Sculpter pour vivre le mystère chrétien

Le sculpteur Jozef Pyrz, de renommée internationale, explore avec son art les mystères chrétiens. Rencontre avec un passionné de Dieu.

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Jozef Pyrz dans son atelier à Paris. © PAULINE QUILLON

« Parler n’est pas mon métier. Au-delà des fautes de français, je n’arrive pas à transmettre ce que je pense, ce que je sens. Les formes que je sculpte sont mes paroles » prévient-il d’emblée, alors qu’il m’ouvre son appartement où m’accueille Notre-Dame de la Sagesse, spectaculaire statue de plus de deux mètres de haut. L’homme, longue chevelure et barbe blanches, yeux très clairs, vêtu comme un moine russe, a un air de Tolstoï, de prophète intemporel. Il offre un café et quelques cigarettes, avec simplicité. Au mur, des tableaux, et dans un coin, des icônes et images saintes, devant lesquelles de l’encens vient de fumer. Une bougie toujours allumée près d’un missel.

Il livre sa parole comme il ouvre sa porte, avec simplicité et générosité. Jozef Pyrz raconte des histoires incroyables. Sa conversion à la lecture de l’Évangile, quand il était aux Beaux-Arts. La conversion de son art, de l’abstraction à l’expression du mystère chrétien. Son passage par la philosophie. Comment il a rencontré sa femme et l’a immédiatement reconnue. Comment il s’est retrouvé en prison pour avoir fondé le mouvement hippie en Pologne. Comment il a été protégé par Chirac et vécu sa vie d’artiste en France.

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La Première Parole de L’Alliance. Sculpture sur pierre grès rose (détail). Centre d’Arts de Schorbach (Moselle). © ANGELIKA HOLTZ

Ouvert sur le monde, sensible à ses tragédies, il livre tour à tour ses réflexions sur la crise migratoire, les attentats, l’art contemporain et surtout le mystère chrétien et l’avenir de l’Église. Car avant d’être un chercheur de forme, Jozef Pyrz est un chercheur passionné de Dieu. « Mon ambition n’est pas d’être artiste. Le plus important, c’est la foi. Certains la chantent, l’écrivent. Moi, je la sculpte. La foi
exprimée, partagée, c’est la joie, la fête continuelle. » L’art est aussi pour lui le moyen de comprendre, « c’est-à-dire de vivre », les mystères chrétiens. Et parmi ceux qu’il explore fréquemment, l’Annonciation, la Trinité. « Je travaille quand j’ai besoin de trouver une réponse à mes doutes. Avant je réfléchis, je dessine. » Prophète, il s’identifie à Jonas. Non pour annoncer l’Apocalypse, mais pour continuer à avertir : « Je suis celui qui dit : il faut se tourner vers la transcendance, et la danse qui est dans la transcendance. Quand l’art mourra, la transcendance mourra aussi. » Il y a trois ans, alors qu’il travaillait en hauteur, sur une sculpture monumentale, Jozef Pryz est tombé sur le coude. Cette mauvaise chute lui a valu une gangrène au bras droit, désormais amputé du coude. Comment travailler désormais ? « Il y a le temps de la jeunesse, celui de l’apprentissage. Puis vient le temps du travail, où on se réalise. Enfin, vient le temps de la contemplation où il faut se retirer de toute activité. Maintenant, c’est le temps de vivre. D’arrêter. De se préparer. À mon âge, travailler, c’est péché. » Mais quand il ne peut faire autrement, que les questions deviennent trop pressantes, Jozef Pyrz retourne à ses outils pour travailler désormais la cire ou l’argile. ❏ Pauline Quillon

JOZEF PYRZ
De nombreuses églises parisiennes possèdent une oeuvre de Jozef Pyrz : Notre-Dame des Nations à N.-D. du Rosaire (14e), Ave Maria à N.-D. de la Croix de Ménilmontant (20e), Sainte Thérèse, l’Église-Épi de blé et Notre-Dame du Silence à N.-D. de la Gare (13e), Prière de Moïse à St-Merry (4e), Sainte Rita au Sacré-Coeur (18e), Descente de la Croix à St-François de Sales (17e), Saint Joseph à N.-D. du Perpétuel Secours (11e) et Saint Joseph en sommeil à N.-D. de l’Arche d’Alliance (15e).

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