« S’informer sur les chrétiens d’Orient, c’est déjà les aider »

En octobre prochain, un institut de formation sur les chrétiens d’Orient, soutenu par l’Œuvre d’Orient, ouvre ses portes à Paris. Quel est son objectif ? Les enjeux sous-jacents ? Le point avec Antoine Fleyfel, directeur, professeur affilié à l’université St-Joseph de Beyrouth (Liban) et membre de l’Œuvre d’Orient.

JPEG - 390.5 ko
Antoine Fleyfel est philosophe, théologien, professeur affilié à l’université St-Joseph de Beyrouth (Liban) et membre de l’Œuvre d’Orient. Il est le directeur de l’Institut chrétiens d’Orient.
© D. R.

Paris Notre-Dame – Vous avez pensé et créé l’Institut chrétiens d’Orient. Pourquoi ?

Antoine Fleyfel – Je suis né au Liban pendant la guerre, sous les bombes. La question de l’avenir des chrétiens d’Orient, je la porte en moi, je l’ai dans la peau. J’ai toujours eu le souci de participer à améliorer leur situation, de faire quelque chose qui mette en valeur ce qu’il y a de plus beau dans les communautés chrétiennes en Orient. Cette volonté s’est concrétisée, plus jeune, dans une action politique au Liban, à travers mon engagement au sein de l’Église, au sein de groupes de jeunes. Je cherchais à savoir comment je pouvais contribuer à la construction d’un monde meilleur. Quand je suis arrivé en France, ce souci est resté dans mon cœur. Je me suis engagé au sein de l’Œuvre d’Orient. En parallèle, j’ai étudié la philosophie, la théologie. Mes deux thèses de doctorat ont porté des problématiques liées au Liban. Puis, je suis devenu professeur de théologie à l’université catholique de Lille (Nord). Il y a un an, j’ai quitté ce poste et me suis dit qu’il était temps de créer un espace de formation ouvert à tous sur les chrétiens d’Orient.

P. N.-D. – Quel est son but ?

A. F. – Il existe déjà des cours autour de cette thématique dispensés par exemple au Collège des Bernardins, au sein d’universités publiques également et instituts catholiques, à Paris ou ailleurs. Mais la spécificité de cet institut est d’être entièrement dédié à l’étude des chrétiens d’Orient. D’apporter une réflexion pluridisciplinaire en explorant des questions historiques, anthropologiques, théologiques, patrimoniales… et en offrant des cours inédits, ouverts à tous. Je pense notamment à un cours sur la pensée chrétienne au Liban ou à cet autre, sur la patrologie orientale. Nous désirons également être une plate-forme, un lieu où peuvent se rencontrer tous les chercheurs qui travaillent sur les chrétiens d’Orient afin de conjuguer notre travail et d’enrichir la réflexion universitaire.

P. N.-D. – Quel est l’enjeu ?

A. F. – S’informer sur les chrétiens d’Orient, c’est déjà les aider. C’est créer une ambiance où les idées, les réflexions circulent. Or, on sait que les idées participent aux changements géopolitiques dans le monde. En informant, nous créerons une certaine ambiance favorable à un changement sur les conditions des chrétiens d’Orient dans leurs pays. Nous désirons également atteindre des personnes décisionnaires (des personnes issues du monde politique, des entreprises…) en mettant à leur disposition un savoir pertinent. Nous espérons être des influenceurs. Nous n’avons aucun produit à vendre, sinon la paix et le dialogue.

Propos recueillis par Isabelle Demangeat @LaZaab

Pratique

L’Institut chrétiens d’Orient ouvre ses portes aux étudiants le 1er octobre 2020 au 13, rue du Regard (6e). Lors de l’année scolaire 2020/2021, quatre cours semestriels sont proposés : Géopolitique des chrétiens d’Orient, Pensée chrétienne au Liban, Patrologie orientale et Islam et christianisme.

Préinscription avant le 20 septembre. Plus d’informations : cours.publics.ico@gmail.com ; 01 45 48 54 46.

Articles

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse