière pour les vivants et les morts, que notre servie auprès des plus pauvres sera consolation pour les affligés.

Approcher et venir au Christ Serviteur pour demeurer en Lui, être miséricordieux et porter du fruit pour le monde nous oblige à une dynamique relationnelle de la rencontre exigeant une écoute tous azimuts, extérieure et intérieure qui nous forcera de vivre une unité de vie impliquant une gestion optimisée du temps : l’encombrement nous guette et risque de nous paralyser. Goûtons aux joies de la relaxation, du recueillement, de la contemplation non pour tomber dans les affres de l’oisiveté mais pour ouvrir notre intériorité sur son épanouissement profond nourri par la prière, véritable oxygène de l’âme qui nous fera avancer au rythme de notre respiration. “La croissance de la Grâce ne dépend que de Dieu.”

Chers frères diacres, chers amis lecteurs qui découvrez cette narration, croyez bien que j’ai senti le souffle de Pentecôte durant ces quatre jours durant lesquels Jean-Guilhem nous a sensibilisé aux muti-facettes qui sont enfouies dans notre engagement diaconal mais plus que jamais, la fête de Pentecôte approchant nous oblige à proclamer cette Parole qui, une fois semée produira à coup sûr beaucoup de fruit. La tâche est exaltante, courage, engagez-vous !

Merci à tous qui avez osé quitter le monde pour mettre la pincée de sel qui donnera du goût à la vie nouvelle issue de la Résurrection, merci au Foyer de Charité qui nous a merveilleusement accueilli et merci à “notre maître de conférence” Jean-Guihem Xerri qui nous a prescrit une bonne dose de “L. I. S. A. C.” (louer, intercéder, servir, annoncer, être en communion), de quoi tenir 2 ans !

Michel Bernard – Promotion 2014 – Saint-Joseph des Épinettes.

[1Prix de l’Humanisme chrétien 2015

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