Semaine de prière pour l’Unité : Que penser du décret de Vatican II sur l’œcuménisme (P. Michalon)

« Je souhaiterais que certains théologiens non catholiques sachent reconnaître que l’affirmation de foi de l’Église catholique, que le fait d’être ce qu’elle est, sont aussi normaux pour le dialogue avec elle que dans le dialogue avec toute autre Église. Ce serait manquer à l’objectivité, à l’esprit œcuménique, à la méthode de travail que d’appeler cela un préalable. »

Que penser du décret de Vatican II sur l’œcuménisme ?

« Le décret conciliaire sur l’œcuménisme se présente comme un point de départ, car il regarde l’œcuménisme comme un mouvement. À cause de cela, il s’achève en soulignant trois idées qui reprennent des points majeurs de son exposé pratique.

1. Dans la ligne du dialogue, le Concile souhaite que les initiatives des enfants de l’Église catholique progressent, unies à celles des frères séparés.

2. La dimension de liberté du Saint-Esprit, donc celle de la disponibilité pour y obéir, conduit à rappeler aux catholiques qu’ils ne doivent ni mettre un obstacle quelconque aux voies de la Providence, ni préjuger des impulsions futures de l’Esprit-Saint.

3. Nous sommes en plein mystère de Dieu, et le Concile a conscience que tout cela dépasse nos capacités. C’est pourquoi il met entièrement son espoir dans la prière du Christ pour l’Église, dans l’amour du Père à notre égard et dans la puissance du Saint-Esprit.

Dès lors, une collaboration entre l’Église catholique et le Conseil œcuménique des Églises est-elle possible sur la base de ce décret ? Je réponds, sans aucune hésitation : oui ! Depuis que le Comité central en 1950 a précisé sa position, j’ai toujours estimé qu’aucune difficulté doctrinale ne s’opposait à cette collaboration. Elle peut être cherchée dans le domaine pratique le plus large. Mais surtout, sous des modes à trouver, elle doit s’organiser avec la Commission Foi et Constitution. Rome ne pose aucun préalable au dialogue ; cette collaboration se présente comme elle est.

Je souhaiterais que certains théologiens non catholiques sachent reconnaître que l’affirmation de foi de l’Église catholique, que le fait d’être ce qu’elle est, sont aussi normaux pour le dialogue avec elle que dans le dialogue avec toute autre Église. Ce serait manquer à l’objectivité, à l’esprit œcuménique, à la méthode de travail que d’appeler cela un préalable. Les œcuménistes catholiques acceptent bien, depuis longtemps, que les Églises de la Réforme affirment, entre autres déclarations, le Sola Scriptura ; jamais ils ne les accusent de vicier au départ le dialogue par un préalable. Que nos positions respectives soient parfois inconfortables pour les interlocuteurs, c’est vrai. C’est là une des données pour asseoir le sérieux du dialogue. »
P. Michalon du Secrétariat pour l’Unité

Méditations et Prières

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse